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Articles avec #litterature etrangere catégorie

2017-11-06T12:54:43+01:00

La Partie de chasse

Publié par MyaRosa

The Shooting Party - Isabel Colegate

311 pages, éditions 10/18, octobre 2017

Présentation de l'éditeur :

  Angleterre, automne 1913. La grande partie de chasse traditionnelle bat son plein sur les terres de Sir Randolph, pour le plus grand plaisir de ses invités. Mais, cette fois, flirts, rivalités et trahisons vont avoir raison de l’étiquette et provoquer ce que tout bon aristocrate se doit d’éviter à tout prix : un scandale. Grand classique de la littérature anglaise du XXe siècle, La Partie de chasse dépeint avec une délicieuse cruauté les derniers jours d’une aristocratie dépassée, sourde aux premiers échos de la Grande Guerre, accrochée avec la force du désespoir aux vestiges de sa splendeur d’antan.

 

Mon avis :

 

 La Partie de Chasse (The Shooting Party) a été publié en 1980 et fait aujourd'hui partie des classiques de la littérature anglaise. Ce roman a même fait l'objet d'une adaptation cinématographique. En nous racontant les quelques jours d'une partie de chasse, c'est toute une époque qu'Isabel Colegate dépeint. Elle nous décrit avec beaucoup de justesse ce qu'était la vie et les convenances dans l'Angleterre rurale de 1913. Elle dresse ainsi le portrait d'aristocrates englués dans leurs traditions qui refusent de voir que le monde est en train de changer et que leur mode de vie va en être bouleversé. Elle ne se moque jamais, mais pousse le lecteur à constater les contradictions de cette société et à s'interroger sur les causes de l'effondrement de ce mode de vie. Les édouardiens ont-ils causé leur propre perte ou les choses sont-elles amenées à bouger sans cesse ?

 

 Isabel Colegate nous décrit les habitudes des aristocrates, leurs petites manies souvent futiles et parfois absurdes mais auxquelles ils s'agrippent désespérément car elles les rassurent. Au travers de ses personnages, elle n'hésite pas à montrer l'hypocrisie, la superficialité, le manque d'honneur et de loyauté dont certains font preuve. Les masques se lèvent peu à peu et l'on se rend compte que cette femme qui nous semblait si charmante ne l'est pas tant que cela, que celle qui semblait épanouie n'est en fait pas vraiment heureuse, que cet homme qui fait le coq en société n'est pas très intéressant dans l'intimité, etc...

 

 Avec beaucoup de justesse, elle nous décrit l'inquiétude des édouardiens face aux bouleversements qui surviennent à cette époque. Certains ont peut pour l'avenir, d'autres préfèrent fermer les yeux et continuent à vivre comme avant et certains commencent à prendre conscience de leur impuissance à conserver les choses comme elles sont. D'autres encore commencent à remettre en questions les idéaux qu'on leur a transmis et aspirent même à autre chose mais ne l'assument pas toujours. C'est une époque vraiment fascinante.

 

 Mais il n'y a pas que les aristocrates qui sont au coeur de ce roman. Il y a aussi toutes les personnes qui les entourent : les domestiques et les gens du village qui travaillent pour eux de temps en temps. Eux aussi sont inquiets pour l'avenir et refusent parfois les mains qui leur sont tendues par peur du changement et de l'inconnu. L'auteur nous montre aussi que cette société où chacun avait sa place n'avait pas que des mauvais côtés. Il y avait sans aucun doute quelque chose de rassurant pour tout le monde dans ce fonctionnement et il y avait aussi de belles choses qui se sont éteintes avec elle. J'ai vraiment aimé ce roman. Je l'ai trouvé intéressant et bien écrit. Le contexte est très bien retranscrit et l'auteur arrive à mettre en lumière beaucoup de points pertinents. Elle ne se moque pas, ne juge pas et reconnaît même les bons côtés qui ont malheureusement sombré avec le reste. On s'interroge sur le bien et le mal et sur la sincérité.

 

 J'ai adoré le roman et j'ai également apprécié la préface de Julian Fellowes. On ressent parfaitement sa fascination pour cette époque et le respect et l'admiration qu'il a pour l'oeuvre d'Isabel Colegate. Son analyse est très intéressante et agréable à lire.

 

En quelques mots :

J'ai adoré !

 

Un petit extrait :

"Je crois que c'est une bonne habitude, de noter ce qu'on pense. Cela vous évite au moins d'assommer les autres en le leur racontant." (page 33)

 

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2017-11-01T20:48:00+01:00

Hillbilly Elegie

Publié par MyaRosa

J. D. Vance

284 pages, éditions Globe, 6 septembre 2017

Quatrième de couverture :

Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

 

Merci à Priceminister et aux éditions Globe pour cette lecture.

#MRL17

 

Mon avis :

 

 Hillbilly Elegie n'est pas un livre ordinaire. Il est difficile à décrire. C'est un mélange d'autobiographie, d'essai et d'analyse sociologique. Je ne savais pas si ça allait me plaire et finalement je n'ai pas vu le temps passer et j'ai trouvé cela très intéressant. 

 

 J. D. Vance a grandi dans les Appalaches au sein d'une famille qui nous semble peu conventionnelle mais qui représente bien la vie des classes ouvrières du Midwest. Il nous parle de son histoire à lui mais aussi de celle de toute une population en s'appuyant sur son expérience mais aussi sur des statistiques et études. Là-bas les gens n'ont pas ou peu d'argent et ne croient plus en eux. Ils ne font pas d'études supérieures et se contentent d'avoir un toit et de quoi manger. Les jeunes envisagent de travailler dans l'usine ou la supérette du coin et visent rarement plus haut. Les femmes tombent souvent enceintes avant la fin du lycée et se marient avec des hommes qui bien souvent les traitent mal et ne les respectent pas. Drogue, chômage, violence et dépression font partie de leur quotidien. Ils sont complètement désillusionnés.

 

 Sans pour autant se sentir au-dessus du lot, J.D. Vance nous explique son parcours. Il nous raconte son enfance et la manière dont il s'en est sorti. Il tente aussi de comprendre et d'analyser pourquoi les hillbilly vivent de cette manière. J'ai vraiment aimé sa façon de raconter.  Il arrive à prendre du recul, à analyser les choses avec beaucoup d'intelligence et en même temps il essaie de ne pas juger et ne crache pas sur son enfance et sur ce qu'il a reçu. Il nous livre aussi des moments très intimes qui ont marqué sa vie. Il a grandi dans un environnement instable, a changé de beau-père et de maison un nombre incalculable de fois, a sorti sa mère de situations très difficiles, s'est pris des coups et des injures, mais ne lamente pas, au contraire, il insiste surtout sur les valeurs qu'on lui a inculquées et on sent tout le respect et l'amour qu'il ressent pour sa famille et le lieu de son enfance.

 

 J'ai particulièrement aimé les passages dans lesquels il parle de sa famille. Ses grands-parents et ses oncles et tante, sa soeur Lindsay... Malgré le langage cru, le manque d'éducation, l'instabilité, les injures et la violence, il y a beaucoup d'amour et des attentions très touchantes au sein de cette famille. Cette lecture est très différente de ce que je lis habituellement et ça m'a beaucoup plu. J'ai trouvé l'analyse et l'histoire de J.D. Vance très intéressantes.

 

En quelques mots :

Un livre unique en son genre qui parle de toute une population mais aussi de choses plus personnelles. Une écriture agréable et touchante. J'ai beaucoup aimé.

 

 

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2017-10-22T10:33:37+02:00

Tous les deux

Publié par MyaRosa

Two by two - Nicholas Sparks

537 pages, éditions Michel Lafon, juin 2017

L'histoire :

À trente-deux ans, Russel Green a tout pour être heureux : une carrière brillante dans la publicité, une maison sublime à Charlotte en Caroline du Nord, une adorable petite fille de six ans et surtout une femme exceptionnelle, Vivian, qui est le centre de son monde. Pourtant, en quelques mois, son monde s'écroule : il perd son emploi, son épouse le quitte et lui laisse leur petite London à élever. Désarmé, il décide pourtant de reprendre sa vie en main. Tour à tour papa et maman, chauffeur, cuisinier, animateur et confident. Russ découvre les difficultés et les bonheurs d'un père célibataire. Quand Vivian demande à récupérer la garde de leur fille, Russel se lance dans le combat de sa vie pour son enfant qui est devenue le pilier central de son existence. Y parviendra-t-il ?

