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Articles avec #litterature etrangere catégorie

2017-05-23T19:02:43+02:00

Agatha Raisin enquête #03 : Pas de pot pour la jardinière

Publié par MyaRosa

The Potted Gardener - M. C. Beaton

246 pages, éditions Albin Michel, novembre 2017

L'histoire :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

 

Mon avis :

 

 Je vais sûrement me répéter par rapport à mes billets sur les tomes précédents, mais quel plaisir de retrouver cette chère Agatha ! Ce personnage haut en couleur apporte une vague de fraîcheur dans le monde du polar et qu'est-ce que ça fait du bien !

 

 C'est dans un petit village typiquement anglais que cette citadine a décidé de prendre sa retraite. Un petit village où tout le monde connaît tout le monde, où vous ne pouvez pas faire un pas sans croiser quelqu'un qui vous invite à venir prendre le thé ou à aller boire un coup au pub pour discuter des derniers potins et des petites querelles de voisinage. Dans ce décor délicieusement désuet qui semble sorti d'un roman d'une autre époque, la pétillante Agatha qui ne mâche pas ses mots et multiplie les gaffes dénote complètement et c'est ce qui rend la série si drôle et ce personnage si attachant.

 

 Même s'il y a des meurtres et une enquête, il n'y a pas de scènes violentes ou de noirceur, c'est au contraire très drôle et rempli de scènes cocasses. On passe autant de temps à parcourir le village et à suivre les petites histoires de ses habitants qu'à suivre l'enquête qui est d'ailleurs menée, non pas par la police, mais par un personnage qui pourrait être vous et moi. C'est le genre de romans qui peut plaire à tous les lecteurs, même à ceux qui ne sont pas attirés par les romans policiers. C'est ce que les anglo-saxons appellent le cozy mystery, un genre très à la mode là-bas et qui arrive peu à peu chez nous.

 

 Cette nouvelle intrigue m'a beaucoup plu. J'ai vraiment aimé toute cette histoire autour de cette nouvelle venue au village et de ce concours de jardinage. Une fois encore, je me suis régalée ! Je n'ai pas vu le temps passer et j'ai beaucoup ri. Cette série fait un bien fou. On suit avec plaisir Agatha et James mener l'enquête, se rapprocher, s'envoyer balader... Je suis vraiment fan de cette série. Pour le moment, aucun tome ne m'a déçue et je sais avec certitude qu' en commençant un roman de M.C. Beaton je vais passer un bon moment. On se sent tellement bien dans ce petit village qu'on a l'impression de retourner dans un lieu où on est déjà allé. En vrai !

 

En quelques mots :

Un troisième tome tout aussi réussi que les précédents. Une vraie bouffée d'air frais. J'adore !

 

***

Vous avez sans doute déjà vu circuler l'information, mais la série TV adaptée des romans de M.C. Beaton va arriver chez nous prochainement sur France 3. Je vous en reparlerai dès que j'aurais plus d'infos. Vous pensez regarder ? J'ai vraiment hâte !

 

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2017-05-19T09:28:44+02:00

La Ferme des Miller

Publié par MyaRosa

Miller's Valley - Anna Quindlen

318 pages, éditions Belfond (Le Cercle), mai 2017

L'histoire :

  Petite fille précoce et curieuse, Mimi mène une enfance protégée dans la ferme familiale. Il y a là Bud, son père cultivateur et répare-tout ; Miriam, sa mère infirmière ; ses deux frères, le taiseux Eddie et le caïd séducteur Tommy ; ainsi que Ruth, sa tante, qui, pour une raison étrange, ne s'éloigne jamais de la maison. Un monde rassurant, fait d'éclats de rire et de joie, que Mimi pense immuable. Mais nous sommes en 1966 et ces jours heureux sont comptés...

 

Mon avis :

 

 Les Miller de Miller's Valley en Pennsylvanie sont très attachés à leur petit bout de terre. Un projet gouvernemental menace d'engloutir leur ferme sous les eaux mais Bud, le père, refuse toutes les propositions qui lui sont faites. Sa maison, c'est toute sa vie. Mary Margaret, surnommée Mimi, est la petite dernière de la famille et c'est elle qui nous raconte cette histoire. Elle nous parle de ses frères, Eddie et Tommy, qui sont totalement opposés, de ses parents, de leur tante qui vit dans la maison d'à côté mais aussi des autres familles de cette ville où tout le monde se connaît.

 

 Le récit se déroule sur de nombreuses années et nous voyons les choses changer à Miller's Valley. Les gens s'en vont, s'installent ailleurs. Les amis de Mimi partent faire leurs études à l'autre bout du pays ou se marient. Ses frères continuent à prendre des chemins totalement différents. Des gens meurent ou tombent malades pendant que d'autres naissent. De vieilles rancoeurs et des secrets refont surface. Mary Margaret grandit, perd son innocence et sa naïveté. Et pourtant, elle est toujours là, au même endroit, tout comme sa tante Ruth qui refuse obstinément de sortir de sa maison. Mimi est très proche de son père et elle est très attachée à sa maison. Elle commence à avoir d'autres envies et d'autres rêves mais elle culpabilise et s'y refuse, trop respectueuse de sa famille et des valeurs qu'on lui a transmises. Mais peu à peu, le refuge devient prison et Mimi comprend qu'on est parfois obligé de quitter l'environnement qui nous est familier pour avancer, même si c'est difficile. Elle comprend aussi que, si on ne peut pas remonter le temps pour revenir aux jours heureux, l'endroit où nous sommes nés ne nous quitte jamais vraiment. On le porte en nous, à chaque instant de notre vie. On peut le fuir ou bien y revenir, mais il est là, quelque part.

 

 

 J'ai vraiment aimé suivre cette famille sur une aussi longue période. On s'attache tout de suite à Mimi et je suis contente que l'auteur l'ait choisi pour narratrice car j'ai beaucoup apprécié sa façon de raconter et de voir les choses ainsi que ses souvenirs d'enfance. J'ai aimé découvrir le quotidien d'une famille "normale" dans l'Amérique rurale des années 1960. Mais j'ai eu le coeur serré de voir les choses changer à ce point. Cette vie qui semblait s'écouler paisiblement se met à changer du tout au tout et cette famille qui semblait si heureuse et si unie n'est plus que l'ombre d'elle-même après l'épreuve du temps. Mimi grandit et c'est toute son enfance et même tout son monde qui se noie. Pour aller vers autre chose, certes, mais quand même...

 

 Il y a beaucoup de nostalgie et de mélancolie dans ce roman et un petit quelque chose qui nous souffle "C'est ainsi que va la vie" qui nous brise le coeur parce que l'on sait au fond de nous que c'est réaliste et qu'il en sera de même pour nous. Le temps passe et vient balayer notre petit monde d'innocence et de joie. Les gens autour de nous disparaissent, les épreuves se succèdent et les choses ne se passent pas toujours comme on l'imaginait. On navigue parfois en eaux troubles avant de réussir à se sortir de là et à construire son propre foyer. Je dois avouer que c'est un sujet qui me touche particulièrement, surtout lorsqu'il est aussi bien abordé qu'ici et porté par une famille authentique et attachante. Et puis, j'ai toujours eu un faible pour les personnages qui s'accrochent au passé et à leurs souvenirs et tentent désespérément d'arrêter le temps.

 

 S'il y a quelque chose de triste et de fataliste dans ce roman, ce n'est pas le message que l'auteur et la narratrice veulent nous faire passer, au contraire. En dépit du temps qui passe, des épreuves de la vie, des désillusions et des drames, de belles choses nous attendent. Peut-être ailleurs, peut-être ici, mais elles sont là. Son enfance, sa famille, ses racines, on les emporte avec soi. Les choses changent quand on grandit et ce serait peine perdue que d'essayer de les retenir. On peut avancer sans oublier. On peut choisir une autre voie. On peut être heureux ailleurs et s'y sentir chez soi. Voilà, ce que je retiendrai de ce roman que j'ai trouvé à la fois sombre et lumineux. Il m'a fait penser à "Quand nous étions heureux" de Rebecca Coleman, un roman qui m'a profondément marquée et chamboulée mais aussi à deux autres romans dans lesquels on ressent aussi cette nostalgie d'une époque heureuse qui est révolue "Le Temps n'efface rien" de Stephen Orr et "Cet été-là" de Lee Martin. Le roman d'Anna Quindlen, en plus d'être remarquablement bien écrit et très agréable à lire, est plein de sensibilité, d'émotions, de justesse et d'humanité. Il nous laisse avec un sentiment doux-amer tant il fait écho à nos propres vies et à notre enfance envolée.

 

En quelques mots :

Un roman bouleversant - écrit avec beaucoup de justesse et de sensibilité - qui m'a touchée en plein coeur. Une lecture que je ne peux que vous recommander.

 

Quelques extraits :

"Dans mon esprit, l'enfance consistait en majeure partie à essayer de comprendre les adultes et de prévoir ce qu'ils allaient faire, puisque toutes leurs actions avaient des répercussions sur moi d'une façon ou d'une autre." (Page 76)

 

"Lorsqu'on possède une ferme, on a le sens du temps, de la valeur d'un jour ou d'une année. Dans une ferme, un calme bien particulier règne au petit matin et en fait un moment de la journée différent des autres, tandis qu'un soupçon de ciel noir pâlissant sur les bords indique la fin de la nuit. Excepté la lueur d'une éventuelle lune, la seule lumière provient alors de l'ampoule nue suspendue au centre du plafond de la grange, telle une petite lune personnelle. On peut facilement s'y sentir satisfait de la vie - ou perdu. Je me sentais souvent perdue ces jours-ci, sans jamais l'avouer à quelqu'un d'autre ni à moi-même. [...] Je savais qu'il était singulier pour une adolescente d'avoir cet espace vibrant entre l'estomac et le coeur. Je m'interrogeais : d'autres personnes se sentaient-elles comme moi, sans le montrer ? [...] Les vaches ne se comportent pas de la même façon le matin et le soir, et une ferme en hiver n'est pas la même qu'en été. Ici, l'année entière passait devant mes yeux : les bords jaunis des feuilles de maïs annonçaient la fin de l'été et la réouverture des salles de classe étriquées ; les citrouilles se tapissaient en octobre à la place des fleurs jaunes du mois d'août... Certains matins, quand le bétail se plaignait avec des bruits de vieux fumeur, vous saviez qu'on était en février, que l'eau était gelée dans les abreuvoirs, et qu'il fallait y aller avec une pelle et cogner sur la glace jusqu'à la briser.

