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Articles avec #litterature etrangere catégorie

2017-02-24T13:46:46+01:00

Les Filles du Nightingale

Publié par MyaRosa

The Nightingale Girls - Donna Douglas

678 pages, éditions Charleston, octobre 2016

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1936

Trois jeunes femmes complètement différentes deviennent apprenties infirmières dans un grand hôpital. Dora a décidé de quitter sa misérable maison bondée de la classe ouvrière pour une meilleure vie, mais également pour échapper à son détestable beau-père. Possède-t-elle ce qu’il faut pour suivre les autres filles mieux éduquées ? Helen est la plus calme des trois, une jeune femme qui évite toute sorte d’amusement. Dans l’ombre de sa toute puissante mère, administratrice de l’hôpital et de la vie de sa fille, arrivera-t-elle à trouver sa propre voie ? Millie, Lady Camilla, est une aristocrate rebelle, dont l’attitude insouciante lui vaudra de se heurter encore et encore à l’infirmière en chef, la terrifiante Sister Hyde. Retournera-t-elle à la vie luxueuse pour laquelle elle est née ou gardera-t-elle courage pour continuer sa carrière ?

 

Mon avis :

 

 Décidément, cette année 2017 commence vraiment bien ! J'ai déjà découvert quelques pépites et le roman de Donna Douglas que je vous présente aujourd'hui en fait assurément partie. Quelle lecture palpitante et savoureuse ! J'ai dévoré les presque 700 pages de ce roman en moins de trois jours. Je me baladais partout avec mon livre et j'ai même rallumé la lumière en pleine nuit pour lire encore quelques chapitres tant j'avais envie de retrouver les personnages et de savoir ce qui allait leur arriver. J'avais l'impression de regarder une série TV. Je ne pouvais plus m'en détacher.

 

 Ce livre est en fait le premier tome d'une saga. N'ayez pas peur ! Vous pouvez le lire et en rester là car il y a quand même un dénouement, MAIS je suis certaine que vous n'aurez pas envie de laisser Millie, Dora et Helen en chemin tant elles sont attachantes. Ces trois jeunes filles n'ont - en apparence - pas grand chose en commun si ce n'est le désir de devenir infirmières. Elles partagent la même chambre durant leur formation au Nightingale.

 

 Elles viennent de milieux très différents. Dora vient d'une famille modeste de l'East End. Elle est travailleuse et a l'habitude de s'occuper des autres. Elle est déterminée à réussir sa formation pour s'en sortir et ne plus avoir à vivre sous le même toit que son beau-père. Millie fait partie de la haute société. On attend d'elle qu'elle fasse un beau mariage et offre à son père un héritier pour le domaine familial, mais la jeune fille a d'autres rêves... Helen est plus mystérieuse et on la découvre au fil du roman. Elle passe son temps toute seule à étudier. Les autres filles la fuient. Elle vient d'une famille qui semble ne manquer de rien, mais elle a reçu une éducation très stricte et étouffante. Elle est habituée à s'écraser et à décevoir quoi qu'elle fasse. Tout est toujours décidé à sa place et même si elle tâche de faire de son mieux, ce n'est jamais assez... Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Je pense à la généreuse Kathleen, aux soeurs qui sèment la terreur au sein de l'hôpital, aux beaux messieurs que l'on croise au fil des pages, à la redoutable Mme Tremayne ou encore à cette peste de Lucy qui s'écoute parler de ne cesse de se vanter. J'ai adoré les aimer et/ou les détester ! 

 

 

 Dans ce roman, nous suivons leur arrivée à l'hôpital et le début de leur formation, les petites querelles et rivalités entre les étudiantes, leurs mésaventures et leurs expériences, les règles strictes de l'établissement et la manière dont elles les détournent, les relations qu'elles entretiennent avec le reste du personnel et avec les patients, etc... C'est aussi passionnant que croustillant. Il y a des scènes vraiment amusantes, d'autres dures ou tristes, mais on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qui m'a plu aussi, c'est que l'on découvre leur vie au dehors avec leurs familles. Elles rentrent de temps en temps chez elles ou bien correspondent avec leurs proches et il se passe aussi des choses de ce côté-là. Si leurs proches ignorent comment se déroulent leur quotidien à Nightingale, c'est la même chose dans l'autre sens. Les filles restent assez secrètes sur leur vie en dehors de l'hôpital, ce qui fait que les autres infirmières ne comprennent pas toujours leurs réactions.