 

Mon avis :

 

 Lorsque Vivian et Russel ont décidé d'avoir un enfant, ils étaient tous les deux d'accord sur tout et pensaient que tout se passerait bien. Seulement, Russ ne pensait pas que les choses iraient si vite et Vivian n'avait sans doute pas réalisé pleinement tous les changements que cela impliquerait. Vivian a arrêté de travailler pour s'occuper à temps plein de London mais elle a continué à dépenser autant qu'avant et lorsque Russ a décidé de monter sa propre entreprise, leur situation financière est devenue compliquée et source de tensions au sein du couple. Puis rapidement, la situation a évoluée. Vivian a repris le travail, est devenue de plus en plus secrète et de moins en moins présente, demandant à Russ de s'occuper de London comme elle l'avait toujours fait jusqu'à maintenant, ce qui lui laissait peu de temps pour s'investir pleinement dans la création de son entreprise. Son humeur était changeante, ses réactions imprévisibles et le pauvre Russ n'a rien vu venir... Sa femme le quitte et le laisse s'occuper seul de leur fille... Lui qui a toujours passé beaucoup de temps à travailler et s'est un peu effacé devant la complicité évidente de sa femme et de sa fille va devoir apprendre à être père et tout gérer en même temps.

 

 Pour être honnête, j'ai trouvé le début du roman un peu long. Il y a énormément de détails sur le quotidien de Russ et surtout sur son travail et j'ai mis un petit moment avant d'apprécier vraiment cette lecture à sa juste valeur. Et finalement, je suis tellement contente d'avoir lu ce livre qui m'a profondément émue et aborde beaucoup de sujets touchants. Il y a bien sûr Russ qui apprend à devenir père. Jusque là, il ne s'était pas vraiment impliqué et se contentait d'être une sorte de figurant dans la vie de son enfant. Cette fois, il n'a pas le choix et ne sait pas vraiment comment s'y prendre. Sa maladresse m'a touchée et j'ai finalement apprécié que Nicholas Sparks prenne son temps pour nous montrer la relation naissance entre ce père et sa fille. Les choses ne se font pas du jour au lendemain. Russ fait des erreurs, tâtonne mais avance courageusement. C'est comme s'il découvrait sa fille. Jusque là, même s'il l'aimait sincèrement, il ne la connaissait pas. Il découvre sa personnalité et s'attache à elle jour après jour. Au début, il voyait son rôle comme une corvée et se rend peu à peu compte que c'est une chance, une relation unique qui se noue entre eux et qui va perdurer toute leur vie.

 

 En dehors du père, Russ en tant qu'homme m'a aussi émue. On le voit d'abord comme un homme fragile qui subit ce qui lui arrive et on se demande s'il va vraiment réussir à s'en sortir. Il partage avec nous son ressenti, ses souvenirs, ses émotions. Cette intimité entre le personnage et le lecteur est unique. On a vraiment l'impression de connaître Russ, c'est comme s'il faisait partie de notre vie ou que l'on faisait partie de la sienne. On le voit grandir, s'affirmer, développer des qualités qu'il a toujours eu en lui mais qu'il ne soupçonnait même pas. Les gens qui l'entourent sont également très touchants. Il y a Emily, une femme de son passé qui ressurgit dans sa vie et l'aide par sa gentillesse, son honnêteté et sa disponibilité. Il y a ses parents qui malgré leur maladresse aiment profondément leur famille. Et puis, il y a Marge, la soeur de Russ, qui mériterait un livre rien qu'à elle tant elle est géniale, unique et émouvante. J'ai adoré leur relation, les petites piques qu'ils s'envoient, leur humour bien à eux, leur complicité merveilleuse.

 

 Si j'ai trouvé le début un peu long, j'ai littéralement dévoré le reste du roman sans m'en rendre compte. Non pas que le reste du livre soit différent du début, mais plutôt parce que je me suis sincèrement attachée à (presque) tous les personnages. J'aurais même eu envie de les suivre plus longtemps. Ce roman m'a fait passer par toutes sortes d'émotions. J'étais parfois totalement révoltée et en colère, prête à balancer le livre et à hurler à Russ de ne pas se laisser faire. A d'autres moments, j'avais les larmes aux yeux ou je riais face aux petits moments de tendresse partagés par les uns et les autres. La fin m'a scotchée et j'ai pleuré comme une madeleine. Je ne m'attendais vraiment pas à ressentir autant de choses. J'ai même éprouvé de la fierté en voyant Russ grandir, s'affirmer et s'épanouir. Il a gravi des montagnes depuis le début le livre et on se sent privilégié d'avoir vu cette évolution mais tout de même un peu triste de le quitter et de quitter tout ce petit monde. Ce n'est pas seulement l'histoire d'un père et de sa fille à un moment de leur vie. C'est l'histoire d'un homme, de sa vie entière, de ce qu'il éprouve, de ce qu'il vit, de ce qu'il espère. C'est aussi un roman d'amour. De l'amour sous toutes ses formes : l'amour entre un homme et une femme, l'amour entre deux femmes, l'amour entre un père et sa fille, l'amour au sein d'une famille, l'amour d'un ami qui nous donne la force de nous lever chaque jour, le soutien de nos proches qui nous aide à tenir. Un livre rempli de justesse et d'émotions. Merci Mr Sparks pour cette lecture intense et profondément émouvante. Russ, Liz, Marge, London, Emily et les autres resteront dans mon coeur.

 

En quelques mots :

Il faut savoir être patient pour apprécier ce roman qui en vaut vraiment la peine et qui se révèle profondément émouvant et inoubliable. J'ai ressenti beaucoup d'émotions différentes et j'en suis la première surprise. Je ne m'attendais pas à ça !

 

 

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2017-10-17T07:44:41+02:00

Les Anges de Lovely Lane

Publié par MyaRosa

The Angels of Lovely Lane - Nadine Dorries

429 pages, City éditions, septembre 2017

L'histoire :

Angleterre, années 50. Pour Dana, Victoria, Beth et Pammy, intégrer l'école d'infirmière de Lovely Lane représente une chance unique. Qu'elles fuient la pauvreté ou une existence ennuyeuse dans une famille aristocratique, Lovely Lane est leur seule échappatoire.

Mais la réalité de l'hôpital se révèle bien plus dure que ce qu'elles avaient imaginé. La souffrance, la peur, la maladie rythment leur quotidien. De même que l'excitation de la découverte d'une nouvelle ville et les sourires des étudiants médecins.

Et lorsqu'une jeune fille inconnue est admise à l'hôpital après un avortement expédié dans une arrière-cour, c’est le début d’une tragédie qui ébranle tout l’hôpital. Et qui, surtout, va sceller à tout jamais l'amitié de ces jeunes femmes au service des plus démunis...

 

Mon avis :

 

 Nadine Dorries nous fait remonter le temps et nous entraîne en Angleterre dans les années 1950. La guerre est encore partout, dans les esprits, dans les rues ravagées et dans les coeurs. Tout le monde essaie d'aller de l'avant et chacun s'y prend à sa manière. Certains préfèrent ne plus jamais en parler et passent devant les quartiers qui n'existent plus sans émettre le moindre commentaire. D'autres ont besoin d'en parler et de pleurer et ne peuvent pas reprendre une vie normale. Des familles entières ont disparu, certaines personnes se retrouvent seules, d'autres se sont retrouvées après une longue séparation et ne veulent plus jamais être séparées.

 

 C'est dans ce contexte très fort que se déroule cette histoire et que nous faisons connaissance avec les personnages de Lovely Lane. Il y a d'abord les étudiantes infirmières qui viennent toutes de milieux différents mais partagent le même rêve. Dana vient d'un petit village irlandais. Si elle rate sa formation, elle sait qu'elle n'aura d'autre choix que de respecter la décision de son père. Elle devra épouser le fils du voisin, un homme rustre et violent, et consacrer sa vie à la ferme familiale. Victoria vient d'une famille aristocratique endettée qui se noie dans le désespoir et la tristesse depuis des années. Elle voudrait échapper à tout cela et rêve de faire un travail utile à la société. Pammy vient d'un quartier modeste de Liverpool. Elle a un fort caractère et est déterminée à devenir infirmière et est soutenue par toute sa famille. Beth est quant à elle assez mystérieuse. C'est une madame je-sais-tout assez horripilante qui se dévoile un peu plus au fil du roman...