L'unique constante sur toute l'année était le bruit que faisait mon père dans la grange, dans le brouillard de l'été comme dans les brumes glacées de l'hiver. [...] Mon père sifflait en général du moment où il ouvrait la porte glissante de la grande au moment où il la refermait." (Pages 119,120,121).

 

"En fait, ce que l'on se rappelle, ce sont les petits moments étranges qui vivent en nous et qui passent de temps en temps la tête lorsque des fenêtres s'ouvrent dans notre esprit." (Page 210).

 

***

N'hésitez-pas à nous rejoindre (ici) pour parler de ce roman.

 

 

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2017-05-13T08:47:20+02:00

Une mer si froide

Publié par MyaRosa

The Cold Cold Sea - Linda Huber

362 pages, éditions Presses de la Cité, mai 2017

L'histoire :

Un jour de fin d'été, sur une plage des Cornouailles, Olivia, trois ans, disparaît. Effondrés, ses parents Maggie et Colin attendent en vain que l'Océan leur restitue le corps de l'enfant.
Quelques semaines plus tard, non loin de là, c'est la rentrée des classes pour Hailey, cinq ans. Jennifer s'en fait une fierté mais depuis quelque temps, sa petite fille est distante et craintive, si bien que Jennifer se laisse parfois déborder par la nervosité. D'autant que son mari est absent, qu'elle affronte seule une nouvelle grossesse, et que certaines bribes de son passé lui reviennent comme enveloppées de brouillard. Alors que Maggie traverse la pire épreuve de sa vie, Jennifer veut redonner l'apparence du bonheur à sa famille fracassée. Intriguée par la fillette mutique, Katie, une jeune institutrice passionnée par son métier, pousse Hailey à mettre des mots sur les démons qui l'étouffent...
Construite comme un thriller, rythmée par l'implacable mécanique du suspense, une poignante histoire de deuil, de maternité, et de résilience.

 

Mon avis :

 

 Avec beaucoup d'aisance, Linda Huber nous plonge dans le cauchemar de tout parent. Comment continuer à vivre après la disparition de son enfant ? Comment accepter le pire ? Comment vivre lorsqu'on est rongé par la culpabilité ou lorsqu'on en veut à ceux qui nous sont proches ? A quel moment cesse-t-on d'espérer ? Jusqu'où peut-on aller pour se raccrocher à la vie ?

 

 

 J'ai lu des avis plutôt négatifs sur ce roman alors j'avais quelques appréhensions mais elles ont vite été balayées tant il m'a captivée dès le début. L'auteur nous donne beaucoup de clés, c'est vrai, mais je trouve que l'intérêt de ce roman est ailleurs. La psychologie des personnages est vraiment intéressante. J'ai aimé suivre ces deux histoires en parallèle qui posent des questions pertinentes sur la maternité et le deuil. J'ai beaucoup aimé le personnage de Katie, jeune institutrice un peu stressée qui s'implique beaucoup dans son travail. On suit son quotidien et ses journées avec ses élèves et ça apporte un peu de normalité à ce roman, ce qui, par contraste, rend les choses encore plus glaçantes. Par certains côtés, cela m'a fait penser à "Petits secrets, grands mensonges" (Big Little Lies) de Liane Moriarty, roman que j'avais beaucoup aimé et qui a fait l'objet d'une adaptation en série TV.

 

 C'est vraiment difficile de parler de ce livre sans trop en dire. J'aurais des tas de points à soulever, mais je ne veux rien dévoiler. Il y a quelque chose de monstrueux dans ce roman et c'est aussi ce qui nous empêche de le reposer. On a envie de savoir comment tout cela va tourner et jusqu'où les choses vont aller et on culpabilise un peu d'être témoin de tout cela sans pouvoir intervenir. Mon petit coeur de maman a été malmené et cette lecture m'a vraiment chamboulée, mais j'ai adoré ça ! Je ne pouvais plus lâcher ce livre et je l'ai dévoré en un rien de temps. Alors oui, c'est un peu gros, il y a quelques maladresses et des rebondissements un peu trop rapides à la fin du livre, mais en dehors de ça, c'est très réussi. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi addictif. Il y a des passages durs et éprouvants alors il faut avoir le coeur bien accroché. Quelle lecture glaçante ! J'espère que les autres romans de Linda Huber seront bientôt traduits en français.

 

 

En quelques mots :

Un thriller psychologique glaçant et éprouvant qui nous tient en haleine du début à la fin.

J'ai adoré !

 

A lire aussi :

Petits secrets, grands mensonges (Liane Moriarty)

Le Couple d'à côté (Shari Lapena)

L'épouse modèle (Emma Chapman)

L'Enfant aux cailloux (Sophie Loubière)

 

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2017-05-10T16:57:02+02:00

Les Fleurs du repentir

Publié par MyaRosa

Windflowers - Tamara McKinley

404 pages, éditions L'Archipel, mai 2017

L'histoire :

Cela fait longtemps que Claire a quitté les terres hostiles et désolées du domaine où elle a grandi pour poursuivre ses études et sa carrière de vétérinaire à Sydney.
Mais quand elle reçoit l’invitation de sa grand-tante Aurelia à une réunion de famille, Claire est ramenée à son passé. Elle qui était partie après une violente dispute avec les siens…
Bien qu’à contrecœur, Claire rejoint l’arrière-pays australien. Mais comment va réagir sa mère, Ellie, qu’elle n’a pas revue depuis cinq ans ? Et Leanne, sa sœur, lui battra-t-elle toujours froid ?
En renouant avec ce passé, ce sont autant de rancœurs qui remontent à la surface, mais aussi des secrets qui surgissent. Et expliquent beaucoup de choses…
Comme à son habitude, Tamara McKinley brosse le portrait de femmes courageuses. Trois générations de battantes, qui chacune à leur manière ont dû lutter contre l’adversité pour gagner leur indépendance.

 

Mon avis :

 

 Quel bonheur de retrouver l'Australie de Tamara McKinley ! Depuis des années, elle nous fait rêver en nous transportant à l'autre bout du monde et même si elle utilise souvent les mêmes ingrédients pour ses histoires, en ce qui me concerne, la magie opère à chaque fois. Elle arrive, comme personne, à décrire l'immensité et la beauté de l'Outback australien, ses odeurs, ses couleurs que l'on ne retrouve nulle part ailleurs, le courage et la force des hommes et des femmes qui vivent dans des conditions difficiles et se démènent sur ces terres sèches qu'ils aiment profondément et ne quitteraient pour rien au monde. Elle réussit à nous captiver en nous décrivant un mode de vie à l'opposé du nôtre : entretien d'un ranch et gestion d'un domaine, déplacement du bétail, balades à cheval dans les grands espaces, animaux sauvages et dangers, sécheresse ou pluies torrentielles et difficultés qui en découlent, vie en communauté et en même temps isolement, sorties qui sont là-bas de véritables expéditions... Quel dépaysement ! On s'y croirait et on en demande encore !

 

 Comme dans tous les romans de Tamara McKinley, on ressent l'amour et l'admiration de l'auteur pour ce pays et le profond respect qu'elle a pour ses habitants et leur mode de vie. Elle arrive même à nous le transmettre. J'ai été émue par tous ces personnages très différents qui ont en commun une profonde adoration pour leur pays de naissance ou d'adoption. Dans cette histoire, il est question d'amour, de loyauté, de courage, d'attachement, de rivalités fraternelles, de fantômes du passé, de secrets de famille, d'entraide et de détermination ; le tout dans un décor grandiose incroyablement bien décrit. Elle dresse le portrait de plusieurs générations de femmes indépendantes, fortes et courageuses qui n'ont rien à envier aux hommes, savent ce qu'elles veulent, sont capables de gérer des hommes et des terres et de travailler sans répit sans jamais se plaindre. Des femmes qui ont eu leur lot de souffrances et d'épreuves à surmonter et qui, pour certaines, ont même dû en faire encore plus lorsque les hommes étaient partis à la guerre. J'ai adoré partager le quotidien d'Ellie et d'Aurélia. Je me suis attachée à elles dès le début de ma lecture et la suite du roman n'a fait que renforcer mon admiration pour elles.

 

 J'ai également été passionnée par l'histoire de Charlie et Joe et par l'ambivalence de leur relation. J'ai adoré tous les passages qui se déroulent durant la guerre et m'ont tenu en haleine jusqu'à la fin du livre. Bien sûr, il y a quelques petits bémols : il y a des éléments trop prévisibles, c'est un peu gros pour être crédible et j'ai noté de nombreuses coquilles et tournures de phrases assez bizarres ou qui reviennent trop souvent, mais il en faudrait bien plus pour gâcher une si belle lecture. C'est un roman que l'on prend plaisir à lire, qui nous fait voyager et oublier tout le reste. Je n'ai pas vu le temps passer. J'ai adoré ! J'ai été touchée par tous ces destins entremêlés, par ces ombres du passé qui ne veulent plus être repoussées. Les romans de Tamara McKinley nous offrent de l'évasion, du romantisme, des rebondissements, du mystère, du suspense, beaucoup d'émotions et la sensation de revenir d'un long voyage. Que demander de plus ? C'est un régal à chaque fois ! Vivement le prochain !

 

En quelques mots :

Un roman passionnant et plein de rebondissements qui nous emmène à l'autre bout du monde pour un voyage inoubliable sur les terres belles et sauvages de l'outback australien mais aussi au coeur des secrets du passé qui hantent ses habitants. Une lecture pleine de saveurs, de couleurs et d'émotions. J'ai adoré !

 

Quelques extraits :

 

"Il en allait hélas ainsi avec le passé : à peine s'avisait-on de l'invoquer qu'il refusait ensuite de se retrancher à nouveau dans l'ombre."