 

 Et puis, bien sûr, il y a de l'amour et du romantisme ! J'ai trouvé dans ce roman tout ce que j'espérais y trouver et même bien plus encore. C'est simple, j'ai tout aimé. J'ai adoré partager le quotidien de ces jeunes filles, les voir grandir et s'épanouir, toucher leur rêve du doigt mais aussi faire des erreurs et être déçues. J'ai trouvé ce livre délicieux et palpitant. Il est rempli d'émotions, de rebondissements et d'amour et il n'est pas non plus dénué d'humour. L'écriture est agréable. Il ne faut vraiment pas prendre peur face à cette belle brique car elle se dévore en un rien de temps et nous semble même bien trop courte ! Pour moi, ce roman réunit vraiment tous les ingrédients d'une bonne série et je suis vraiment impatiente de lire la suite des aventures de Dora, Millie et Helen.

 

En quelques mots :

Un joli coup de coeur pour cette histoire palpitante et savoureuse.

Un gros pavé que l'on dévore avec plaisir et gourmandise.

 

A lire aussi :

Et le ciel sera bleu (Tamara McKinley)

Si loin des siens (Tamara McKinley)

Appelez la sage-femme (Jennifer Worth)

 

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2017-02-20T15:09:36+01:00

Il était un secret

Publié par MyaRosa

The Secret - Kathryn Hughes

347 pages, éditions Calmann-Lévy, février 2017

L'histoire :

Le Terrible secret d'une femme peut-il en sauver une autre des décennies plus tard ?

Une virée entre amis s'achève en tragédie.

Une jeune veuve trouve un bébé abandonné sur le pas de sa porte.

Une mère se bat pour sauver son fils de la maladie.

Alors que ces destinées brisées par le temps nous plongent dans des tourbillons d'émotion, la force de l'amour leur permettra de se croiser et de s'unir sous le sceau d'un secret enfin révélé.

 

Mon avis :

 

 Il était une lettre, le précédent roman de Kathryn Hughes a été mon premier coup de coeur de l'an dernier. Une lecture bouleversante à laquelle je repense encore aujourd'hui avec beaucoup d'émotions et que je ne cesse de conseiller autour de moi. J'étais donc très impatiente de lire son nouveau roman mais je reconnais que j'avais quelques appréhensions. J'avais tellement aimé le premier que j'avais peur que celui-ci ne soit pas à la hauteur de mes attentes. J'ai donc préféré m'y plonger les yeux fermés, sans lire aucun avis ni encore moins la présentation ou le résumé du roman, et j'ai bien fait car j'ai adoré être surprise et ne pas savoir à quoi m'attendre.

 

 Le roman se déroule à plusieurs époques. Il commence en juin 1975. On fait la connaissance de Mary, une femme aimante et attachante qui est sur le point de réaliser son rêve le plus cher : fonder une famille. A une autre époque, en 2016, un homme et une femme sont tourmentés par l'état de santé de leur fils qui se dégrade de jour en jour. En juillet 1976, on rencontre les habitants d'une petite ville d'Angleterre qui s'apprêtent à passer une belle journée au bord de la mer. Certains espèrent se rapprocher de la personne qu'ils aiment, d'autres ne sont pas très motivés par la journée, d'autres voient là une occasion de se changer les idées. C'est une journée ensoleillée, festive, marquée par l'insouciance et personne n'imagine alors quel terrible drame les attend... Un événement qui risque de changer leurs vies, à jamais.