 

 Et puis, il y a tout le personnel de l'hôpital : les brancardiers, les autres infirmières, les médecins, la direction et les domestiques. Certains sont attachants et bienveillants alors que d'autres sont absolument détestables. On suit tout ce petit monde, leur quotidien, leurs querelles, les cas auxquels ils sont confrontés, les ragots, les histoires d'amour, les manipulations, etc... J'ai trouvé cela passionnant ! Ca m'a rappelé d'autres livres que j'adore : "Les Filles du Nightingale" de Donna Douglas et la saga du bord de mer de Tamara McKinley - "Et le ciel sera bleu" / "Si loin des siens" - et bien sûr la série TV Call the midwife inspirée par les mémoires de Jennifer Worth que je vous recommande aussi. Je n'ai pas vu le temps passer et je n'avais vraiment pas envie de quitter les personnages.

 

Souvent, lorsque j'arrive à la fin d'un livre, je pense déjà à ce que je vais lire ensuite et à ces autres histoires qui m'attendent et que je suis impatiente de découvrir. Mais pas avec Les Anges de Lovely Lane. Ce livre m'a plutôt fait le même effet que ces séries TV qui me tiennent en haleine durant des semaines et des semaines et dont j'attends chaque nouvel épisode avec impatience. Je me suis attachée aux personnages. Ils m'ont tenu compagnie et j'ai eu l'impression de les connaître et même d'être à leurs côtés. Je n'avais pas du tout envie de tourner la dernière page et je suis d'ores et déjà impatiente de lire la suite de cette trilogie (d'après mes recherches, il y a un quatrième livre dont la sortie est prévue prochainement en VO, une histoire de Noël !)

 

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR !

Un livre passionnant que j'ai adoré du début à la fin et qui plaira à coup sûr à tous les lecteurs qui aiment les romans forts, dramatiques et émouvants.

 

 

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2017-09-24T20:33:57+02:00

Un été près du lac

Publié par MyaRosa

The Lost Girls - Heather Young

377 pages, éditions Belfond, septembre 2017

L'histoire :

1935. Comme tous les ans, Lucy, Lilith et leur petite sœur Emily viennent passer l'été en famille dans leur chalet, sur les bords d'un lac du Minnesota. Mais un matin, Emily est introuvable. Qu'est-il arrivé à l'enfant de six ans ? Nul ne semble le savoir. Et alors que, fou de douleur, leur père se suicidera, Lucy, Lilith et leur mère resteront toute leur vie dans ce chalet, à attendre l'improbable retour de la petite préférée.


1999. Lucy vient de mourir, léguant le chalet et tous ses biens à sa petite nièce Justine. Un héritage qui arrive juste à temps pour la jeune femme qui doit fuir San Diego et une histoire d'amour abusive, pour mettre à l'abri ses deux filles. Mais le vieux chalet n'a rien d'une chaleureuse villégiature. La maison est isolée et son seul voisin est un vieil homme bourru, probablement fou. Alors que la jeune femme tente de transformer la lugubre bâtisse en foyer pour elle et ses filles, son aînée développe soudain une étrange obsession pour Emily, leur aïeule disparue. Car la maison n'a pas dévoilé tous ses secrets. Là, dans les affaires laissées par Lucy, se cache un journal. Les Mémoires d'une petite fille naïve qui a laissé se dérouler un drame si terrible que, soixante ans plus tard, sa famille en porte encore la trace...

 

Mon avis :

 

 Ce roman avait vraiment tout pour me plaire : une vieille maison et ses mystères, un drame, des secrets de famille, une histoire entre passé et présent et plusieurs générations de femmes d'une même famille que l'on découvre au fil des pages. J'étais vraiment impatiente de le commencer mais j'étais loin de me douter qu'il me remuerait à ce point ! Quelle claque !

 

 J'ai adoré écouter Lucy raconter ses souvenirs d'enfance dans les années 1930. C'était comme si la vieille femme redevenait à la petite fille innocente et insouciante qu'elle était à l'époque. Elle écrit pour Justine, sa petite-nièce, mais comme les deux femmes ne se connaissaient pratiquement pas, on a l'impression que Lucy se confie à nous. On ne sait pas encore où tout cela va nous mener, mais on sait que l'on partage quelque chose d'intime et de précieux. On imagine sans peine Lilith et Lucy heureuses à l'idée de retrouver leur résidence d'été et de pouvoir passer leur temps à inventer toutes sortes d'histoires et de jeux, à nager, à se balader au bord du lac et à rêver d'un avenir radieux. J'ai aimé leur complicité, leur imagination débordante et leur joie de vivre, tout simplement. C'est d'autant plus touchant que l'on sent dès le début que cela ne durera pas. Que quelque chose est en train de se briser et que tout cela va voler en éclat.

 

 Car cet été-là n'est pas vraiment comme les précédents... Lilith est plus distante. Elle se met à passer du temps avec d'autres filles de son âge plutôt qu'avec sa soeur, elle commence à regarder les garçons, à vouloir raccourcir un peu ses robes. Lucy ne comprend pas ce qui arrive à sa soeur et voudrait juste que tout soit comme avant... Et puis, il y a Emily. La préférée. Celle qui dort avec leur mère. Celle qui est gardée jalousement, surprotégée, cajolée, chouchoutée. Celle que les deux grandes n'incluent jamais dans leurs jeux. Celle qui va disparaître en bouleversant leurs vies à jamais. La petite fille disparue que tout le monde attend encore des décennies après et dont l'absence se fait cruellement ressentir jusque dans les murs de la maison. Que lui est-il arrivé cet été-là ?

 

 Et puis bien sûr, il y a Justine et ses filles. Les dernières femmes de la famille Evans qui reviennent sur les lieux du drame sans rien connaître de leurs ancêtres. Elles aussi ont des secrets... Jour après jour, elles vont tenter de s'approprier les lieux et d'en savoir plus sur Lucy, Lilith, Emily et tous les autres. Que s'est-il passé dans cette maison ? Pourquoi les femmes de la famille - à part la mère de Justine - n'ont-elles jamais réussi à quitter ces lieux maudits ? Cette maison est d'ailleurs un personnage à part entière. Elle est glaciale, pleine de courants d'air et d'humidité, lourde de mystères, d'absence, de fantômes et de secrets restés trop longtemps enfouis, pourrissants les murs année après année. Et pourtant, il y a quelque chose dans ce lieu qui fait que même si on voudrait fuir le plus loin possible, on y reste... On s'y sent à la fois bloqué et en sécurité.

 

 J'ai vraiment adoré l'atmosphère de ce roman et cette histoire mystérieuse et dramatique. Je ne m'attendais pas à tout ça et j'ai été surprise et bouleversée. Je me suis profondément attachée aux personnages de ce roman et à ce lieu hypnotique que je n'oublierai pas. Heather Young nous transporte à une autre époque. Elle la fait revivre comme si nous y étions. On a l'impression d'assister à tout. Il y a des scènes dramatiques, d'autres qui prennent sens à la fin mais aussi des passages d'une grande beauté. Il y a toujours quelque chose de touchant lorsque l'on aborde la fin de l'enfance et de l'innocence, tout comme la fin de l'été et je trouve qu'Heather Young l'a fait avec beaucoup de sensibilité et de justesse. Elle nous offre un roman tragique et magnifique.

 

En quelques mots :

"Un été près du lac" est un roman profondément émouvant que vous ne pourrez ni lâcher ni oublier !