 

"La liberté. Voilà de quoi il s'agissait. L'existence dans toute sa plénitude... Claire avait oublié à quel point les villes engendraient la claustrophobie. Oublié combien elle avait chéri naguère la magie exhalée par ce tout petit coin de terre..."

 

"Quels étranges bibelots que les souvenirs qui, en l'espace d'un instant, se présentaient à vous avec une précision étonnante, comme si les aiguilles de la pendule s'étaient mises à tourner à l'envers ; comme si, bientôt, les années écoulées allaient se dévider à nouveau."

 

 

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2017-05-02T04:30:00+02:00

Leopard Hall

Publié par MyaRosa

Congo Dawn - Katherine Scholes

631 pages, éditions Belfond, avril 2017

L'histoire :

Congo, 1964.
Australienne de vingt-cinq ans, Anna Emerson retourne sur sa terre natale du Congo, pour se rendre au chevet de son père mourant, Karl, qu'elle n'a pas vu depuis dix-huit ans. Les retrouvailles sont brèves et un nouveau choc attend la jeune femme : Karl n'est pas son père biologique.
Qui est son véritable père ? Pourquoi sa mère n'a-t-elle jamais rien dit ?
Anna n'a bientôt plus qu'une idée en tête : découvrir la vérité. Avec Eliza, séduisante photographe américaine et grande entremetteuse politique, la jeune australienne tente de rejoindre le village où elle est née pour en savoir plus sur ses racines. Mais autour d'elles, les tensions sont vives, parfois sanglantes...

 

Petite parenthèse :

 

 Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en parler ici, mais j'ai l'honneur de participer à une belle aventure avec d'autres lectrices et les éditions Belfond pour mettre à l'honneur leur nouvelle collection "Le Cercle Belfond" qui propose des romans féminins forts, dépaysants et riches en émotions. Un groupe a été créé sur Facebook et chaque livre paru dans cette belle collection donnera lieu à une discussion commune ouverte à tous. Nous parlerons de Leopard Hall le 21 mai. N'hésitez-pas à nous rejoindre ! (ici)

 

 

 Comme souvent, j'ai volontairement raccourci la présentation du livre. En ce qui me concerne, je m'y suis plongée sans savoir de quoi ça parlait et ça m'a bien réussi. Je n'aime pas qu'on me dévoile trop de choses avant ma lecture et je trouve que le résumé en dit beaucoup.

 

Mon avis :

 

 Leopard Hall, c'est d'abord l'histoire d'Anna, une jeune femme qui a besoin de connaître ses racines pour avancer. Sans trop savoir où cela va la mener, elle quitte l'Australie et sa vie citadine pour s'envoler au Congo, sur les traces de son père. Ce long périple ne va pas seulement l'aider à comprendre son passé, il va lui faire vivre une expérience qui va la changer à jamais.

 

 Mais ce roman n'est pas seulement celui d'une quête identitaire, c'est bien plus que cela. En s'inspirant de faits réels pour écrire cette fiction, Katherine Scholes nous raconte aussi et surtout une partie dramatique de l'Histoire du Congo. Ce pays a subi beaucoup de chamboulements dans les années 1960 et son indépendance n'a pas résolu les problèmes du jour au lendemain. Il y a eu des violences terribles, énormément de morts du côté des soldats mais aussi des massacres d'innocents et des villes entières dévastées. Des hommes se sont battus pour leurs idéaux sans mesurer tout ce que cela impliquait, se trompant parfois d'ennemi et de bataille. Katherine Scholes peint le portrait bouleversant d'un pays déchiré qui saigne encore aujourd'hui de toutes ces blessures infligées.

 

 Et pourtant, dans toute cette noirceur et cette violence, malgré l'horreur de la guerre et les atrocités subies, malgré la pauvreté et la maladie, quelque chose de plus fort se dégage et nous reste en tête : l'amour et la générosité. Parce qu'il y a aussi des gens bons qui sont prêts à risquer leur vie pour venir en aide aux autres, parce qu'il y aura toujours des personnes prêtes à offrir le peu qu'elles possèdent, parce que l'amour est partout même dans les endroits les plus effrayants aux heures les plus sombres, parce que tout n'est jamais ou tout blanc ou tout noir, parce qu'il faut toujours aller au-delà des apparences. On est loin du safari paisible et de l'escapade paradisiaque que l'on imagine en voyant la couverture du livre malgré la beauté des paysages. Ce roman est loin d'être à l'eau de rose et se révèle beaucoup plus noir que ce que j'imaginais, mais il est porteur de lumière et d'espoir malgré tout.

 

 

 Pour comprendre ce contexte, nous suivons en parallèle Anna qui est comme nous et ne connaît absolument rien des bouleversements subis par le Congo et un groupe de mercenaires qui, forcément, vit le conflit de l'intérieur. Je dois avouer qu'au début, j'ai trouvé certaines parties un peu longues. On nous raconte vraiment ce qui se passe au Congo et le quotidien des mercenaires qui se préparent à intervenir, et j'ai mis un moment avant de me sentir vraiment concernée. Par contre, une fois bien rentrée dans l'histoire, ce roman m'a totalement captivée et je me suis intéressée à des sujets dont j'ignorais tout. C'est un livre extrêmement documenté et le sujet est passionnant. J'ai particulièrement aimé en apprendre plus sur la lèpre et les soins apportés aux lépreux ainsi que sur le rôle des missionnaires. J'ai aussi beaucoup aimé suivre la quête d'Anna même si j'aurais aimé un peu plus de suspense de ce côté là... J'ai aimé la voir grandir et s'adapter à une vie qui n'est pas du tout la sienne. L'écriture de Katherine Scholes m'a beaucoup plu. Les lieux sont tellement bien décrits qu'on croirait être sur place.

 

 Au final, ce roman me laissera un souvenir fort. Il m'a accompagné pendant un bout de temps et j'ai eu l'impression de voyager aux côtés d'Anna. Je me suis vraiment intéressée à cette période de l'Histoire dont j'ignorais tout et ce livre m'a même donné envie d'aller plus loin et de poursuivre mes recherches et lectures sur le sujet. Je me suis vraiment attachée à certains personnages, j'ai eu peur pour Anna, j'ai été secouée et horrifiée par certaines scènes, j'ai admiré le courage et la force de certains personnages et j'ai été émue très souvent. Je m'attendais à une lecture dépaysante et assez légère, pas à être remuée ainsi, et tant mieux ! Certains faits ne doivent pas être oubliés. Les gens qui ont souffert, les innocents, les courageux méritent que l'on parle d'eux et de leur histoire.

 

En quelques mots :

Un récit fort et marquant qui, même s'il est fictif, remue le passé et fait remonter des faits que l'on ne doit pas oublier. Une quête identitaire émouvante dans un pays déchiré. Comment y être insensible ? J'ai beaucoup aimé.


***

Avez-vous déjà lu un roman de Katherine Scholes ? Pour moi, c'était une première mais je pense que je vais craquer prochainement pour "Les Fleurs sauvages des bougainvilliers". Il vient de sortir en poche avec une couverture sublime et le résumé me tente beaucoup.

 

Leopard Hall est le premier roman de Katherine Scholes à ne pas se passer en Tanzanie.

Le saviez-vous ?

 

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2017-03-30T13:33:27+02:00

Sans nouvelles de toi

Publié par MyaRosa

She's not there - Joy Fielding

364 pages, éditions Michel Lafon, mars 2017

L'histoire :

  Ce voyage au Mexique était censé être une fête, il va tourner au cauchemar pour Caroline et son mari Hunter. Un soir, alors qu'ils s'apprêtent à célébrer leur anniversaire de mariage au restaurant de l'hôtel, la baby-sitter leur fait faux bond. Hunter finit par convaincre sa femme qu'il n'y a aucun danger à laisser leurs deux petites filles endormies dans la chambre. Mais quand ils reviennent, la cadette, Samantha, deux ans, a disparu.

 S'ensuivent des jours, des semaines et des années d'angoisse. L'enquête piétine et les médias s'acharnent sur Caroline, la décrivant comme une femme égoïste et indigne. Pourtant, cette mère déchirée continue d'espérer qu'on retrouve son enfant, persuadée que quelqu'un lui cache la vérité.

 Quinze ans plus tard, Caroline reçoit l'appel troublant d'une jeune femme de 17 ans qui s'appelle Lili et qui croit se reconnaître dans l'un des portraits modifiés relayés par les médias. Samantha serait-elle toujours vivante ? Et que s'est-il réellement passé la nuit où la petite fille a disparu ?

 

Mon avis :

 

 J'ai découvert les romans de Joy Fielding il y a quelques années, juste avant la création de mon blog, sur un forum de lecture. J'ai tellement aimé que j'en ai dévoré plusieurs à la suite : Grande Avenue, Intrusions, Rue des mensonges, etc... Malheureusement, comme je les ai lus il y a longtemps, il n'y a pas de billets ou des avis très brefs concernant ces livres sur mon blog, mais je vous les recommande vivement. Les romans de Joy Fielding me font toujours le même effet : une fois commencés, impossible de les reposer ! Ce sont toujours des histoires qui nous embarquent dès les premières lignes et que l'on lit avec plaisir. Il y a toujours beaucoup de suspense, des personnages attachants et des rebondissements surprenants. J'étais ravie de lire un autre roman de l'auteur et je le suis encore plus de constater qu'il ne fait pas exception à la règle. J'ai dévoré ce roman en un rien de temps et il m'a beaucoup plu !

 

 Le point de départ de ce roman est à peu de choses près le même qu'un autre livre que j'ai lu récemment et qui m'avait beaucoup plu : Le Couple d'à côté de Shari Lapena. Ca ne m'a pas dérangé du tout car je me doutais qu'on allait partir sur autre chose et j'ai trouvé cela très intéressant justement d'avoir une autre approche, un autre point de vue. Imaginez un peu la culpabilité que doivent ressentir les parents d'un enfant enlevé alors qu'il était tout seul, sans surveillance... Imaginez les reproches, le regard des autres et la honte qui viennent s'ajouter à la douleur immense de perdre son enfant et de ne pas savoir ce qu'il est devenu ? C'est l'enfer que vit Caroline chaque jour depuis quinze ans.