 

 J'ai tout de suite été emballée par l'écriture de Kathryn Hughes et par cette histoire qu'elle nous raconte avec beaucoup de passion. On se prend tout de suite d'affection pour les personnages et on est ravi de partager quelques moments avec eux. N'ayant pas lu le résumé du livre, je ne savais pas du tout comment les choses allaient tourner et tant mieux car la plupart dévoilent beaucoup trop d'éléments à mon goût. Je me suis laissée portée par l'histoire et, cette fois encore, j'ai été emportée dans un tourbillon d'émotions et de sentiments mêlés. Quelle lecture ! Je ne pensais pas que ce serait possible, mais j'ai aimé ce livre au moins autant que le premier si ce n'est plus. Oui, je pense que je l'ai encore plus aimé. J'ai vraiment passé un bon moment. Je n'arrivais plus à le lâcher et je pensais encore à tous ces personnages et à toutes ces histoires lorsque mon livre était fermé. Je me suis relevée plusieurs fois la nuit pour lire encore quelques pages tellement j'avais envie de savoir et de retrouver tout ce petit monde.

 

 Avec ce second roman, Kathryn Hughes confirme son talent de conteuse et je suis déjà impatiente de lire le prochain. J'aime sa façon de mêler les destins, de semer de l'amour et des indices au fil des pages. Alors que l'on pense avoir tout deviné, elle arrive encore à nous surprendre ! Comme le précédent, ce roman m'a émue. Il m'a fait vibrer, ressentir une multitude d'émotions. Je me suis sentie parfois triste, parfois tellement heureuse pour ces personnages que j'ai désormais l'impression de connaître... C'est une belle lecture qui est portée par une écriture délicate et sensible, des personnages bienveillants et tellement d'amour qu'on en reçoit nous aussi bien au-delà des pages...

 

 

En quelques mots :

Coup de coeur pour ce roman palpitant et bouleversant qui parle de famille, de secrets, d'amour et de pardon.

Une magnifique lecture. Si vous avez aimé "Il était une lettre", vous allez adorer "Il était un secret" !

 

 

 

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2017-02-02T21:02:08+01:00

Cet été-là

Publié par MyaRosa

The Bright Forever - Lee Martin

320 pages, éditions Sonatine, février 2017

L'histoire :

Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Katie. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

 

Mon avis :

 

 Je ressors de cette lecture complètement chamboulée et je ne sais pas du tout par où commencer pour vous en parler. Ce qui m'a plu tout de suite, c'est cette façon qu'a l'auteur de planter le décor avec aisance et de nous plonger dans une atmosphère particulière grâce à la magie des mots. Même si on sait que quelque chose de terrible s'est produit, on arrive presque à l'oublier tant l'auteur nous met à l'aise. Imaginez un peu... Une petite ville américaine ordinaire de celles à côté desquelles on passe sans s'arrêter. Une petite ville en apparence sans histoire où tout le monde connaît tout le monde. Les soirs d'été se suivent et se ressemblent. Il fait chaud. On boit du thé glacé et on joue aux cartes sur les porches. On discute entre voisins. On entend les rires des enfants qui jouent. L'air sent bon le gazon fraîchement tondu, les roses et les grillades. La vie s'écoule paisiblement. On se sent bien, on a l'impression que l'été durera toujours, qu'on a la vie devant soi et qu'il ne peut rien nous arriver. Et pourtant... Pourtant, c'est un soir d'été comme celui-là que la petite Katie, 9 ans, disparaît mystérieusement. Que lui est-il arrivé ?

 

 Trente ans après les faits, des habitants de cette petite ville de l'Indiana racontent. Proches, voisins, tous nous dévoilent leurs souvenirs de cet été-là. Grâce à leurs témoignages, les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place et leurs différentes voix viennent rendre l'atmosphère de cet été 1972 encore plus palpable. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai grandi dans une petite ville de ce genre, mais cela a fait remonter en moi énormément de souvenirs d'enfance. Je me suis souvenue des soirées d'été passées dans le jardin, des jeux dans le lotissement avec d'autres enfants. Nous étions si heureux, si libres, si insouciants. Comme Katie, nous pensions aux longues journées qui nous attendaient et s'étiraient infiniment, totalement aveugles aux problèmes et aux secrets des grandes personnes. Et c'est justement parce que cette atmosphère, cette douceur de vie, cette insouciance de l'enfance, est si bien retranscrite que le drame qui arrive est plus terrible encore et nous frappe de plein fouet. Parce qu'on prend conscience, maintenant qu'on n'est plus enfant, qu'on n'est jamais à l'abri. Que l'horreur peut s'abattre sur nous n'importe quand et surtout quand on ne s'y attend pas. Que la sécurité n'est qu'une illusion.