 

 

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2017-08-28T09:06:35+02:00

Les Lumières de Cape Cod

Publié par MyaRosa

Tiny Little Things - Beatriz Williams

397 pages, éditions Belfond (Le Cercle), juin 2017

L'histoire :

1966, Cape Cod. Christina, la troisième sœur de la famille Schuyler, la plus élégante, la plus douce, la plus parfaite. Mariée à Frank Hardcastle, homme politique très influent, Tiny mène une vie de gala et de cocktails dans les jardins cossus de Cape Cod, où les Hardcastle ont établi leur bastion. Mais alors que Frank est donné favori pour les élections présidentielles, deux événements viennent troubler la vie a priori idyllique de sa belle épouse : c'est d'abord les courriers menaçants d'un maître chanteur ; puis, les retrouvailles inattendues et déstabilisantes avec le vétéran Caspian Harrison, de retour de la guerre du Vietnam. Avec ce premier amour qui réapparaît, c'est tout le passé de Tiny qui ressurgit. Un passé bien moins lisse qu'il n'y paraît, fait de passion, de mensonges, de drames. Et dont l'écho, s'il venait à gronder, pourrait nuire à la réputation irréprochable de toute la famille Hardcastle...
Les sentiments ont-ils une place dans la course au pouvoir suprême ?

 

Mon avis :

 

 Il y a un peu plus d'une semaine, je vous ai parlé d'un roman qui m'a beaucoup plu : La Vie secrète de Violet Grant. Je n'ai pas pu attendre plus longtemps avant de me plonger dans la suite de la saga pour découvrir l'histoire d'une autre soeur Schuyler. Si les livres peuvent se lire dans le désordre, j'ai préféré respecter l'ordre de publication et j'ai bien fait car j'ai ainsi pu avoir des nouvelles de quelques personnages croisés dans le roman précédent.

 

 J'avais adoré suivre Vivian et Violet mais je crois que j'ai encore plus aimé l'histoire de Tiny ! J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture délicieuse, parfois piquante et souvent pleine d'humour, de Beatriz Williams. Les romans de cet auteur sont comme des petits bonbons que l'on savoure et que l'on aimerait faire durer le plus longtemps possible...

 

 

 Tiny est la plus sage des soeurs Schuyler. Elle a une vie de rêve. La vie qu'elle espérait. Celle qu'on lui promet depuis son plus jeune âge. Elle a épousé son amour de jeunesse, un homme beau, bienveillant, attentionné, intelligent et fortuné qui est promis à un brillant avenir en politique. Tout semble lui réussir. Ils forment la famille idéale. Du moins, en apparence. Car si on creuse un peu, on se rend compte que Tiny est loin d'être une femme épanouie... Après plusieurs fausses couches et deux années passées à sourire aux photographes et à faire ce que l'on attendait d'elle, elle en a assez de cette vie qui sonne faux. Elle commence à se sentir prisonnière et ne supporte plus sa belle-famille qui veut tout contrôler. Ce n'est pas un homme qu'elle a épousé, c'est toute une famille, un style de vie et des engagements sur toute une vie. C'est comme si elle avait renoncé à sa liberté et à ce qu'elle est au fond d'elle-même. Et puis, Tiny a un secret...

 

 Dans ce roman, les chapitres sont alternés. Nous suivons Tiny juste avant son mariage et deux ans après. J'ai vraiment adoré Tiny. Elle est touchante. On sent tout de suite qu'elle est moins lisse et moins parfaite qu'elle ne le montre. On sent qu'elle a des failles et des secrets que l'on a envie de découvrir. Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements. On ne s'ennuie pas une seconde ! J'ai beaucoup aimé découvrir les zones d'ombre de la famille Hardcastle et retrouver quelques membres de la famille Schuyler. Il y a des personnages qui sont vraiment détestables et d'autres totalement irrésistibles. Certains sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le décor, le contexte et les thèmes abordés m'ont beaucoup plu. Cape Cod, les années 1960, le luxe, le monde politique et ses secrets, l'upper class et ses mystères, la place de la femme à cette époque, l'amour, les scandales... Beatriz Williams nous montre, avec beaucoup d'aisance et d'habileté, la face cachée d'une famille dorée comme celles qui sont enviées par le monde entier et les dessous du monde politique et du mariage dans un contexte bien particulier. C'est à la fois délicieux, noir et glaçant ! J'ai adoré !

 

En quelques mots :

Coup de coeur pour ce roman totalement addictif et éblouissant qui est aussi sombre que délicieux. Je suis totalement conquise par les romans de Beatriz Williams et déjà impatiente d'en découvrir d'autres.

 

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2017-08-24T09:29:53+02:00

La Fièvre de l'aube

Publié par MyaRosa

Hajnali lázPéter Gárdos

238 pages, éditions 10/18, avril 2017

L'histoire :

1945, Suède. Jeune Hongrois rescapé des camps, tuberculeux, Miklos a six mois à vivre, et prend une folle décision : se marier et guérir. Parmi les cent dix-sept réfugiées à qui il écrit : Lili Reich, survivante elle aussi. Bravant un monde où le bonheur semble impossible, ils soulèveront des montagnes pour se retrouver... A leur fils, Péter Gardos, de conter le roman vrai de cet amour fou. Un roman incroyable et incroyablement beau, où vibrent l'Histoire, terrible, et l'Amour, lumineux.

 

Mon avis :

 

 "La Fièvre de l'aube" est un récit lumineux, poétique et profondément émouvant. Il est d'autant plus touchant qu'il raconte l'histoire des parents de l'auteur, deux jeunes gens rescapés des camps de concentration qui ne vont écouter que leur coeur pour aller de l'avant et être heureux après les horreurs qu'ils ont vécu.

 

 Leur rencontre n'est pas banale. Miklos est condamné. Il n'a plus que quelques mois à vivre, mais il refuse de l'entendre et de s'avouer vaincu. Ce jeune hongrois qui souffre de tuberculose et se retrouve loin de son pays natal va écrire à des jeunes filles qui sont dans la même situation que lui. Ces filles, il ne les connaît pas, mais il va leur écrire une lettre. La même. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Lili Reich. Elle va être sa lumière, son amour, son espoir, celle qui le poussera à croire en l'impossible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 J'ai été touchée par ces personnages. Miklos est plein de détermination. On sent en lui l'urgence et la rage de vivre. Il a traversé tant d'horreurs qu'il ne peut pas accepter que sa vie s'arrête comme ça, une fois la guerre terminée et le calme revenu. Il ne peut pas mourir. Il ne veut pas mourir. Il n'est pas là pour rien. Il a tant de choses à vivre et à construire. Il se lance dans un projet fou et n'hésite pas à envoyer balader ceux qui se mettent en travers de son chemin. Et puis, il y a Lili. La douce et gentille Lili qui m'a émue parce qu'elle est à la fois forte et fragile. J'ai compris son besoin de changer, son rejet de la religion, ses craintes. Mon passage préféré reste leur rencontre en chair et en os que j'ai trouvé particulièrement belle et émouvante.

 

 Ils ont tous les deux vécu des choses terribles mais ils n'en parlent pas. Leurs lettres n'évoquent pas les camps et les images qui les hantent, elles parlent d'espoir, d'avenir, de bonheur et du quotidien. Après ce qu'ils ont traversé, ils ont besoin de normalité. Ce livre est assez unique en son genre. Ce n'est pas un roman épistolaire comme on pourrait le penser. L'auteur nous raconte l'histoire de ses parents et ce qu'ils ne se disent pas et il nous livre aussi des extraits de leurs lettres. Le sujet est terrible mais le livre est plein d'optimisme, de douceur, de légèreté et de lumière. Une très belle lecture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En quelques mots :

Un livre étonnant, lumineux et plein d'espoir.

 

< Ce livre a fait l'objet d'une adaptation que j'aimerais beaucoup visionner. >

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2017-08-19T12:47:56+02:00

La Vie secrète de Violet Grant

Publié par MyaRosa

The Secret Life of Violet Grant - Beatriz Williams

537 pages, éditions Belfond, juin 2016

L'histoire :

Du New York des sixties au Tout-Berlin d'avant guerre, en passant par Londres et Paris, une saga trépidante, le portrait de deux femmes indomptables, au destin bousculé par la passion, la soif d'indépendance et le goût du scandale.


