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2010-03-26T23:30:00+01:00

Une Enfance australienne - Sonya Hartnett

Publié par MyaRosa

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Quatrième de couverture :


Adrian a 9 ans. Il vit dans une petite ville australienne, il adore dessiner, il aime les glaces, rêve d'avoir un chien. Il a souvent peur aussi. Peur des sables mouvants, des monstres marins et de la combustion spontanée. Ses parents ont disparu. Il est élevé par un oncle presque mutique et une grand-mère autoritaire. À l'école, son meilleur ami s'appelle Clinton, même si celui-ci l'abandonne très vite pour l'"intello" de la classe. Il y a aussi ces trois enfants, Zoe, Christopher et Veronica, qui, par une belle journée d'automne, sont partis se promener, et ne sont jamais revenus... Alors Adrian se demande quel est cet homme qui vient de s'installer en face de chez lui. Et pourquoi les volets restent clos. Dans cette bourgade étouffante où rien ni personne n'est innocent, dans cette famille repliée sur elle-même et un rien bizarre, Une enfance australienne raconte l'histoire d'un jeune garçon solitaire mais très curieux. Peut-être un peu trop...

Tout l'univers étrange et poétique de celle que le magazine Elle avait comparé à Fauklner mâtiné de Stephen King. Un livre à déconseiller aux âmes sensibles.


Mon avis :

 Après ma lecture de Finnigan et moi dont je vous parlais il y a quelques temps, j'avais très envie de lire Une Enfance australienne, le deuxième roman de Sonya Hartnett publié en France. Sophie a eu la gentillesse de me le prêter et je l'en remercie infiniment car c'est un véritable coup de coeur. Bien que les deux romans soient totalement différents, j'ai retrouvé ce qui m'avait charmé. L'écriture est sublime, on plonge dans un univers sombre et mélancolique, l'ambiance est étrange et une menace plane tout au long du roman, sans que l'on puisse l'identifier. On doute de tout et de tout le monde et on se demande où l'auteur veut nous emmener.

 Une Enfance australienne est l'histoire d'un petit garçon qui a l'impression de ne pas avoir sa place. Personne ne semble vouloir de lui, ses parents l'ont confié à sa grand-mère, et bien que celle-ci l'aime, elle voudrait profiter de sa retraite et la charge de cet enfant lui pèse. Adrian le sait et il a peur. En fait, il a peur de tout : de la nuit, des monstres marins, de la combustion spontanée, des sables mouvants, et par dessus tout, il a peur d'être abandonné et peur de finir dans ce foyer près de son école où on y place des enfants "dingos" comme la jument, cette fille de sa classe qui se prend pour un cheval. Il n'a qu'un ami, et même celui-ci le délaisse. Adrian se sent terriblement seul et a l'impression d'être nul. Il voudrait faire quelque chose d'extraordinaire pour changer le regard que les autres lui portent. Et s'il retrouvait les enfants disparus dont tout le monde parle ? D'ailleurs, qui sont ces enfants qui viennent d'emménager en face de chez sa grand-mère ?

 J'ai été bouleversée par l'histoire de ce petit garçon qui a l'impression que personne ne veut de lui. Il a entendu des conversations qu'il n'aurait pas dû entendre, et il sait qu'un jour ou l'autre, on le renverra ailleurs. Il se sent rejeté et est effrayé par tout ce qui l'entoure, pauvre petit bout de 9 ans... C'est une histoire terriblement étrange, triste et sombre que j'ai eu beaucoup de mal à lâcher. J'ai été bouleversée du début à la fin, et encore une fois, transportée par les mots de Sonya Hartnett. Ce livre est quand même moins particulier que Finnigan et moi, mais pas moins sombre. Je ne m'attendais pas à une telle fin, certaines questions restent sans réponse, mais c'est cohérent avec le reste du roman. En résumé : un livre bouleversant, à lire absolument !