 

 Cette disparition inquiétante va faire ressortir les vilains petits secrets de chacun. J'ai vraiment aimé la façon dont Lee Martin perçoit et décrit ses personnages. A aucun moment il ne les juge. Il n'est pas question d'être bon ou mauvais. Je pense aussi qu'il y a une part d'ombre en chacun de nous. Ses personnages sont crédibles, vrais et m'ont, pour le plupart, beaucoup touchée. Ils ont des regrets, des envies, des peurs, des sentiments et des désirs qu'ils n'assument pas ou ne comprennent pas vraiment ainsi que des secrets. Certains vivent écrasés sous le poids de leur culpabilité et d'autres se sentent tellement seuls qu'ils sont aveuglés par leur besoin d'aimer et d'être aimé. C'est un livre qui pousse à s'interroger sur la nature humaine et sur la responsabilité. Durant tout le roman, Lee Martin joue sur les contrastes : lumière et obscurité, bien et mal et - il l'explique d'ailleurs lui-même à la fin du livre - s'intéresse aux contradictions qui nous sont communes : solitude et bonheur, sécurité et menace, amour et rejet, complexité et simplicité. C'est un roman poignant, bien construit et vraiment très intéressant à étudier. Par son atmosphère il m'a fait penser à deux romans merveilleux : "Arrive un vagabond" de Robert Goolrick et "La Fin de l'innocence" de Megan Abbott et en raison des questionnements qu'il soulève sur la nature humaine, il m'a rappelé "Un roi sans divertissement" de Jean Giono et "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit" de Celeste Ng. Je peux maintenant ajouter "Cet été-là" à la liste des livres qui m'ont vraiment chamboulée.

 

 Ce n'est pas tellement le suspense ou les rebondissements que je retiendrai, mais vraiment cette atmosphère et ce questionnement sur l'humanité. Cette façon de nous dire "Vous vous croyez en sécurité ? Vous pensez connaître les gens qui vous entourent ? Vous croyez que rien ne peut vous arriver sous prétexte que vous êtes chez vous et que le soleil brille ? Détrompez-vous ! TOUT peut arriver. TOUT peut s'écrouler. Cette lecture m'a vraiment secouée. Elle m'a rendue terriblement nostalgique, m'a brisée le coeur et je me suis sentie très mal après l'avoir refermée mais - oui, je sais, c'est étrange - pour moi c'est quelque chose de très positif. J'aime quand un livre me fait ressentir quelque chose de fort, me retourne, me bouscule, me pousse à réfléchir. Le roman de Lee Martin n'est pas de ceux que l'on lit pour se distraire et que l'on oublie après l'avoir refermé, loin de là. Non, il est plutôt de ces livres qui nous poussent à aller plus loin dans la réflexion et avec lesquels on a l'impression qu'il y a un avant et un après. On se sait pas forcément à quel niveau, mais on se sent différent après ce genre de lecture. Grandi. Je suis encore troublée et choquée de tout ce que ce livre m'a fait ressentir et je pense que je vais mettre un moment à m'en remettre.

 

 Petit bonus que j'ai beaucoup apprécié, à la fin du livre, l'auteur nous parle de son roman, de ce qui l'a poussé à l'écrire. Il nous parle aussi de son enfance et d'un souvenir particulièrement marquant et nous dévoile aussi une playlist très détaillée qui correspond bien à son roman et à ses personnages.

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR

Magnifique, terriblement noir et poignant, ce roman polyphonique déchirant, plein d'émotions et de contrastes, nous pousse à nous interroger sur la nature humaine. Une lecture aussi fascinante que dérangeante.

 

"Les petites villes ne sont pas différentes des grandes à un égard : partout où il y a un cercle de lumière, il y a aussi quelqu'un qui se tient à l'extérieur."

 

" Le vrai caractère d’un homme se mesure à ce qu’il ferait s’il était sûr de ne jamais être découvert."

 

"C'est drôle comme quelqu'un peut arriver et ouvrir votre vie, vous montrer exactement ce qu'il y a à l'intérieur."