Manhattan 1964. Alors qu'elle végète à un poste de pigiste, Vivian reçoit un colis qui va radicalement changer sa vie : une valise, égarée depuis cinquante ans, qui aurait appartenu à sa grand-tante Violet. Qu'est devenue cette brillante scientifique, qui rêvait de devenir la première physicienne américaine ?
À en croire la légende familiale, elle aurait fui l'Europe en 1914 au bras de son amant, après avoir assassiné son époux. Personne ne l'a revue depuis.

Piquée par la curiosité, l'apprentie journaliste se lance dans une enquête sur sa sulfureuse aïeule, avec qui elle ne tarde pas à se découvrir de nombreux points communs : le rêve d'un avenir hors des sentiers battus, des amours compliquées... et toutes deux prêtes à tout pour l'homme de leur vie. Au fur et à mesure que se révèle la vie secrète de Violet Grant, Vivian n'aura bientôt plus qu'une idée en tête : la rencontrer...

 

Mon avis :

 

 Cela faisait un bout de temps que j'avais envie de découvrir les romans de Beatriz Williams et en particulier la saga des soeurs Schuyler qui débute avec ce roman. Dès les premières lignes, j'ai été surprise. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi... drôle ! Le début est un mélange savoureux de chick lit et de vintage et c'est un régal ! Vivian est irrésistible, très attachante et elle m'a fait beaucoup rire. Même si cette partie du roman se déroule dans les années 1960, Vivian semble tout droit sortie des années folles. C'est une femme vive, moderne et enjouée à la répartie mordante et qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Elle sait ce qu'elle veut et n'a aucune envie de se contenter d'une vie sans relief. Elle veut vibrer ! Malgré tout et même si elle ne veut pas se l'avouer, elle est aussi fragile. C'est une femme généreuse et loyale qui ne pourrait pas écraser les autres pour réaliser ses rêves et qui serait prête à faire beaucoup de sacrifices pour ceux qu'elle aime. Je l'ai trouvé vraiment géniale !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Et puis, bien sûr, il y a Violet qui n'est pas moins fascinante et attachante. Elle aussi est à la fois forte et fragile et en avance sur son temps. Ces deux femmes dont nous suivons les histoires en parallèle ont beaucoup de choses en commun... J'ai beaucoup aimé les suivre et découvrir leurs secrets. La partie consacrée à Violet est plus grave et sérieuse et donne une autre dimension au roman. On parle de recherches et de guerre, de trahison, d'amour et de haine. Le mélange des deux genres est surprenant mais surtout très réussi. Il y a beaucoup de mystère et de rebondissements, dans ce roman. On ne s'ennuie pas une seconde ! On rit, on frémit, on tremble, on doute, on imagine, on redoute... Les personnages m'ont plu, ils ont tous des choses à cacher et on s'amuse à essayer de les cerner. J'ai passé un très bon moment et j'ai déjà hâte de continuer la saga ! L'aventure se poursuit avec "Les Lumières de Cape Cod" et c'est Tiny, une autre soeur Schuyler que l'on va découvrir. Je vous en parlerai très bientôt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En quelques mots :

Un livre passionnant rempli de mystères, de secrets et de rebondissements. Souvent drôle, parfois triste, toujours mouvementé ; avec ce roman on ne voit pas le temps passer !

 

 

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2017-07-23T16:59:09+02:00

Si j'avais su que tu deviendrais si belle, je ne t'aurais jamais laissée partir

Publié par MyaRosa

If I Knew You Were Going To Be This Beautiful,

I Never Would Have Let You Go - Judy Chicurel

398 pages, éditions Nil, mars 2017

 

L'histoire :

Depuis sa rue de Comanche Street, à Long Island, Katie Hanson fait partie de cette jeunesse qui regarde de loin le rêve américain. Alors qu’en 1972 commence son dix-huitième été, que les soirées rallongent, que les rues et la plage s’animent, elle a le sentiment que sa vie reste en suspens. Ses pensées sont ailleurs, tournées vers sa mère qui l’a abandonnée, et vers Luke qu’elle aime secrètement et qui revient, transformé, de deux ans au Vietnam. Entre les confidences de ses meilleures amies et les soirées au bar de l’hôtel Starlight ou le jukebox entonne les classiques de l’époque, il y a pourtant de quoi la divertir. Mitch, vétéran à la jambe de bois qui noie son traumatisme dans l’alcool, y a élu domicile. Tous deux se lient d’amitié. Sous la chaleur écrasante et moite, le temps semble suspendu et propice à la réflexion sur la route à prendre, sur ceux qui nous entourent et que l’on va quitter.

 

Mon avis :

 

 Il y a des romans qu'on n'oublie pas. Des livres qui remuent quelque chose en nous et qui laissent une empreinte indélébile dans notre coeur. Le roman de Judy Chicurel est de ceux-là. Pourtant, je n'ai pas connu l'enfance de Katie. Je n'ai pas grandi aux Etats-Unis dans les années 70, je n'ai jamais visité Long Island, je n'ai pas grandi dans un milieu où l'alcool, le tabac et la drogue étaient banalisés et pourtant... je me suis retrouvée dans tout cela. Petite madeleine de Proust, ce roman a fait ressurgir des odeurs, des sensations, des sentiments enfouis et des instants de mon enfance que je croyais oubliés.

 

 J'en avais parlé dans mon billet sur "La Ferme des Miller", mais les histoires dans lesquels un personnage s'accroche désespérément à son passé et à son enfance et tente d'arrêter le temps me touchent profondément et Katie m'a vraiment émue. Autour d'elle, les choses sont en train de changer. Les gens grandissent, s'en vont, rêvent d'ailleurs alors que Katie, elle, semble pleinement épanouie dans cette vie-là. Même si elle dit parfois le contraire, je ne pense pas qu'elle attende quelque chose d'autre. Je pense qu'elle voudrait au contraire que rien ne change, que cette vie-là dure toujours. Elle est un peu en retrait, c'est vrai, mais je ne pense pas qu'elle espère un grand bouleversement tant elle aime ce qu'elle a. Elle a peur du changement. Peur qu'en changeant un petit quelque chose, tout change.

 

 

 Je sais que le titre de ce roman fait beaucoup parler sur la toile, pourtant il est vraiment anecdotique. On imagine une histoire d'amour et la beauté comme seul argument de regret pour un amour perdu, mais ça n'a franchement rien à voir. Pour moi, ce livre, c'est le portrait de toute une communauté à une époque précise. On suit les gens de tout un quartier, on partage leur quotidien et leurs histoires. On les découvre à travers le regard de Katie qui ne porte aucun jugement, bien au contraire, elle voit au-delà des apparences et la bonté parfois bien caché au fond des gens. Il y a des jeunes rongés par la drogue qui reproduisent le même schéma que leurs parents ou qui, au contraire, veulent à tout prix s'en sortir. Il y a ces parents qui noient leurs regrets dans l'alcool ou qui décident qu'il n'est pas trop tard pour prendre un nouveau départ. Il y a ces filles qui se laissent ensorceler par un garçon et regrettent toute leur vie de ne pas avoir résisté. Il y a ces êtres un peu perdus parce qu'excentriques, parce qu'homosexuels, parce que différents du voisin, parce que trop ou pas assez comme ceci ou comme cela. Il y a des hommes vieux avant l'âge car ruinés par la guerre et les horreurs qu'ils ont vécu. Et il y a Katie, une jeune fille bien dans ses baskets - même si elle a toujours peur de décevoir son entourage - qui est un peu bloquée entre l'enfance et l'âge adulte et ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait. Une jeune fille pas encore femme qui attend autant qu'elle redoute que quelque chose lui arrive.