 

 Alors que son ex-mari a refait sa vie et s'est offert une nouvelle famille parfaite, Caroline s'enfonce chaque jour un peu plus, regrettant amèrement une décision qui a détruit sa vie... Les journalistes ne la lâchent pas d'un pouce même si longtemps après les faits. Personne ne veut embaucher comme professeur une femme négligente dont la vie a été étalée partout dans les journaux et qui a peut-être fait du mal à sa propre fille. Les gens doutent encore de sa responsabilité dans la disparition de Samantha car on n'a jamais su ce qui s'était vraiment passé ce soir-là. Et puis, il y a Michelle, la fille aînée, celle qui reste. Aujourd'hui âgée d'une vingtaine d'années, c'est une jeune femme en colère, mal dans sa peau, qui entretient une relation très conflictuelle avec sa mère. Michelle se demande si sa mère aurait autant souffert si c'était elle qui avait disparu et non Samantha, la fille parfaite. La mère et la fille n'arrivent pas à communiquer et la mère de Caroline, une véritable mégère, prend un malin plaisir à envenimer les choses et à les liguer l'une contre l'autre.

 

 Tout bascule lorsqu'une jeune fille téléphone à Caroline et lui explique qu'elle pense être Samantha... Vérité ? Mauvaise blague ? Peu importe, ce coup de fil va tout remettre en cause et ramener chacun des invités de ce voyage au Mexique sur le devant de la scène. Des secrets et des mensonges vont être dévoilés. Des petites phrases prononcées et certains faits survenus ce soir-là ou plus tard vont prendre un tout autre sens. Les pièces du puzzle vont commencer à se mettre en place et rien ne sera jamais plus comme avant.

 

 J'ai dévoré et adoré ce roman captivant. J'ai aimé la façon dont Joy Fielding nous décrit les sentiments des personnages, l'acharnement médiatique et les relations compliquées au sein d'une famille. Il y a beaucoup de justesse et de sensibilité, dans ce roman. Caroline est attachante et on se met vraiment à sa place. Je n'en dirai pas plus. Lisez-le, c'est un roman addictif et passionnant que vous n'arriverez pas à lâcher !

 

En quelques mots :

Captivant du début à la fin !

J'ai adoré !

 

 

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2017-03-09T16:40:08+01:00

J'irai mourir sur vos terres

Publié par MyaRosa

Let Me Die In His Footsteps - Lori Roy

313 pages, éditions Du Masque, mars 2017

L'histoire :

  Tout le monde sait qu’il n’y a rien après les champs de lavande des Holleran, si ce n’est la propriété des Baine. Et tout le monde sait aussi que Juna est à l’origine de la haine entre les deux familles.
 
 Tout a commencé en 1936 dans la petite ville du Kentucky. Avant qu’il ne rencontre Juna, Joseph Carl était le meilleur des frères Baine. Mais cette année-là, elle a posé ses yeux noirs ensorceleurs sur lui. Et le pire est arrivé.
Vingt ans plus tard, Annie Holleran, la jeune nièce de Juna, s’aventure en zone interdite. Lorsque minuit retentit, elle scrute la surface de l’eau du puits sur le domaine des Baine, pensant, selon une vieille légende, pouvoir y lire son avenir. Mais au lieu de son futur amoureux, elle découvre, avec horreur, un cadavre. Et si cette mort annonçait le retour tant redouté de Juna ? Annie craint qu’une menace rôde de nouveau sur leurs familles, inexorablement liées par les secrets sanglants qui hantent leurs terres.

 

Mon avis :

 

 Cela fait plusieurs années que je vois passer les romans de Lori Roy. Ils m'ont toujours attirée et pourtant je n'ai jamais sauté le pas avant d'avoir entre les mains le petit dernier, "J'irai mourir sur vos terres". Je n'ai pas regretté une seule seconde d'avoir choisi ce livre parmi tous les titres de ma bibliothèque car j'ai été séduite dès les premières lignes et jusqu'au dernier mot.

 

 Souvent, on est charmé par une histoire ou par une plume, mais quand on est scotché par les deux, quelque chose d'un peu magique se produit alors. C'est ce qui m'est arrivé avec ce roman sans que je m'y attende. J'ai été comme envoûtée, hypnotisée, fascinée par l'écriture si belle de Lori Roy, par cette histoire si singulière mêlant secrets de famille, mystère et noirceur mais surtout par cette atmosphère tellement particulière qui nous prend à la gorge dès les premières lignes. La tension est tellement forte qu'elle est presque palpable. Quelque chose de terrible est arrivé et quelque chose de plus terrible encore va se produire. On n'en sait pas plus mais c'est là, on le sent jusqu'au plus profond de nous. On le redoute autant qu'on l'attend.

 

 On frémit en dévorant les pages de ce livre et on en oublie tout le reste. On n'est plus ici et maintenant. On est là-bas, dans le Kentucky, en 1936 et aussi en 1952, avec Annie, Juna, Sarah, Ryce, Dale et tous les autres, entre les champs de tabac et de lavande dont l'odeur imprègne presque nos vêtements tant le décor est bien planté. C'est un livre tellement bien écrit qu'il est difficile d'en parler. Cela ne lui rend pas justice. Il est vraiment difficile d'expliquer la beauté des mots et la force de ce texte. Plus difficile encore de décrire la magie qui opère.

 

 

 J'ai vraiment aimé découvrir la vie de ces gens, leur quotidien, le travail dans les champs, les tâches domestiques tellement différentes de celles d'aujourd'hui, la vie de famille et le rôle de chacun si bien défini, le regard des autres et l'importance du qu'en-dira-t-on. Et puis, il y a aussi cette peur de la foudre divine et le poids des superstitions tellement écrasant. Il est question de don, de malédiction, d'un regard tellement noir qu'on préfère regarder ailleurs et s'en éloigner. Il y a quelque chose de vraiment déstabilisant autour de tout cela. L'auteur sème le doute et on en vient nous-mêmes à se poser la question. A croire en l'incroyable. J'ai aussi beaucoup aimé la manière dont l'auteur aborde la complexité des relations au sein d'une famille et plus particulièrement au sein d'une fratrie ainsi que la façon dont elle décrit comment les jeunes filles envisageaient leur avenir à cette époque et leur vision de l'amour.

 

Ce roman m'a fait penser à plusieurs romans très différents mais qui m'ont tous marqué par leur atmosphère si prenante et si singulière. Je pense à "Tandis que j'agonise" de William Faulkner, "Prémonitions" d'Alice Hoffman et aussi à "Arrive un vagabond" de Robert Goolrick. Des romans dans lesquels l'atmosphère est puissante mais aussi dans lesquels la terre joue un rôle à part entière tant elle est présente et essentielle à la vie de ces hommes. Ils s'en remettent à elle, ils l'écoutent. Elle tient leur vie entre ses mains. Les mauvaises récoltes, les hivers rudes, les étés étouffants... La terre a sa part de responsabilités dans les événements qui arrivent et les secrets, les mensonges et la douleur des hommes sont profondément enfouis en elle. Ils sont intimement liés. Pour des raisons différentes, ce roman m'a aussi fait penser à "La Couleur du lait" de Nell Leyshon et à "A la grâce des hommes" de Hannah Kent. C'est sans doute pour les descriptions de la vie modeste et des tâches domestiques à une autre époque que la nôtre, la rudesse des conditions de vie et aussi pour la justice et la façon dont étaient réglées les affaires il n'y a finalement pas si longtemps que ça...

 

  Ce que Lori Roy a réussi à faire avec ce roman est vraiment incroyable, je trouve. Imaginez un peu, la tension est là dès les premières lignes et elle perdure sur plus de 300 pages ! Il n'y a rien de fade entre ces lignes, tout explose. La passion, l'amour et l'attachement sont aussi puissants que la haine et la folie. On ne peut pas y être insensible. On le vit, on le ressent. On est aussi tendu que le sont les personnages et on termine cette lecture à bout de souffle, totalement épuisés par toutes ces émotions fortes qui nous ont traversé de part en part. C'est une lecture puissante, vibrante, hypnotique et troublante que je ne vais pas oublier. Un roman qui m'a fascinée, scotchée et bouleversée. Un livre que je vais relire et que je vous envie d'avoir à découvrir. Juna, Sarah, Annie et les autres personnages de ce roman me hanteront longtemps et je vais me jeter sur les autres romans de Lori Roy dès que possible.

 

 

En quelques mots :

Coup de coeur.

Une lecture magnifique, étrange, puissante, hypnotique et délicieusement sombre.

Un roman superbement écrit. Une atmosphère et une tension incroyables.

 

 

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2017-02-24T13:46:46+01:00

Les Filles du Nightingale

Publié par MyaRosa

The Nightingale Girls - Donna Douglas

678 pages, éditions Charleston, octobre 2016

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1936

Trois jeunes femmes complètement différentes deviennent apprenties infirmières dans un grand hôpital. Dora a décidé de quitter sa misérable maison bondée de la classe ouvrière pour une meilleure vie, mais également pour échapper à son détestable beau-père. Possède-t-elle ce qu’il faut pour suivre les autres filles mieux éduquées ? Helen est la plus calme des trois, une jeune femme qui évite toute sorte d’amusement. Dans l’ombre de sa toute puissante mère, administratrice de l’hôpital et de la vie de sa fille, arrivera-t-elle à trouver sa propre voie ? Millie, Lady Camilla, est une aristocrate rebelle, dont l’attitude insouciante lui vaudra de se heurter encore et encore à l’infirmière en chef, la terrifiante Sister Hyde. Retournera-t-elle à la vie luxueuse pour laquelle elle est née ou gardera-t-elle courage pour continuer sa carrière ?

 

Mon avis :

 

 Décidément, cette année 2017 commence vraiment bien ! J'ai déjà découvert quelques pépites et le roman de Donna Douglas que je vous présente aujourd'hui en fait assurément partie. Quelle lecture palpitante et savoureuse ! J'ai dévoré les presque 700 pages de ce roman en moins de trois jours. Je me baladais partout avec mon livre et j'ai même rallumé la lumière en pleine nuit pour lire encore quelques chapitres tant j'avais envie de retrouver les personnages et de savoir ce qui allait leur arriver. J'avais l'impression de regarder une série TV. Je ne pouvais plus m'en détacher.

