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2014-06-06T09:16:00+02:00

Quand nous étions heureux (Rebecca Coleman)

Publié par MyaRosa

Quand nous étions heureux

(Heaven Should Fall)

Rebecca Coleman

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Catégorie(s) : Littérature américaine - Roman contemporain - Drame

Edition / Collection : Presses de la cité

Date de parution : 5 juin 2014

Nombre de pages : 391

Prix : 21,50€

 

L'histoire :

Jill et Cade, vingt et un ans, sont étudiants et amoureux. Ils semblent promis à un avenir radieux. Malgré leur relation fusionnelle, Cade refuse de présenter Jill à sa famille, qui vit dans un coin reculé du New Hampshire. Lorsque Jill tombe enceinte, ils décident de passer l'été là-bas. Bien que la famille de Cade se révèle très éloignée de celle dans laquelle elle rêvait d'élever son enfant, Jill parvient à établir une relation avec chacun de ses membres. Eddy, le père de Cade, diminué par une attaque ; Candy, la sœur aînée, très croyante ; Dodge, le beau-frère, réactionnaire et raciste ; Leela, la mère qui passe ses journées à confectionner des drapeaux américains destinés aux familles de soldats. Mais c'est surtout d'Elias, le frère de vingt-trois ans, jeune vétéran souffrant de stress post-traumatique, que Jill se rapproche. Entre eux, une complicité ambiguë va s'installer. En dépit de cette complicité, Jill regarde, impuissante, le jeune homme s'enfoncer dans inexorablement dans la dépression, entraînant peu à peu les siens avec lui, jusqu'au basculement final dans la tragédie.

 

monavis

 

 Quelle lecture, mais quelle lecture ! Je suis tellement retournée que je ne sais même pas par où commencer pour vous parler de ce roman. En tout cas, je vous conseille d'avoir le coeur bien accroché si vous décidez de vous lancer dans cette lecture et d'éviter de vous y mettre dans une période où vous n'avez pas le moral parce que vous vous sentirez certainement encore plus mal après. Loin de moi l'idée de vous le déconseiller parce que c'est un très bon roman, mais je pense vraiment qu'il est à éviter en période de coup de blues. On assiste, impuissant, à la descente aux enfers d'une famille entière. Tout commence plutôt bien, même si on sent déjà un côté très noir dans cette lecture, et peu à peu, on s'enfonce dans quelque chose dont on ne pourra pas sortir. Lorsqu'on veut faire marche arrière, il est déjà trop tard. Comme les personnages, on est pris au piège et condamné à chuter et le pire dans tout cela c'est qu'on ne sait pas jusqu'où ça peut aller. Quand on pense avoir touché le fond, on continue de tomber.

 

 Même si après avoir lu le résumé, je ne m'attendais pas à quelque chose de très gai, je dois reconnaître que je ne pensais pas que cette histoire serait si noire. On a l'impression d'avoir une bombe à retardement entre les mains et on sent qu'il ne lui faudrait pas grand chose pour exploser. On a l'impression que tous les personnages s'entraînent vers le fond au lieu de s'aider à remonter la pente.  Les seuls qui essaient se débattent désespérément sans que cela ait le moindre effet, un peu comme des poissons pris au piège dans un filet. On sent bien, et ils le sentent aussi, que c'est déjà trop tard. L'auteur brosse un portrait très sombre et malgré tout très réaliste - c'est bien le plus effrayant - de la vie. Tous les personnages voient leurs rêves se briser les uns après les autres et on a l'impression que rien ne pourrait changer cela et qu'on ne fait que se voiler la face. Tout n'est que désillusion et on a l'impression qu'ils ont tous perdus leur combat contre la vie. Qu'ils ont baissé les bras, cessé de se battre en acceptant les choses telles qu'elles sont. Certains sont même devenus monstrueux et/ou carrément cinglés - ou l'ont peut-être d'ailleurs toujours été... - On se sent impuissant et terriblement mal face à cette descente aux enfers.

 

 J'ai eu la gorge serrée durant une bonne partie de ma lecture. J'avais envie de pleurer mais les larmes ne sortaient pas et c'était pire encore. Cette lecture m'a totalement bouleversée. Elle est d'une violence inouïe, on ne peut plus révoltante, et je me suis sentie totalement submergée par les émotions. J'en reste sans voix et complètement chamboulée. Cette lecture a vraiment été une expérience troublante. Moi qui aime ressentir des émotions fortes - qu'elles soient bonnes ou mauvaises - en lisant, j'ai été servie ! J'aime avoir peur, j'aime trembler, j'aime frémir et me sentir prise au piège, et c'est exactement l'effet que m'a fait ce roman terriblement pessimiste et oppressant. Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal à l'aise en lisant, et pourtant, je n'arrivais pas à décrocher. J'avais envie de savoir jusqu'où tout cela allait aller. L'atmosphère est on ne peut plus pesante. On découvre des personnages qui avaient des rêves, de l'ambition et la vie devant eux et qui, par de mauvais choix ou peut-être est-ce la fatalité, vont tout gâcher jusqu'à ne plus avoir quoi que ce soit à perdre.

 

 On se sent frustré de ne pouvoir intervenir face à cette tragédie et en même temps, on se demande ce qu'on aurait pu faire de plus à leur place. Rien sans doute, et c'est certainement le plus déprimant. Cette lecture a apporté avec elle beaucoup de questions. Je me suis demandée comment on pouvait en arriver là. Comment on pouvait ne plus rien attendre de la vie, perdre tout espoir, et redouter qu'il y ait encore pire que ce qu'on a déjà vécu. Le livre est finalement une réponse à tout cela et ça fait froid dans le dos ! Rebecca Coleman nous livre un huis clos glaçant et terrifiant dont on ne sort pas indemne. Une réflexion pertinente et effroyable sur la guerre et ses dommages collatéraux.