 

 J'ai aimé ces gens, je me suis attachée à eux malgré leurs défauts ou leurs différences et j'ai aimé la manière dont Katie et Judy Chicurel nous les décrivent.  Il y a beaucoup de fragilité, de tendresse, de sensibilité et d'humanité dans ce roman et on a beaucoup de mal à tourner la dernière page. Je suis tout à fait d'accord avec ce qui est écrit sur la quatrième de couverture. C'est comme une vieille photo "aux couleurs défraîchies que l'on regarde avec nostalgie et tendresse". Je me sens à la fois triste et heureuse après cette lecture. Heureuse d'avoir rencontré ces gens et d'avoir partagé ces instants, heureuse d'avoir vu ressurgir quelques parties de mon enfance et triste de laisser tout cela derrière moi et de les regarder s'envoler à jamais. C'est un roman d'atmosphère vraiment envoûtant. Il y a même une playlist pour nous mettre dans l'ambiance et nous transporter encore un peu plus dans les seventies ! Quoi de mieux qu'un été qui se termine dans une petite ville qui a connu son heure de gloire mais n'est plus ce qu'elle était pour parler de nostalgie ? Si vous cherchez une histoire pleine de rebondissements, passez votre chemin, mais si vous êtes sensibles et un peu nostalgiques, vous succomberez à coup sûr au charme de ce très beau roman. Moi, j'ai adoré et j'en ai le coeur tout retourné ! C'est le genre d'écriture et d'histoire qui me bouleversent. Le genre de romans que j'aime.

 

En quelques mots :

Un roman d'atmosphère poétique et émouvant qui touchera à coup sûr les sensibles et les nostalgiques. J'ai adoré !

 

 

Quelques extraits :

 

"[...] j'avais parfois encore l'impression de voir défiler ma vie comme dans un film dans lequel jouaient toutes les personnes que je connaissais au monde, sauf moi." (Page 11)

 

"On est tous des enfants perdus à un moment de notre vie." (Page 160)

 

"La vie est un banquet, et toi, tu voudrais bouffer des miettes jusqu'à la fin de ta vie ?" (Page 276)

 

"Nous fîmes quatre essais avant d'obtenir la photo que nous voulions et après laquelle rien ne serait jamais plus pareil. [...] C'est une super photo qui, lorsqu'on la regarde longtemps, sous un certain angle, pourrait presque donner à entendre nos rires, nos rires de plus en plus lointains, nos rires s'effaçant petit à petit, comme le souvenir d'une cicatrice ou d'un autre temps." (Page 295)

 

"[...] l'été était fini, et tout le monde se mit à parler de partir, de s'en aller vivre dans les communautés de Californie ou du Nouveau-Mexique, de déménager à Manhattan pour décrocher un boulot mieux payé, ou bien au Canada pour échapper à l'armée. "Il est temps de vivre, les mecs", disaient-ils tous, ce qui me faisait peur et me rendait triste, car j'avais depuis tout ce temps l'impression de vivre, l'impression d'être différente des autres, nous croyant tous unis et heureux de savoir que nous nous retrouverions pour d'autres étés à Comanche Beach, assis serrés les uns contre les autres comme les maillons d'une chaîne baignée de soleil que l'on ne pourrait jamais briser. Des années plus tard, Liz, [...] d'un ton moitié méprisant, moitié dépité, me dit : "On aurait dit que tout le monde savait que c'était une illusion, mais que tu étais la seule à y croire vraiment."

 Et j'y croyais, oui, je croyais à cette illusion et continuerai d'y croire [...] persuadée que je reviendrai un jour et retrouverai ce que j'avais laissé derrière moi." (Pages 396-397)

 

 

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2017-07-17T16:00:44+02:00

A nos vies (presque) parfaites !

Publié par MyaRosa

Your perfect life - Liz Fenton & Lisa Steinke

375 pages, éditions Pocket, juin 2017

L'histoire :

Casey et Rachel sont inséparables depuis leurs années de lycée. Pourtant leurs vies sont diamétralement opposées ! Tandis que Casey, jolie célibataire sans enfant, ne vit que pour sa brillante carrière d’animatrice télé, Rachel a épousé son premier amour et jongle entre les couches de la petite dernière et deux adolescentes rebelles.
Lors d’une soirée d’anciens élèves, une dispute éclate entre les deux amies qui se jalousent mutuellement. Et c’est là qu’un barman étrange leur offre un drôle de cocktail. Le lendemain, chacune se réveille dans le corps de l’autre. L’expérience est amusante, jusqu’à ce que l’une des deux ne veuille plus revenir en arrière…

 

Mon avis :

 

 Si vous cherchez une lecture d'été légère, drôle et pétillante, j'ai ce qu'il vous faut : "A nos vies (presque) parfaites !" Ce roman, je l'ai choisi parce que le résumé me faisait beaucoup penser au film Freaky Friday que j'ai regardé des dizaines et des dizaines de fois et aussi parce que cette couverture poche me plaît beaucoup (oui, c'est futile mais ça compte, non ?!). Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de chick lit et j'ai passé un très bon moment.

 

 Casey et Rachel avaient des vies et des envies similaires lorsqu'elles étaient jeunes. Elles pensaient que rien ne pourrait jamais les séparer. Pourtant, presque vingt ans plus tard, si elles sont toujours amies, leurs vies sont diamétralement opposées. L'une est mère au foyer tandis que l'autre est célèbre et célibataire. Secrètement, elles se jalousent, se moquent l'une de l'autre et ne se comprennent plus vraiment. Lors d'une soirée bien arrosée, elles vont se retrouver dans la peau l'une de l'autre. D'abord surprises et affolées, elles vont se prendre au jeu et tenter de rentrer au mieux dans leur personnage attendant de trouver une solution pour que tout rentre dans l'ordre.

 

 Elles vont vite se rendre compte que les apparences sont trompeuses... Si Casey semble avoir une vie de rêve, la célébrité a un prix. Tout le monde n'attend qu'une chose : qu'elle fasse une erreur, un faux pas. Elle est observée et sous pression en permanence et aussi désespérément seule... Et si Rachel ne s'en est jamais plainte, sa vie n'a finalement rien d'un conte de fées... Son mari ne la regarde plus, ses filles lui parlent mal et elle n'a pas une minute à elle. Elle s'occupe de tout le monde sauf d'elle-même, s'effaçant peu à peu. Finalement, aucune des deux n'est vraiment heureuse mais il ne faudrait peut-être pas grand chose pour que les choses changent. Pourquoi pas le coup de pouce d'une amie ?

 

 Alors oui, c'est vrai, il y a des clichés et on devine comment les choses vont tourner, mais on s'en fiche car on ne s'ennuie pas une seconde ! Et puis, il y a des choses qui m'ont touchée et cette histoire est beaucoup moins superficielle que les commentaires écrits à son sujet ne le laissent penser. J'ai passé un très bon moment avec ces deux femmes et j'ai beaucoup aimé cette histoire qui est drôle et agréable à lire mais un peu moins légère qu'elle n'y paraît. J'aimerais beaucoup voir ce livre adapté pour la télévision ou le cinéma. C'est une belle histoire d'amitié qui parlera à toutes les femmes, je pense car elle aborde les choix et les problèmes auxquels nous sommes toutes confrontées : la carrière, la famille, la maternité, l'amour, l'amitié, etc... C'est un livre qui nous montre que rien n'est irrévocable et que l'on peut décider d'être heureux/se !

 

En quelques mots :

Une comédie drôle et pimentée, parfaite pour l'été !

 

 

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2017-07-01T20:55:34+02:00

Umami

Publié par MyaRosa

Laïa Jufresa

307 pages, éditions Folio, avril 2017

Quatrième de couverture :

« Tenter de dire qui était ma femme est aussi indispensable qu’impossible à expliquer, comme l’umami, ce goût imprégnant les papilles sans pour autant se laisser saisir, naviguant tranquille entre salé et sucré. Un titre parfait parce qu’incompréhensible ; d’ailleurs, je n’ai jamais totalement compris Noelia Vargas Vargas. Voilà peut-être pourquoi je ne me suis jamais lassé d’elle. Peut-être que c’est uniquement ça l’amour. »

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Umami est un roman unique en son genre qui porte très bien son nom puisqu'il nous délivre toute une palette de saveurs, de couleurs et d'émotions. C'est un roman choral qui donne la parole aux habitants d'un petit quartier mexicain. On suit leur quotidien, on les découvre page après page, on apprend à les connaître. Tous ont eu de grandes épreuves à surmonter et se sentent seuls. Ils trouvent du réconfort comme ils le peuvent, parfois en faisant des choses totalement étranges mais qui ne font de mal à personne. Inventer des noms pour décrire des couleurs, promener des bébés qui n'en sont pas, créer une milpa, etc...