 

 Ce livre est en fait le premier tome d'une saga. N'ayez pas peur ! Vous pouvez le lire et en rester là car il y a quand même un dénouement, MAIS je suis certaine que vous n'aurez pas envie de laisser Millie, Dora et Helen en chemin tant elles sont attachantes. Ces trois jeunes filles n'ont - en apparence - pas grand chose en commun si ce n'est le désir de devenir infirmières. Elles partagent la même chambre durant leur formation au Nightingale.

 

 Elles viennent de milieux très différents. Dora vient d'une famille modeste de l'East End. Elle est travailleuse et a l'habitude de s'occuper des autres. Elle est déterminée à réussir sa formation pour s'en sortir et ne plus avoir à vivre sous le même toit que son beau-père. Millie fait partie de la haute société. On attend d'elle qu'elle fasse un beau mariage et offre à son père un héritier pour le domaine familial, mais la jeune fille a d'autres rêves... Helen est plus mystérieuse et on la découvre au fil du roman. Elle passe son temps toute seule à étudier. Les autres filles la fuient. Elle vient d'une famille qui semble ne manquer de rien, mais elle a reçu une éducation très stricte et étouffante. Elle est habituée à s'écraser et à décevoir quoi qu'elle fasse. Tout est toujours décidé à sa place et même si elle tâche de faire de son mieux, ce n'est jamais assez... Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Je pense à la généreuse Kathleen, aux soeurs qui sèment la terreur au sein de l'hôpital, aux beaux messieurs que l'on croise au fil des pages, à la redoutable Mme Tremayne ou encore à cette peste de Lucy qui s'écoute parler de ne cesse de se vanter. J'ai adoré les aimer et/ou les détester ! 

 

 

 Dans ce roman, nous suivons leur arrivée à l'hôpital et le début de leur formation, les petites querelles et rivalités entre les étudiantes, leurs mésaventures et leurs expériences, les règles strictes de l'établissement et la manière dont elles les détournent, les relations qu'elles entretiennent avec le reste du personnel et avec les patients, etc... C'est aussi passionnant que croustillant. Il y a des scènes vraiment amusantes, d'autres dures ou tristes, mais on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qui m'a plu aussi, c'est que l'on découvre leur vie au dehors avec leurs familles. Elles rentrent de temps en temps chez elles ou bien correspondent avec leurs proches et il se passe aussi des choses de ce côté-là. Si leurs proches ignorent comment se déroulent leur quotidien à Nightingale, c'est la même chose dans l'autre sens. Les filles restent assez secrètes sur leur vie en dehors de l'hôpital, ce qui fait que les autres infirmières ne comprennent pas toujours leurs réactions.

 

 Et puis, bien sûr, il y a de l'amour et du romantisme ! J'ai trouvé dans ce roman tout ce que j'espérais y trouver et même bien plus encore. C'est simple, j'ai tout aimé. J'ai adoré partager le quotidien de ces jeunes filles, les voir grandir et s'épanouir, toucher leur rêve du doigt mais aussi faire des erreurs et être déçues. J'ai trouvé ce livre délicieux et palpitant. Il est rempli d'émotions, de rebondissements et d'amour et il n'est pas non plus dénué d'humour. L'écriture est agréable. Il ne faut vraiment pas prendre peur face à cette belle brique car elle se dévore en un rien de temps et nous semble même bien trop courte ! Pour moi, ce roman réunit vraiment tous les ingrédients d'une bonne série et je suis vraiment impatiente de lire la suite des aventures de Dora, Millie et Helen.

 

En quelques mots :

Un joli coup de coeur pour cette histoire palpitante et savoureuse.

Un gros pavé que l'on dévore avec plaisir et gourmandise.

 

A lire aussi :

Et le ciel sera bleu (Tamara McKinley)

Si loin des siens (Tamara McKinley)

Appelez la sage-femme (Jennifer Worth)

 

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2017-02-20T15:09:36+01:00

Il était un secret

Publié par MyaRosa

The Secret - Kathryn Hughes

347 pages, éditions Calmann-Lévy, février 2017

L'histoire :

Le Terrible secret d'une femme peut-il en sauver une autre des décennies plus tard ?

Une virée entre amis s'achève en tragédie.

Une jeune veuve trouve un bébé abandonné sur le pas de sa porte.

Une mère se bat pour sauver son fils de la maladie.

Alors que ces destinées brisées par le temps nous plongent dans des tourbillons d'émotion, la force de l'amour leur permettra de se croiser et de s'unir sous le sceau d'un secret enfin révélé.

 

Mon avis :

 

 Il était une lettre, le précédent roman de Kathryn Hughes a été mon premier coup de coeur de l'an dernier. Une lecture bouleversante à laquelle je repense encore aujourd'hui avec beaucoup d'émotions et que je ne cesse de conseiller autour de moi. J'étais donc très impatiente de lire son nouveau roman mais je reconnais que j'avais quelques appréhensions. J'avais tellement aimé le premier que j'avais peur que celui-ci ne soit pas à la hauteur de mes attentes. J'ai donc préféré m'y plonger les yeux fermés, sans lire aucun avis ni encore moins la présentation ou le résumé du roman, et j'ai bien fait car j'ai adoré être surprise et ne pas savoir à quoi m'attendre.

 

 Le roman se déroule à plusieurs époques. Il commence en juin 1975. On fait la connaissance de Mary, une femme aimante et attachante qui est sur le point de réaliser son rêve le plus cher : fonder une famille. A une autre époque, en 2016, un homme et une femme sont tourmentés par l'état de santé de leur fils qui se dégrade de jour en jour. En juillet 1976, on rencontre les habitants d'une petite ville d'Angleterre qui s'apprêtent à passer une belle journée au bord de la mer. Certains espèrent se rapprocher de la personne qu'ils aiment, d'autres ne sont pas très motivés par la journée, d'autres voient là une occasion de se changer les idées. C'est une journée ensoleillée, festive, marquée par l'insouciance et personne n'imagine alors quel terrible drame les attend... Un événement qui risque de changer leurs vies, à jamais.

 

 J'ai tout de suite été emballée par l'écriture de Kathryn Hughes et par cette histoire qu'elle nous raconte avec beaucoup de passion. On se prend tout de suite d'affection pour les personnages et on est ravi de partager quelques moments avec eux. N'ayant pas lu le résumé du livre, je ne savais pas du tout comment les choses allaient tourner et tant mieux car la plupart dévoilent beaucoup trop d'éléments à mon goût. Je me suis laissée portée par l'histoire et, cette fois encore, j'ai été emportée dans un tourbillon d'émotions et de sentiments mêlés. Quelle lecture ! Je ne pensais pas que ce serait possible, mais j'ai aimé ce livre au moins autant que le premier si ce n'est plus. Oui, je pense que je l'ai encore plus aimé. J'ai vraiment passé un bon moment. Je n'arrivais plus à le lâcher et je pensais encore à tous ces personnages et à toutes ces histoires lorsque mon livre était fermé. Je me suis relevée plusieurs fois la nuit pour lire encore quelques pages tellement j'avais envie de savoir et de retrouver tout ce petit monde.

 

 Avec ce second roman, Kathryn Hughes confirme son talent de conteuse et je suis déjà impatiente de lire le prochain. J'aime sa façon de mêler les destins, de semer de l'amour et des indices au fil des pages. Alors que l'on pense avoir tout deviné, elle arrive encore à nous surprendre ! Comme le précédent, ce roman m'a émue. Il m'a fait vibrer, ressentir une multitude d'émotions. Je me suis sentie parfois triste, parfois tellement heureuse pour ces personnages que j'ai désormais l'impression de connaître... C'est une belle lecture qui est portée par une écriture délicate et sensible, des personnages bienveillants et tellement d'amour qu'on en reçoit nous aussi bien au-delà des pages...

 

 

En quelques mots :

Coup de coeur pour ce roman palpitant et bouleversant qui parle de famille, de secrets, d'amour et de pardon.

Une magnifique lecture. Si vous avez aimé "Il était une lettre", vous allez adorer "Il était un secret" !

 

 

 

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2017-02-02T21:02:08+01:00

Cet été-là

Publié par MyaRosa

The Bright Forever - Lee Martin

320 pages, éditions Sonatine, février 2017

L'histoire :

Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Katie. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

 

Mon avis :

 

 Je ressors de cette lecture complètement chamboulée et je ne sais pas du tout par où commencer pour vous en parler. Ce qui m'a plu tout de suite, c'est cette façon qu'a l'auteur de planter le décor avec aisance et de nous plonger dans une atmosphère particulière grâce à la magie des mots. Même si on sait que quelque chose de terrible s'est produit, on arrive presque à l'oublier tant l'auteur nous met à l'aise. Imaginez un peu... Une petite ville américaine ordinaire de celles à côté desquelles on passe sans s'arrêter. Une petite ville en apparence sans histoire où tout le monde connaît tout le monde. Les soirs d'été se suivent et se ressemblent. Il fait chaud. On boit du thé glacé et on joue aux cartes sur les porches. On discute entre voisins. On entend les rires des enfants qui jouent. L'air sent bon le gazon fraîchement tondu, les roses et les grillades. La vie s'écoule paisiblement. On se sent bien, on a l'impression que l'été durera toujours, qu'on a la vie devant soi et qu'il ne peut rien nous arriver. Et pourtant... Pourtant, c'est un soir d'été comme celui-là que la petite Katie, 9 ans, disparaît mystérieusement. Que lui est-il arrivé ?

 

 Trente ans après les faits, des habitants de cette petite ville de l'Indiana racontent. Proches, voisins, tous nous dévoilent leurs souvenirs de cet été-là. Grâce à leurs témoignages, les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place et leurs différentes voix viennent rendre l'atmosphère de cet été 1972 encore plus palpable. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai grandi dans une petite ville de ce genre, mais cela a fait remonter en moi énormément de souvenirs d'enfance. Je me suis souvenue des soirées d'été passées dans le jardin, des jeux dans le lotissement avec d'autres enfants. Nous étions si heureux, si libres, si insouciants. Comme Katie, nous pensions aux longues journées qui nous attendaient et s'étiraient infiniment, totalement aveugles aux problèmes et aux secrets des grandes personnes. Et c'est justement parce que cette atmosphère, cette douceur de vie, cette insouciance de l'enfance, est si bien retranscrite que le drame qui arrive est plus terrible encore et nous frappe de plein fouet. Parce qu'on prend conscience, maintenant qu'on n'est plus enfant, qu'on n'est jamais à l'abri. Que l'horreur peut s'abattre sur nous n'importe quand et surtout quand on ne s'y attend pas. Que la sécurité n'est qu'une illusion.