 

 Il me faut vite une lecture légère et joyeuse sinon je sens que je vais me mettre à pleurer et ne plus pouvoir m'arrêter...

 

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En quelques mots :

Difficile de résumer ce roman en quelques mots... L'auteur nous parle de la guerre et de ses dommages collatéraux. Sous nos yeux se déroule la descente aux enfers d'une famille entière. C'est un roman poignant et glaçant qu'on a beaucoup de mal à lâcher et dont on ne sort pas indemne. Il faut avoir le moral et le coeur bien accroché car c'est une claque monumentale que l'on reçoit de plein fouet ! 


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commentaires

Château imaginaire 08/06/2014 02:41

Je vais éviter, mais ça a l'air très bon!

MyaRosa 11/06/2014 09:06



Oui, c'est un très bon roman. Très sombre, par contre.



Natacha 07/06/2014 20:24

Oh mon dieu ! Je le note ! Il pourrait me plaire

MyaRosa 11/06/2014 09:07



C'est un très bon roman. ;)



Emma 07/06/2014 10:25

Coucou ma doucette,

Ce roman, très difficile, voire "insupportable" par son pessimiste a sans aucun doute le mérite d'être entier. Aussi, bien que le sujet ainsi que son traitement et le dénouement peuvent heurtés,
ils provoquent indubitablement de fortes émotions et je pense que c'est bien le but de toute oeuvre. Je suis comme toi, j'aime avoir peur, être émue aux larmes, rires aux éclats,... Je n'aime pas
les demi-teintes, l'eau tiède ; quitte à découvrir des destins tragiques, j'aime autant être carrément bouleversée. C'est ce que j'aime trouver dans mes lectures tout comme au cinéma ; ne plus
pouvoir penser à autre chose qu'aux personnages et leurs aventures pendant des jours, même si c'est le ventre noué, devoir attendre la fin du générique, sinon un peu plus, pour pouvoir décoller de
mon fauteuil et retourner à la vie réelle (mais celles que je quitte, n'étaient-elles pas tout aussi réelles ? Si, forcément, pour m'avoir soulevé le coeur ainsi). Il m'est arrivé de ne pas pouvoir
dormir après avoir terminé un roman trop bouleversant. Et il y en a un que je n'ai jamais pu finir, Dolce Agonia, de Nancy Huston, la suite de La Virevolte, un roman que j'adore. Dans Dolce Agonia,
on retrouve les personnages quelques années plus tard, malheur, maladie, mort,... la vie ne les a pas épargnés et je ne supportais pas de les voir souffrir ainsi.

Tout ça pour dire que ce roman que tu nous présente m'attire infiniment car je sens qu'il peut secouer mais surtout enrichir (comme tous les coups bas que l'on traverse, nous-mêmes, et qui nous
obligent à lutter. C'est comme cela qu'on se forge de sacrés biscottos ;)).

Si tu veux une lecture doudou, j'ai repéré hier en librairie une nouveauté, dans la veine des Amateurs d'épluchures..., intitulée Petites recettes du bonheur pour les temps difficiles, un roman
épistolaire qui semble charmant.

De mon côté, je suis plongée dans Le Secret des abeilles, qui rappelle La couleur des sentiments. Très bon aussi. Et avant cela, Un été à Savannah, ainsi que La Saveur de l'amitié, m'ont fortement
réconfortée. Et que dire du Jardin secret, achevé sourire aux lèvres hier matin !
J'ai pensé à toi en achetant le DVD hier, je vais le regarder ce week-end.
As-tu eu le temps de le visionner ? NOus en reparlerons :)

Je t'embrasse ma Mya, et te souhaite un merveilleux week-end, en paix.

MyaRosa 11/06/2014 09:12



Coucou ma belle Emma,


Ca me fait plaisir de te lire. Je viens de recevoir ta jolie carte. Merci beaucoup.


Je suis totalement d'accord avec toi. J'avais un peu peur que ce ne soit pas clair dans mon billet et que mon avis paraisse négatif. J'espère que ce n'est pas le cas. C'est un très bon roman,
vraiment. Il m'a secoué comme jamais je ne l'ai été en lisant.


Ce m'intrigue ce que tu dis sur le Nancy Huston. Je prends note ! Tu sais quoi ? J'avais aussi repéré "Petites recettes du bonheur pour les temps difficiles" et je me le suis offert hier ! J'ai
hâte de le découvrir. J'ai aussi commandé deux romans jeunesse dont un sur les soeurs Brontë. Oh et il faut absolument que tu découvres "Une lettre de vous".

Cassandre 07/06/2014 09:44

Il a l'air difficile mais je pense vraiment qu'il me plairait !

MyaRosa 11/06/2014 09:12



Je pense aussi. Il est très dur mais c'est un très bon roman.



Philippe D 06/06/2014 21:01

Un auteur qui arrive à toucher son lectorat en plein coeur, il a gagné, non?
Je ne connais pas et j'ai plutôt besoin de gaieté pour l'instant.
Bon weekend à toi.

MyaRosa 06/06/2014 21:21



Ah ça oui, je suis bien d'accord. Je peux te dire que malgré tous les livres que je lis, celui-ci je ne suis pas près de l'oublier ! Bon, par contre, maintenant je veux de la gaieté. Bon
week-end, Philippe.



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