 

 Le roman de Laïa Jufresa est un peu comme ses personnages, en fait. Déconcertant et étrange au début, il se révèle finalement très émouvant. C'est un livre particulier qui ne plaira pas à tout le monde. Il y a quelque chose d'assez déconcertant dans l'intention et dans la construction. On se sent parfois loin de tout ce que ressentent les personnages alors qu'à d'autres moment ce qu'ils partagent est presque trop intime. Il m'a fallu un peu de temps et de recul pour pouvoir l'apprécier pleinement. Je me suis d'abord sentie très différente des personnages et puis au fil des pages quelque chose s'est passé. La magie a opéré et je me suis retrouvée dans leur solitude, dans leurs deuils, dans leurs regrets et dans leurs espérance. Il y a quelque chose d'universel qui ne peut pas laisser indifférent. Laïa Jufresa décrit avec beaucoup de justesse et d'empathie la vie avec tout ce qu'elle a de positif et de négatif. Elle décrit les joies, les peines, la vie de famille, les petits bonheurs et les grands malheurs. Elle nous offre un roman qui est à la fois triste et beau.

 

En quelques mots :

Un roman déconcertant qui demande un peu de patience. Il faut prendre du recul et se laisser porter pour pouvoir l'apprécier et cela en vaut la peine car on y trouve beaucoup de justesse, d'humanité, d'empathie et de tendresse.

 

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2017-06-26T15:28:53+02:00

Agatha Raisin enquête #04 : Randonnée mortelle

Publié par MyaRosa

The Walkers of Dembley - M.C. Beaton

243 pages, éditions Albin Michel, novembre 2016

L'histoire :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l'impression d'enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.
Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d'affaires criminelles. Comme le meurtre d'une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.
Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d'un tueur se perd aussi facilement que la tête ou... la vie !

 

Mon avis :

 

 Si ce tome a une construction un peu différente par rapport aux précédents, c'est toujours un régal ! Quel plaisir de retrouver Agatha et James dans une nouvelle enquête ! Les voilà infiltrés dans un groupe de randonneurs, se faisant passer pour mari et femme, afin d'enquêter sur le meurtre d'une jeune femme. En essayant de réunir des indices, ils se rendent vite compte que les suspects sont nombreux. Cette femme s'était mise beaucoup de monde à dos et de nombreuses personnes avaient tout intérêt à ce qu'elle disparaisse...

 

 

 Je dois avouer que le village de Carsely m'a un peu manqué. J'adore me balader dans les rues et les différentes maisons, écouter les ragots et croiser les habitants qui nous sont maintenant familiers. Néanmoins, j'ai beaucoup aimé ce tome car les pistes sont nombreuses. Les personnages sont tous plus louches les uns que les autres alors on envisage tout et son contraire. On sent que le meurtrier est tout près et que le risque est grand et c'est aussi angoissant qu'excitant. Cette fois encore, je n'ai pas vu le temps passer et j'ai été très surprise par les dernières pages. Tellement surprise que j'ai immédiatement commandé la suite. J'ai vraiment hâte de m'y plonger. Cette série est tout simplement géniale ! C'est drôle, ça détend et je suis sûre de passer un bon moment à chaque fois.

 

 

En quelques mots :

Un tome un peu différent des autres mais qui se révèle plein de surprises !

 

A lire aussi :

Agatha Raisin enquête #01 : La Quiche fatale

Agatha Raisin enquête #02 : Remède de cheval

Agatha Raisin enquête #03 : Pas de pot pour la jardinière

 

***

 

 

 Hier soir, France 3 a diffusé les 3 premiers épisodes de la série TV. Avez-vous regardé ? Qu'en avez-vous pensé ? Attention, comme souvent, l'adaptation est assez libre et tout est dans le désordre. Certains épisodes sont adaptés de tomes qui ne sont pas encore sortis en France... Le premier tome est sorti (en VO) en 1992 alors forcément... On a un peu de retard !

 

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2017-06-14T19:40:59+02:00

A l'ombre des cerisiers

Publié par MyaRosa

Altes Land - Dörte Hansen

280 pages, éditions Pocket, mai 2017

L'histoire :

Printemps 1945. Vera a 5 ans lorsqu’elle arrive au bras de sa mère dans cette vieille ferme perdue au milieu d’un immense verger. Elles ont quitté la Prusse orientale et traversé à pied une Allemagne ruinée par la guerre. Cette terre isolée sera leur halte, cette maison qui n’est pas la leur, leur refuge. Un lieu dont Vera ne repartira jamais. Soixante-dix ans plus tard, Vera voit arriver sa nièce Anne, son fils Leon sous le bras. Les deux femmes, que tout semble opposer, vont devoir apprendre à se connaître et cohabiter. Comme d’autres avant elles, entre ces murs ayant abrité des générations de femmes fortes et solitaires. Au contact l’une de l’autre et unies par la même détermination, Vera et Anne trouveront le chemin de la reconstruction.

 

Mon avis :

 

 "A l'ombre des cerisiers" est un roman un peu singulier qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais qui se révèle terriblement beau et émouvant si on se montre patient et si on lui laisse sa chance. Je pense aussi qu'il faut trouver le bon moment pour le lire. Accepter de sacrifier un peu de son temps, de faire une pause dans son quotidien pour l'apprécier comme il se doit et se laisser bercer par sa mélodie. Il  faut un peu de temps avant qu'il accepte de nous ouvrir ses portes et de nous livrer son histoire - Et quelle histoire ! - et comme l'ont fait Vera et les siens, je crois qu'il faut aussi s'imposer un peu pour y trouver sa place.

 

 C'est l'histoire d'une maison. Une maison qui renferme les secrets et les fantômes des gens qui y ont vécu. Une maison dans laquelle on ne peut pas se sentir à l'aise si on n'y est pas né. Une maison qui craque, une maison qui n'en fait qu'à sa tête. Une maison qui semble avoir une vie propre et qui est un personnage à part entière. Une maison en apparence froide mais qui résiste à tout et ne vous lâche pas. Une maison qui est à l'image des personnages de ce livre. Elle subit les assauts, traverse les tempêtes, se fissure mais ne s'écroule pas. C'est une maison qui protège et dans laquelle on peut trouver refuge.

 

 C'est aussi l'histoire de femmes d'une même famille qui ont traversé des épreuves terribles qui les ont changé à jamais. Des événements qui ont fait qu'elles se sont renfermées sur elles-mêmes et ont caché leurs sentiments et leurs émotions sous une bonne couche de glace. On dit que ça protège les fleurs alors pourquoi pas le coeur ?

 

 C'est aussi un roman qui décrit la campagne, la vraie. Un livre qui nous parle des bons et des mauvais côtés de la vie là-bas et qui se moque des citadins et des bobos qui ont une image complètement biaisée et idyllique du monde rural. C'est un livre qui rend vraiment hommage aux gens de la campagne et qui nous invite à aller au-delà des apparences. C'est vraiment touchant la manière dont les personnages qui nous paraissent d'abord durs et même rustres sont finalement remplis d'amour, de douceur et de bienveillance.

 

 C'est aussi un livre qui parle de musique, de solitude, de vieillesse, de refuge, de batailles, des horreurs de la guerre et de l'amour sous toutes ses formes qui est presque toujours là où on ne l'attend pas. On parle de courage et de reconstruction et bien sûr de la beauté de la nature. J'ai trouvé qu'il y avait aussi beaucoup d'humour et de dérision. On nous montre aussi qu'il n'est jamais trop tard pour changer, s'imposer, s'écouter, accepter l'autre et se relever. Une belle leçon de vie et d'humanité !

 

 

 Ce qui est assez particulier, c'est qu'il n'y a presque pas d'action dans ce livre. Les personnages et les époques se mélangent un peu. L'écriture est assez contemplative. On observe le monde, on se laisse bercer. Et pourtant, paradoxalement, je trouve qu'il se passe beaucoup. Tout est dans les non-dits, les petits riens. Les personnages s'entraident, avancent à petit pas, se reconstruisent. Il y a quelque chose de profondément émouvant. L'humanité, la simplicité du quotidien, l'amour que l'on retrouve dans de petites attentions... Tout cela m'a touchée en plein coeur. Et ce rythme lent est finalement un cadeau. C'est comme une petite pause, une parenthèse bienvenue dans notre vie mouvementée. On s'arrête de courir un instant, on regarde, on écoute, on apprend.