 

 Cette disparition inquiétante va faire ressortir les vilains petits secrets de chacun. J'ai vraiment aimé la façon dont Lee Martin perçoit et décrit ses personnages. A aucun moment il ne les juge. Il n'est pas question d'être bon ou mauvais. Je pense aussi qu'il y a une part d'ombre en chacun de nous. Ses personnages sont crédibles, vrais et m'ont, pour le plupart, beaucoup touchée. Ils ont des regrets, des envies, des peurs, des sentiments et des désirs qu'ils n'assument pas ou ne comprennent pas vraiment ainsi que des secrets. Certains vivent écrasés sous le poids de leur culpabilité et d'autres se sentent tellement seuls qu'ils sont aveuglés par leur besoin d'aimer et d'être aimé. C'est un livre qui pousse à s'interroger sur la nature humaine et sur la responsabilité. Durant tout le roman, Lee Martin joue sur les contrastes : lumière et obscurité, bien et mal et - il l'explique d'ailleurs lui-même à la fin du livre - s'intéresse aux contradictions qui nous sont communes : solitude et bonheur, sécurité et menace, amour et rejet, complexité et simplicité. C'est un roman poignant, bien construit et vraiment très intéressant à étudier. Par son atmosphère il m'a fait penser à deux romans merveilleux : "Arrive un vagabond" de Robert Goolrick et "La Fin de l'innocence" de Megan Abbott et en raison des questionnements qu'il soulève sur la nature humaine, il m'a rappelé "Un roi sans divertissement" de Jean Giono et "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit" de Celeste Ng. Je peux maintenant ajouter "Cet été-là" à la liste des livres qui m'ont vraiment chamboulée.

 

 Ce n'est pas tellement le suspense ou les rebondissements que je retiendrai, mais vraiment cette atmosphère et ce questionnement sur l'humanité. Cette façon de nous dire "Vous vous croyez en sécurité ? Vous pensez connaître les gens qui vous entourent ? Vous croyez que rien ne peut vous arriver sous prétexte que vous êtes chez vous et que le soleil brille ? Détrompez-vous ! TOUT peut arriver. TOUT peut s'écrouler. Cette lecture m'a vraiment secouée. Elle m'a rendue terriblement nostalgique, m'a brisée le coeur et je me suis sentie très mal après l'avoir refermée mais - oui, je sais, c'est étrange - pour moi c'est quelque chose de très positif. J'aime quand un livre me fait ressentir quelque chose de fort, me retourne, me bouscule, me pousse à réfléchir. Le roman de Lee Martin n'est pas de ceux que l'on lit pour se distraire et que l'on oublie après l'avoir refermé, loin de là. Non, il est plutôt de ces livres qui nous poussent à aller plus loin dans la réflexion et avec lesquels on a l'impression qu'il y a un avant et un après. On se sait pas forcément à quel niveau, mais on se sent différent après ce genre de lecture. Grandi. Je suis encore troublée et choquée de tout ce que ce livre m'a fait ressentir et je pense que je vais mettre un moment à m'en remettre.

 

 Petit bonus que j'ai beaucoup apprécié, à la fin du livre, l'auteur nous parle de son roman, de ce qui l'a poussé à l'écrire. Il nous parle aussi de son enfance et d'un souvenir particulièrement marquant et nous dévoile aussi une playlist très détaillée qui correspond bien à son roman et à ses personnages.

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR

Magnifique, terriblement noir et poignant, ce roman polyphonique déchirant, plein d'émotions et de contrastes, nous pousse à nous interroger sur la nature humaine. Une lecture aussi fascinante que dérangeante.

 

"Les petites villes ne sont pas différentes des grandes à un égard : partout où il y a un cercle de lumière, il y a aussi quelqu'un qui se tient à l'extérieur."

 

" Le vrai caractère d’un homme se mesure à ce qu’il ferait s’il était sûr de ne jamais être découvert."

 

"C'est drôle comme quelqu'un peut arriver et ouvrir votre vie, vous montrer exactement ce qu'il y a à l'intérieur."

 

"C'était ce qui était bien avec l'été. Il était à vous. Il vous appartenait.

Si vous vouliez rire comme une idiote à une stupide blague d'escargot, vous pouviez. Si vous vouliez vous rouler par terre jusqu'à ce que vos cheveux soient tout ébouriffés et que vous soyez étourdie, hé, qui irait vous en empêcher ?"

 

 

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2017-01-20T16:31:43+01:00

La Promesse d'un ciel étoilé

Publié par MyaRosa

Under the Jeweled Sky - Alison McQueen

462 pages, éditions Presses de la Cité, janvier 2017

L'histoire :

 

Un amour interdit. Un secret inavouable.

La fin d'un empire.

1957. Sophie a vingt-sept ans lorsqu'elle épouse Lucien, un diplomate, et part s'installer avec lui à New Delhi, une destination qui réveille en elle de douloureux souvenirs que son mari ignore...


1947. Sophie emménage dans le nord des Indes, dans le palais d'un maharaja ; son père vient d'être nommé assistant du médecin chef. Pour échapper à sa mère tyrannique, Sophie explore le luxueux palais et rencontre, dans le dédale des couloirs, Jag, un jeune indien de son âge. Immédiatement complices, ils se voient en cachette.


De retour sur les terres indiennes, Sophie parviendra-t-elle à se réconcilier avec son passé ?

 

Mon avis :

 

 J'ai mis moins de deux jours à lire ce livre de presque 500 pages et cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Ce roman m'a totalement envoûtée. Pendant deux jours, j'étais ailleurs. J'étais en Inde, à une autre époque, aux côtés de Sophie et de Jag. Avec eux, j'ai voyagé. J'ai admiré la splendeur de l'Inde, ses palais de contes de fées, sa cuisine pleine de saveurs et de délicieuses odeurs, ses fruits savoureux nourris jour après jour par un soleil de plomb, ses traditions, ses jardins somptueux. Cette explosion de couleurs, c'est comme si je l'avais eu sous les yeux ! J'y étais. Vraiment.

 

 J'ai savouré chaque chapitre, chaque phrase, chaque mot de ce merveilleux roman. J'ai vécu chaque épreuve comme si elle me concernait personnellement. J'ai adoré suivre Sophie toute jeune et fraîchement arrivée en Inde, la voir s'ouvrir et s'épanouir. Lorsqu'elle remet les pieds en Inde pour la première fois, tant d'émotions se bousculent. On ressent parfaitement la force et l'ivresse de ce moment. J'ai trouvé cette histoire d'amour magnifique, intense et bouleversante. J'ai adoré en apprendre plus sur l'Inde et son histoire dont je ne savais pas grand chose. Je me suis amusée des différences énormes entre les anglais (car oui, ce n'est pas précisé dans le résumé mais Sophie est anglaise) et les indiens qui ne voient vraiment pas la vie de la même manière... J'ai aimé découvrir la vie de ces expatriés et celles des indiens qui travaillent pour eux. Admiration, tensions, hypocrisie, mensonges...  Je me suis régalée de toutes les descriptions de paysages, de somptueuses demeures et de plats plus succulents les uns que les autres. J'avais vraiment l'impression d'avoir tout cela juste devant moi. Les personnages créés par Alison McQueen sont travaillés et crédibles. Certains font preuve d'une grande humanité et d'une bonté sans faille tandis que d'autres sont absolument monstrueux. Certains m'ont particulièrement émue par leur bonté, leur courage ou leur sagesse.

 

 

 Si le schéma est assez classique et m'a fait penser à d'autres grands romans dépaysants (j'ai notamment en tête "Ce que le jour doit à la nuit") : un amour impossible, un contexte difficile, une situation injuste à vous briser le coeur, deux êtres qui s'aiment mais qui ne peuvent pas être ensemble, cela fonctionne très, très bien. Le roman d'Alison McQueen est un roman passionné et passionnant qui ne manque ni de force, ni de rebondissements et encore moins d'émotions. Parmi toutes mes lectures, je peux compter sur les doigts d'une seule main les livres qui m'ont bouleversée au point de me faire verser bien plus que quelques larmes, et celui-ci en fait partie. Comme j'ai pleuré ! De tristesse, de bonheur, d'émotions, de tout ce que vous voulez. J'étais là avec mon livre à la main en train de pleurer et je n'arrivais pas à faire une pause. Il fallait que je continue à lire, que je sache comment tout cela allait tourner. D'ailleurs, si je pensais avoir tout compris à l'avance, je me suis bien trompée. Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements, tant de passion, de déchirures et de violence.

 

 Bien plus qu'un drame ou qu'une histoire d'amour tragique, ce livre met en lumière l'Histoire, la difficulté de trouver sa place, la souffrance et le courage d'un peuple et un monde en train de changer. On découvre des personnes bienveillantes et courageuses qui sont prêtes à tous les sacrifices pour protéger les leurs et leur offrir une vie meilleure. De belles amitiés naissent sous nos yeux et la famille est vraiment au coeur de ce beau roman. Les deux personnages principaux ont des relations très particulières avec leurs parents. Tous ces liens, cette générosité, cet amour sans faille et cette force m'ont vraiment bouleversée tout comme la bêtise humaine et l'absurdité de certaines règles et traditions qui emprisonnent et empêchent les gens d'être heureux m'ont révoltée. Et puis, il y a aussi cette nostalgie d'une époque qui n'est plus. Cette excitation et cette appréhension face à un monde qui change et tout ce qui va avec : rêves, espoirs, désillusions, mélancolie. L'écriture est somptueuse, les décors sont à couper le souffle et le récit nous envoûte du début à la fin. C'est un roman poignant que je n'oublierai jamais, c'est certain. Un immense coup de coeur ! Pour tout vous dire, je me sens triste de l'avoir déjà lu et je vous envie de pouvoir le découvrir. Alison McQueen a écrit au moins six autres romans. J'espère de tout coeur qu'ils seront bientôt traduits en français.