 J'ai encore une fois été surprise et séduite par la beauté des mots de Sonya Hartnett. J'ai fait quelques recherches et je suis vraiment étonnée. Elle a écrit de nombreux livres récompensés, pour la plupart, et pourtant seuls deux romans ont été traduits en français. (Pour info : Une Enfance australienne a été écrit avant Finnigan et moi). J'espère que ces deux livres auront du succès, ils le méritent, et que d'autres seront bientôt traduits en français car il me tarde de retrouver cet univers si particulier. Encore une fois, un grand merci à Sophie.


***

" Adrian est un enfant pour qui la vie peut s'effondrer à la moindre occasion. Une seule petite difficulté suffit à le briser. Devant la fenêtre, il se laisse envelopper par l'inquiétude; la marée des soucis lui soulève le coeur. Ses yeux gris s'humectent. Ses angoisses semblent vouloir s'infiltrer. Il n'a que neuf ans, mais le monde tente déjà de le submeger. Il ne sait pas comment il survivra quand il sera grand, quand ses angoisses auront crû avec les années, quand elles auront fleuri, quand elles se seront multipliées. "

" Il détourne le regard. Elle le fixe une minute. Pense que c'est étrange, étrange que l'amour soit si proche de la haine. Que ces deux sentiments soient capables de coexister. Que leur mélange donne parfois naissance à un sentiment nouveau, plus doux."

"Adrian adore la maison de Clinton. Elle est belle comme un sapin de Noël. Il y fait chaud, et la télévision braille en permanence. La mère de Clinton est une matrone qui crie sans cesse, parfois sur ses enfants ou sur son époux, mais sur tout et tout le monde, car c'est le monde entier qui l'irrite. Le plus simple, pour avoir la paix, c'est de toujours faire ce qu'elle dit, ni plus ni moins. C'est pourquoi son mari ne prend jamais la moindre initiative. Il n'agit qu'après avoir obtenu l'aval de son épouse. Il a le droit d'habiter ici à condition de ne pas déranger. Il n'est qu'une araignée microscopique qui partage sa toile avec une énorme mygale."

"Personnellement, Mme Tull trouve que Beattie a un visage aussi avenant qu'un coup de tonnerre. Beattie, elle aussi, a une haute opinion de la dame, incluant un pronostic vital réservé à court terme puisque, à l'en croire, avant d'avoir fêté ses quarante ans, la pauvre succomberait à une crise cardique - elle l'aura cherché. Les deux dames sont d'une exquise politesse lorsqu'elles se rencontrent."

"Adrian suit le sentier. Les arbres défilent. Le ciel est un bloc de nacre, une pierre tombale, une coquille qui enveloppe le parc. Un toit fragile au-dessus du monde."

***

(Of a boy - 198 pages - Le Serpent à plumes - 11 février 2010 - 18,50€)


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Mon avis sur Finnigan et moi du même auteur.


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commentaires

Anasthassia =) 30/01/2011 17:55



Je l'ajoute à ma wish-list



Mélanie 28/01/2011 19:02



Wow, c'est totalement le genre de roman qui me touche !! Je le note sur ma wish list!



pimprenelle 08/04/2010 17:01



Moi aussi j'ai eu un coup de coeur pour ce livre. Et cette fin! Whaouhhh, j'ai eu du mal à croire ce que je lisais!



MyaRosa 08/04/2010 17:25



Moi aussi... Je ne m'attendais pas
du tout à ça. Et pourtant... J'aime vraiment beaucoup Sonya Hartnett.



Véro 28/03/2010 18:57


Je ne sais pas mais l'histoire me paraît dure non ?


MyaRosa 28/03/2010 18:59


Oui l'histoire est dure, très sombre.


aBeiLLe 28/03/2010 06:22


Je ne lis pas ton avis tout de suite, les premiers mots me suffisent puisque je veux le lire bientôt! :o)


MyaRosa 28/03/2010 15:18


Alors je te souhaite une très bonne lecture. J'ai hâte d'avoir ton avis.


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