 

 Et puis, il y a cette nature qui est sans cesse en mouvement et que l'on suit au fil des saisons. On la voit changer, on observe les gens qui vivent à son rythme et savent s'adapter à elle. On a l'impression qu'ils changent leurs habitudes, mais ils vivent au rythme des saisons et refont les mêmes gestes chaque année. Cette ronde des saisons a quelque chose de salvateur et de rassurant parce qu'il y a des choses qui ne changent pas et ne changeront jamais malgré les années qui passent, malgré l'avancée de la technologie, malgré les décès et les séparations, malgré la tristesse et la douleur... J'ai trouvé ce roman reposant, poétique, plein de sensibilité, un brin mélancolique mais surtout terriblement beau et émouvant. Je conseille ce livre à ceux qui aiment la campagne et les vieilles pierres qui ont tant d'histoires à raconter.

 

En quelques mots :

Un roman plein de sensibilité et d'émotions qui m'a charmée et que je recommande aux amoureux de la nature et à ceux qui aiment la simplicité et ces petits riens qui font tout.

 

***

Un petit extrait (les premières phrases du roman) :

 

"Certaines nuits, quand la tempête venait de l'ouest, la maison gémissait tel un navire ballotté sur une mer houleuse. Les rafales de vent s'acharnaient en hurlant sur les vieux murs.

Ca craque et ça crie comme une sorcière qui crame, se disait Vera, ou un enfant qui s'est coincé les doigts.

La maison gémissait, elle ne sombrerait pas."

 

***

 

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2017-05-30T15:45:05+02:00

Le Souffle des feuilles et des promesses

Publié par MyaRosa

Proof of Providence - Sarah McCoy

330 pages, éditions Michel Lafon, juin 2017

L'histoire :

Hallie Erminie, issue d'une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère qui adore écrire. À New York, où elle s'est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l'être. Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s'attachent l'un à l'autre sans oser se l'avouer. Malheureusement, quand Post part pour l'Alaska du jour au lendemain, la possibilité d'une histoire d'amour s'évanouit.
Commence alors un chassé-croisé qui durera une dizaine d'années, des États-Unis à l'Italie en passant par l'Angleterre ou la France. Tandis que Hallie Erminie rencontre le succès grâce à ses livres, Post Wheeler se destine finalement à une carrière politique. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens grandissent mais le destin semble peu enclin à les réunir. Oseront-ils s'avouer leur amour ?

 

Mon avis :

 

 Quelle aventure ! Ce roman nous embarque aux quatre coins du monde et on en redemande ! Cette histoire est celle d'un homme et d'une femme qui sont faits l'un pour l'autre mais ne veulent pas se l'avouer parce qu'ils ont tous les deux beaucoup d'ambition ainsi que des rêves et des projets à réaliser dans lesquels l'amour n'a pas sa place.

 

 Lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois en 1896 à New York, Hallie Erminie Rives vient de quitter son Kentucky natal dans l'espoir de faire publier son premier roman. George Post Wheeler est un journaliste montant aussi arrogant que fascinant. Leur rencontre est explosive. Tout semble les opposer et pourtant... Le temps passe, la vie les entraîne ailleurs, mais ils finissent toujours par être réunis.

 

 J'ai vraiment aimé ce roman. J'ai adoré Hallie Erminie, sa chevelure flamboyante, sa détermination, son cran et sa passion de toujours pour les lettres. Post m'a charmée par son courage et la manière dont il se donne à fond tout le temps. Il change de vie, de rêve et se donne toujours les moyens de les concrétiser. Chacun suit l'autre de près ou de loin. Leur petit jeu du chat et de la souris est aussi amusant que frustrant. On rêve de les pousser l'un vers l'autre tant il semble évident qu'ils s'aiment et sont faits pour être ensemble. Même leurs familles veulent les voir réunis ! J'ai d'ailleurs beaucoup aimé les passages dans lesquels ils retournent chez eux et la façon dont ils sont soutenus par les leurs.

 

 J'ai aimé suivre cette passion secrète qui ne l'est pas vraiment. J'ai aimé voyager aux côtés des personnages et en apprendre plus sur ce contexte passionnant. De nombreux sujets sont abordés, on parle de la vie dans le Sud des Etats-Unis, mais aussi de politique, de la façon dont fonctionnent les maisons d'édition et du lancement des livres, des journalistes et de la manière dont ils déforment les propos mais sont aussi manipulés à leur tour de temps en temps, du quotidien des célébrités de l'époque, des chercheurs d'or et de la destinée...

 

 J'ai passé un très bon moment. Et quel plaisir d'apprendre que, même s'il s'agit d'une fiction, les personnages de ce livre ont vraiment existé ! Hallie Erminie Rives a vraiment écrit le roman "Coeur Vaillant" et c'est la découverte de ce livre chez un antiquaire qui a poussé Sarah McCoy à se pencher sur son histoire. Et quelle histoire ! J'ai même fait quelques recherches suite à ma lecture car j'avais vraiment envie d'en savoir plus sur Hallie Erminie et Post.

 

En quelques mots :

Ambition, passion, amour et détermination : voilà les mots clés de ce roman inspirant qui donne des ailes et nous montre que tout est possible quand on le veut vraiment. Une belle lecture.

 

 

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2017-05-23T19:02:43+02:00

Agatha Raisin enquête #03 : Pas de pot pour la jardinière

Publié par MyaRosa

The Potted Gardener - M. C. Beaton

246 pages, éditions Albin Michel, novembre 2017

L'histoire :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

 

Mon avis :

 

 Je vais sûrement me répéter par rapport à mes billets sur les tomes précédents, mais quel plaisir de retrouver cette chère Agatha ! Ce personnage haut en couleur apporte une vague de fraîcheur dans le monde du polar et qu'est-ce que ça fait du bien !

 

 C'est dans un petit village typiquement anglais que cette citadine a décidé de prendre sa retraite. Un petit village où tout le monde connaît tout le monde, où vous ne pouvez pas faire un pas sans croiser quelqu'un qui vous invite à venir prendre le thé ou à aller boire un coup au pub pour discuter des derniers potins et des petites querelles de voisinage. Dans ce décor délicieusement désuet qui semble sorti d'un roman d'une autre époque, la pétillante Agatha qui ne mâche pas ses mots et multiplie les gaffes dénote complètement et c'est ce qui rend la série si drôle et ce personnage si attachant.

 

 Même s'il y a des meurtres et une enquête, il n'y a pas de scènes violentes ou de noirceur, c'est au contraire très drôle et rempli de scènes cocasses. On passe autant de temps à parcourir le village et à suivre les petites histoires de ses habitants qu'à suivre l'enquête qui est d'ailleurs menée, non pas par la police, mais par un personnage qui pourrait être vous et moi. C'est le genre de romans qui peut plaire à tous les lecteurs, même à ceux qui ne sont pas attirés par les romans policiers. C'est ce que les anglo-saxons appellent le cozy mystery, un genre très à la mode là-bas et qui arrive peu à peu chez nous.

 

 Cette nouvelle intrigue m'a beaucoup plu. J'ai vraiment aimé toute cette histoire autour de cette nouvelle venue au village et de ce concours de jardinage. Une fois encore, je me suis régalée ! Je n'ai pas vu le temps passer et j'ai beaucoup ri. Cette série fait un bien fou. On suit avec plaisir Agatha et James mener l'enquête, se rapprocher, s'envoyer balader... Je suis vraiment fan de cette série. Pour le moment, aucun tome ne m'a déçue et je sais avec certitude qu' en commençant un roman de M.C. Beaton je vais passer un bon moment. On se sent tellement bien dans ce petit village qu'on a l'impression de retourner dans un lieu où on est déjà allé. En vrai !

 

En quelques mots :

Un troisième tome tout aussi réussi que les précédents. Une vraie bouffée d'air frais. J'adore !

 

***

Vous avez sans doute déjà vu circuler l'information, mais la série TV adaptée des romans de M.C. Beaton va arriver chez nous prochainement sur France 3. Je vous en reparlerai dès que j'aurais plus d'infos. Vous pensez regarder ? J'ai vraiment hâte !

 

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