 

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR !

Un roman magnifique, bouleversant, inoubliable !

 

***

Quelques passages...

 

"Bien sûr qu'elle était amoureuse de lui. Elle n'avait aucun motif de ne pas l'être. Un amour raisonnable, un amour d'adulte. Le genre d'amour qu'elle était en mesure de gérer. Il ne lui arracherait pas la chair des os ni ne la dévorerait toute crue. Il ne la pousserait pas à souhaiter qu'elle fût morte, sachant qu'elle n'avait plus de raison de vivre. Avec cet amour-là, elle n'avait rien à craindre, surtout pas l'abîme qui avait autrefois menacé de l'engloutir." (Page 91)

 

"Selon la sagesse hindoue, nous ne sommes que le rêve d'un rêve que personne ne rêve. Nous ne sommes rien, et il vaut mieux cesser le plus vite possible de croire que l'on est quelque chose. Tout n'est qu'illusion, et plus vite cette illusion s'estompe et nous laisse revivre dans le brahman, l'absolu au-delà duquel il n'y a rien, plus vite nous échappons à cette douloureuse duperie qu'on appelle la vie." (Page 119)

 

"Quoique citoyens britanniques, certains n'avaient pratiquement jamais mis les pieds sur les terres de la mère patrie : quelques années de pensionnat, peut être, ou des vacances instructives chez des cousins. Leur façon de parler semblait curieusement désuète. Ils s'exprimaient  en effet dans une langue ayant fleuri en des jours lointains et restée telle quelle, insensible à la marche du temps. De bien des manières, ils étaient définitivement en dehors du coup. Aussi vivaient-ils les événements actuels comme la fin d'une époque, une époque glorieuse dont le souvenir leur resterait chevillé à l'âme jusqu'à leur dernier souffle. C'était dans l'air, tout le monde le percevait, même les cuisiniers qui avaient préparé avec une gravité inhabituelle les nombreux plats de fête traditionnels des sahibs. L'oie avait été arrosée cérémonieusement, les pommes de terre rôties amoureusement. A un moment donné, le chef pâtissier s'était essuyé les yeux dans son torchon avant de retourner à son sirop de sucre qui frémissait dans la casserole. Avec quelle douceur certaines choses se terminaient ! Avec quelle violence d'autres commençaient, telle l'apparition d'une nouvelle étoile résultant d'une énorme explosion !" (Page 172)

 

 

A lire aussi :

Fleurs sauvages

Une Lettre de vous

Il était une lettre

Plume fantôme

Nora ou le paradis perdu

 

 

 

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2016-12-28T14:51:05+01:00

Tendre veillée

Publié par MyaRosa

The Night Before Christmas - Scarlett Bailey

400 pages, Milady Romance (Central Park), novembre 2013

L'histoire :

Lydia a toujours souhaité vivre un Noël parfait. Aussi n'hésite-t-elle pas une seule seconde quand ses meilleures amies l'invitent à réveillonner avec elles. Au programme, feux de cheminée et marrons chauds – le tout dans un décor digne d'une carte de vœux. Quand elle se retrouve bloquée par la neige en compagnie de son petit ami, de son ex et d'un irrésistible inconnu, son Noël idéal est sérieusement mis à mal. Mais bon, trois rois mages, c'est la tradition à cette époque de l'année ...

 

Mon avis :

 

 Lydia a tout pour être heureuse. Malgré une enfance difficile, elle a réussi à avoir la vie dont elle rêvait. Elle habite à Londres, est avocate, a des amies géniales et un petit ami bien comme il faut sur le point de lui faire sa demande. Pourtant, quelque chose cloche... Lydia ne se sent pas aussi épanouie qu'elle devrait l'être ni follement excitée par ce qui est sur le point de lui arriver. Au lieu de cela, elle fuit le Noël romantique initialement prévu et accepte l'invitation de l'une de ses meilleures amies qui vient d'ouvrir une maison d'hôtes à la campagne avec son mari. Si Lydia est ravie de retrouver ses meilleures amies, elle semble l'être encore plus de bousculer les plans de son petit ami. Mais elle ne se doute pas une seconde que son Noël idéal est sur le point de virer au drame quand l'une de ses amies débarque au bras de l'homme qui lui a brisé le coeur quelques mois plus tôt. Sans parler de la météo qui ne s'améliore pas et les oblige à rester coincés tous ensemble malgré les tensions...

 

 J'ai été tellement déçue par le roman "Quand l'amour s'invite à Noël" que j'ai hésité entre lire une autre romance de Noël pour ne pas rester sur une mauvaise impression ou lire quelque chose de totalement différent comme un thriller bien sombre. Finalement, j'ai opté pour une valeur sûre, un roman qui est dans ma PAL depuis plusieurs années et dont on m'a dit le plus grand bien. Je ne regrette pas du tout, car j'ai passé un très bon moment et je ne me suis pas du tout ennuyée.

 

 

 Ce qui m'a le plus plu, c'est le cadre et l'ambiance qui collent parfaitement à cette période de l'année. Il y a de la neige à perte de vue, des feux de cheminée, des bons petits plats, une vieille maison somptueuse et chargée d'histoire ainsi qu'un petit village sans prétention avec des gens accueillants et un pub qui rassemble tout le monde. Il y a des chants de Noël, des batailles de boules de neige, de l'amour et des scènes cocasses. Bien sûr, les choses ne vont pas se passer comme prévues et il va y avoir pas mal de rebondissements et de révélations. Certes, on n'échappe pas à certains clichés, il y a des personnages vraiment superficiels et le langage est parfois un peu vulgaire, mais pour une fois, ça ne m'a pas dérangé plus que cela. Je me suis beaucoup amusée et ça m'a rappelé les romans de chick lit que je dévorais il y a quelques années. C'est un roman vraiment distrayant et amusant, une jolie lecture de fin d'année sans prétention qui a parfaitement rempli sa mission et m'a fait passer un bon moment. Scarlett Bailey a écrit plusieurs romances de Noël et j'espère qu'elles seront traduites en français car j'ai bien envie de les découvrir.

 

 

En quelques mots :

Une lecture de fin d'année distrayante et amusante. Un roman qui m'a fait passer un très bon moment et avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde.

 

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2016-12-20T15:41:41+01:00

Quand l'amour s'invite à Noël

Publié par MyaRosa

The Holiday Visitor - Tara Taylor Quinn

265 pages, éditions Harlequin, novembre 2016

L'histoire :

A Noël, tous les miracles sont permis.

Depuis sa plus tendre enfance, Marybeth confie ses joies et ses peines à James, son grand amour épistolaire. Il est la personne qu’elle aime le plus au monde, le seul qui la connaît vraiment, celui sur qui elle peut compter. Mais voilà, James refuse de la rencontrer, de peur de briser la magie qui s’opère entre eux. Aussi est-elle bouleversée lorsque Craig, un séduisant inconnu, fait irruption dans sa vie. Lui, c’est un homme de chair et de sang, qui éveille en elle des sentiments inédits, une attirance irrépressible.
Dès lors, et à mesure que le séjour de Craig se prolonge à L’Orangeraie, sa maison d’hôtes chaudement décorée pour les fêtes, Marybeth est partagée entre les deux hommes de sa vie. Qui de James ou de Craig saura faire basculer son cœur ?

 

Mon avis :

 

 Tous les ans, je me prépare une grande pile de lectures de Noël avec des albums illustrés, des recueils, des romans réconfortants et de jolies romances de Noël. Mais j'oublie souvent que le temps file à toute vitesse et encore plus à cette période de l'année et je me retrouve souvent début janvier avec ma jolie pile de romances encore intacte. Du coup, cette année, j'ai décidé de m'y prendre de bonne heure et de ne pas prendre trop d'engagements pour avoir le temps de lire plus que d'habitude, et j'ai choisi ce livre a la couverture attrayante. Je rêvais d'une lecture légère et mignonne qui me ferait rire et pleurer entre deux passages délicieux sur les préparatifs de Noël. J'espérais au moins passer un moment sympa et... j'ai été très déçue !

 

 Oui, c'est prévisible. On voit tout venir dès le début. Oui, les dialogues sont souvent niais et c'est très mielleux, mais ce n'est pas quelque chose qui me dérange lorsque j'entame ce genre de romans. Je trouve même que je suis plutôt bon public, mais là... Si seulement il y avait eu un contexte sympa autour, des petits passages légers et délicieux autour des préparatifs de Noël ou du quotidien de Marybeth dans sa maison d'hôtes, mais rien ! Le début, bien que pas très gai, était pourtant très prometteur, mais mon enthousiasme est vite retombé.

 

 J'ai trouvé ce roman très froid, en fait. On est bien loin de la magie de Noël ! D'ailleurs, ce roman pourrait très bien se passer à une autre période de l'année tant on parle peu des fêtes de fin d'année... C'est comme si on avait décidé après coup d'en faire un livre de Noël parce que c'est plus vendeur sans doute. Comme pour Noël, le côté maison d'hôtes qui m'a beaucoup attiré n'est même pas exploité. On dirait que Craig et Marybeth sont toujours seuls dans cette maison et qu'il n'y a jamais de clients. L'auteur le justifie en nous disant que Craig vient pendant les fêtes et que les gens sont en famille à ce moment-là, mais j'aurais quand même aimé qu'il y a des passages dans lesquels on parle vraiment de la maison d'hôtes et de son fonctionnement. L'endroit ne m'a pas semblé très chaleureux et on en parle tellement peu qu'on a même du mal à l'imaginer.

 

 Ce qui m'a manqué, c'est le frisson, la magie, l'émotion. Je n'ai pas souri une seule fois durant ma lecture ni même ri. Je n'ai fait que lever les yeux au ciel tant les situations me semblaient débiles et peu crédibles. Et pire que tout pour une romance, je n'ai pas cru une seconde à cette histoire d'amour (ou du moins, pas avant la toute fin). En fait, on se met d'un coup à parler de ce coup de foudre et de cette histoire naissance et je me suis demandée si je n'avais pas loupé un passage. Je n'ai pas compris à quel moment ils étaient censés être tombés amoureux tant leur rencontre m'avait semblé peu chaleureuse. J'ai même relu quelques pages, mais non, je n'avais rien loupé.

 

 Et puis, les personnages, parlons-en... Ils ne sont ni sympathiques ni attachants. Il n'y a qu'à la toute fin du roman qu'ils m'ont semblé un peu plus humains. Marybeth n'est pas très agréable et elle est complètement à côté de la plaque. Je n'ai pas compris ses choix et son passé ne justifie pas tout. Elle n'a pas l'air passionné par ce qu'elle fait, semble avoir 70 ans au lieu de 26 et je l'ai trouvé plutôt prétentieuse malgré son manque de confiance en elle, ce qui d'ailleurs ne colle pas. Idem pour Craig que j'ai trouvé arrogant et antipathique dès le début. Il y a vraiment des incohérences au niveau des personnages. Et puis tous ces "Je te veux, mais je ne peux pas. Je te veux, mais en fait non" qui peuvent être amusants ne l'ont pas été ici. Ca m'a juste agacé.

 

 Et je ne parle même pas de toutes ces réflexions sur le mariage, la fidélité, la sexualité (ou plutôt l'absence de sexualité) qui m'ont usé. Quel ennui, mais quel ennui ! J'ai traîné ce livre comme un boulet pendant plusieurs semaines. J'ai pensé plusieurs fois l'abandonner, mais j'ai toujours peur de louper quelque chose et que la fin rattrape un peu le reste. Pour être honnête, je me suis mis un bon coup de pied aux fesses pour le finir et pouvoir enfin passer à autre chose. La fin m'a plus plu que le reste, mais pas au point de rattraper le reste. J'ai eu l'impression de lire un texte écrit à la va-vite qui aurait vraiment mérité d'être un peu plus travaillé (et aussi relu car il y a d'ailleurs beaucoup de coquilles). C'est creux et fade, il y a des bonnes idées mais très mal exploitées. Il manque, selon moi, beaucoup d'ingrédients pour faire de ce livre une jolie romance de Noël.

 

 

En quelques mots :

De bonnes idées mais très mal exploitées. Un roman qui est, pour moi, sans intérêt et que je suis contente d'avoir terminé.

 

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2016-11-23T19:50:18+01:00

Si loin des siens

Publié par MyaRosa

Far from Home - Tamara McKinley

370 pages, éditions L'Archipel, novembre 2016

L'histoire :

Septembre 1940. Polly Brown a accepté un poste d’infirmière à l’hôpital Cliffehaven, sur la côte Sud de l’Angleterre, afin de se rapprocher de Jack, son mari, grièvement blessé au front. Elle a dû se séparer d’Alice, sa fillette de 5 ans, envoyée au Canada pour fuir l’Europe en guerre.
À Cliffehaven, Polly emménage à la Pension du Bord de Mer, tenue par les époux Reilly. Là-bas, elle fait la connaissance de Danuta, une jeune Polonaise qui a perdu toute sa famille au début de la guerre. Les deux femmes se serrent les coudes, mais alors que Polly commence seulement à s'intégrer, une terrible nouvelle vient tout bouleverser...

 

Mon avis :

 

 L'an dernier, à la même époque, je vous ai présenté "Et le ciel sera bleu", le premier tome d'une saga écrite par Tamara McKinley et publiée sous le pseudonyme d'Ellie Dean. Loin du bush australien auquel elle nous a habitué dans ses autres romans, cette saga se déroule en Angleterre durant la Seconde Guerre Mondiale dans une pension de famille. Le principe de cette saga : chaque tome met en lumière une résidente de la Pension du Bord de mer. Le personnage s'éclipse ensuite pour laisser la place à un autre, mais on prend de ses nouvelles dans le tome suivant et on retrouve toujours les mêmes personnages secondaires. Le volet précédent nous faisait découvrir l'histoire de la jeune Sally et de son petit frère et celui-ci nous fait rencontrer la courageuse Polly. On retrouve aussi Danuta dont on avait déjà entendu parler et qui est la soeur d'un personnage présent dans le volume précédent.

 

 Cette saga me plaît beaucoup. Le contexte est fort et très dur. On en apprend beaucoup sur la vie en temps de guerre. Les difficultés rencontrées au quotidien, le manque de nourriture, les attaques aériennes, le black-out, etc... La Pension du Bord de Mer est un endroit accueillant. Malgré les attaques subies et le manque de moyens, l'énergique et pétillante Peggy Reilly fait de son mieux pour rendre la vie de ses pensionnaires plus agréable. Elle est ferme mais toujours juste et bienveillante. C'est un personnage que j'adore et que je me réjouis de retrouver dans chaque tome.

 

 Dans sa saga, Tamara McKinley met vraiment les femmes à l'honneur. Elle nous parle de leur force, de leurs rêves et de leurs regrets, de leur fragilité et de leur côté passionné, des sacrifices qu'elles sont prêtes à faire... Elle met aussi l'accent sur les relations entre les différentes générations. Il y a tous les âges à la pension du Bord de Mer et des liens forts et parfois inattendus se tissent pour notre plus grand plaisir. Oui, il y a des bons sentiments, parfois c'est un peu gros pour être crédible et certains qualifieront ce roman de "roman de gare", mais on s'en fiche et moi, j'adore ! J'aime tellement que les petits défauts ne me gênent pas. J'adore toutes ces descriptions du quotidien, ces petites chamailleries entre les filles de la pension et ces moments de bonheur qui font oublier l'époque si difficiles et les douleurs l'espace d'un instant. Je me régale à lire ces histoires aussi tragiques que belles. Les personnages que l'on rencontre ont tous des secrets et portent leur lot de souffrance, mais ils sont aimants, bienveillants et s'entraident les uns les autres. Ca fait du bien de voir que même dans les contextes les plus durs, la bonté et l'humanité ne sont pas oubliées.

 

 Ce tome m'a beaucoup plu. La pauvre Polly a beaucoup d'épreuves à affronter, mais elle est courageuse et bien entourée. On retrouve avec plaisir les personnages secondaires rencontrés dans le volet précédent et on s'attache encore un peu plus à eux. Je pense à Peggy, Ron, Cissy, Mme Finch... J'ai volontairement modifié le résumé du livre et je vous recommande de ne pas lire la quatrième de couverture qui dévoile des éléments importants qu'on apprend après plus de 200 pages de lecture. C'est vraiment dommage ! J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. J'ai frémi, j'ai souri, j'ai tremblé, j'ai pleuré pour tous les personnages croisés et j'ai été très émue par leurs histoires et leur générosité. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et je n'avais aucune envie de refermer ce livre et de quitter la Pension du Bord de Mer. Je ne peux que vous recommander ce livre si vous aimez les histoires pleines d'émotions.

 

En quelques mots :

Une saga magnifique ! Un roman qui se déroule en temps de guerre et qui est rempli d'humanité, d'émotions, d'amour et de bienveillance. J'adore ! Vivement la suite !

 

 

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2016-11-02T15:16:52+01:00

Nous allons mourir ce soir

Publié par MyaRosa

The Grownup - Gillian Flynn

60 pages, éditions Sonatine, novembre 2016

Quatrième de couverture :

"Quelqu'un vous ment. On dirait que vous allez devoir choisir à quelle histoire vous accordez votre foi. Qu'est-ce qui vous rassurerait le plus ?"

 

Mon avis :

 

 A chaque roman, Gillian Flynn me surprend et me scotche complètement. J'aime son côté irrévérencieux, sa façon de provoquer et de choquer le lecteur. Elle arrive à nous entraîner dans des histoires sordides et dérangeantes sans que jamais l'idée nous traverse de refermer le livre et d'en rester là. On boit chacun de ses mots. On est comme hypnotisé. On a beau savoir que ça va mal se terminer, on continue à avancer, à s'enfoncer plus profondément dans le piège infernal qu'elle nous tend.

 

 "Nous allons mourir ce soir" n'est pas un roman, mais une nouvelle et même si c'est un format que j'apprécie beaucoup, j'avais un peu peur que ça fonctionne moins bien, que ça ne me fasse pas le même effet. Je suis ravie de vous dire que je me suis trompée et qu'elle m'a encore bluffée. Dès les premières phrases, on reconnaît sa plume. Cette façon bien à elle de cracher les mots comme ils sortent, sans pudeur, sans aucune gêne mais avec beaucoup de cynisme.

 

 

 L'héroïne de cette nouvelle est une femme qui a l'habitude de manipuler les autres. C'est même grâce à cela qu'elle survit. Elle observe et finit toujours par savoir où appuyer pour parvenir à ses fins. C'est ainsi qu'elle se retrouve à Caterhook Manor, une demeure victorienne chargée d'un lourd passé. Là-bas, un adolescent étrange tyrannise sa belle-mère et surgit des recoins à la manière d'un fantôme. Des choses étranges se déroulent dans cet endroit et la narratrice qui n'est pas du genre à croire en ces choses-là se met à douter de tout et de tout le monde... Celle qui avait toutes les cartes en main se retrouve, comme le lecteur, démunie et fragile. Que se passe-t-il vraiment dans cet endroit ?

 

 J'ai tout simplement adoré ! L'écriture de Gillian Flynn est incisive et savoureuse. On se prend au jeu dès les premières pages et elle nous entraîne dans une atmosphère angoissante digne des plus grands romans d'épouvante qui nous tient en haleine jusqu'au dénouement parfaitement maîtrisé. On passe d'une réalité sordide à des histoires de meurtres, de fantômes, de maisons hantées et de possessions qui ne sont pas moins dérangeantes. C'est un livre qui vous tiendra éveillé et que vous lirez d'une traite tant vous aurez envie de connaître le fin mot de l'histoire. Attention aux ombres, aux craquements et aux planchers qui grincent...

 

Et avant que j'oublie, le livre en lui-même est superbe. Couverture épaisse, brillante et cartonnée. Papier noir. Format agréable. Un collector à avoir dans sa bibliothèque. Moi, j'aime beaucoup.

 

En quelques mots :

J'ai adoré !

Une nouvelle parfaitement maîtrisée et réussie dans laquelle on retrouve le talent indéniable de l'auteur. Suspense et frissons garantis !

 

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