 

"C'était ce qui était bien avec l'été. Il était à vous. Il vous appartenait.

Si vous vouliez rire comme une idiote à une stupide blague d'escargot, vous pouviez. Si vous vouliez vous rouler par terre jusqu'à ce que vos cheveux soient tout ébouriffés et que vous soyez étourdie, hé, qui irait vous en empêcher ?"

 

 

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2017-01-20T16:31:43+01:00

La Promesse d'un ciel étoilé

Publié par MyaRosa

Under the Jeweled Sky - Alison McQueen

462 pages, éditions Presses de la Cité, janvier 2017

L'histoire :

 

Un amour interdit. Un secret inavouable.

La fin d'un empire.

1957. Sophie a vingt-sept ans lorsqu'elle épouse Lucien, un diplomate, et part s'installer avec lui à New Delhi, une destination qui réveille en elle de douloureux souvenirs que son mari ignore...


1947. Sophie emménage dans le nord des Indes, dans le palais d'un maharaja ; son père vient d'être nommé assistant du médecin chef. Pour échapper à sa mère tyrannique, Sophie explore le luxueux palais et rencontre, dans le dédale des couloirs, Jag, un jeune indien de son âge. Immédiatement complices, ils se voient en cachette.


De retour sur les terres indiennes, Sophie parviendra-t-elle à se réconcilier avec son passé ?

 

Mon avis :

 

 J'ai mis moins de deux jours à lire ce livre de presque 500 pages et cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Ce roman m'a totalement envoûtée. Pendant deux jours, j'étais ailleurs. J'étais en Inde, à une autre époque, aux côtés de Sophie et de Jag. Avec eux, j'ai voyagé. J'ai admiré la splendeur de l'Inde, ses palais de contes de fées, sa cuisine pleine de saveurs et de délicieuses odeurs, ses fruits savoureux nourris jour après jour par un soleil de plomb, ses traditions, ses jardins somptueux. Cette explosion de couleurs, c'est comme si je l'avais eu sous les yeux ! J'y étais. Vraiment.

 

 J'ai savouré chaque chapitre, chaque phrase, chaque mot de ce merveilleux roman. J'ai vécu chaque épreuve comme si elle me concernait personnellement. J'ai adoré suivre Sophie toute jeune et fraîchement arrivée en Inde, la voir s'ouvrir et s'épanouir. Lorsqu'elle remet les pieds en Inde pour la première fois, tant d'émotions se bousculent. On ressent parfaitement la force et l'ivresse de ce moment. J'ai trouvé cette histoire d'amour magnifique, intense et bouleversante. J'ai adoré en apprendre plus sur l'Inde et son histoire dont je ne savais pas grand chose. Je me suis amusée des différences énormes entre les anglais (car oui, ce n'est pas précisé dans le résumé mais Sophie est anglaise) et les indiens qui ne voient vraiment pas la vie de la même manière... J'ai aimé découvrir la vie de ces expatriés et celles des indiens qui travaillent pour eux. Admiration, tensions, hypocrisie, mensonges...  Je me suis régalée de toutes les descriptions de paysages, de somptueuses demeures et de plats plus succulents les uns que les autres. J'avais vraiment l'impression d'avoir tout cela juste devant moi. Les personnages créés par Alison McQueen sont travaillés et crédibles. Certains font preuve d'une grande humanité et d'une bonté sans faille tandis que d'autres sont absolument monstrueux. Certains m'ont particulièrement émue par leur bonté, leur courage ou leur sagesse.

 

 

 Si le schéma est assez classique et m'a fait penser à d'autres grands romans dépaysants (j'ai notamment en tête "Ce que le jour doit à la nuit") : un amour impossible, un contexte difficile, une situation injuste à vous briser le coeur, deux êtres qui s'aiment mais qui ne peuvent pas être ensemble, cela fonctionne très, très bien. Le roman d'Alison McQueen est un roman passionné et passionnant qui ne manque ni de force, ni de rebondissements et encore moins d'émotions. Parmi toutes mes lectures, je peux compter sur les doigts d'une seule main les livres qui m'ont bouleversée au point de me faire verser bien plus que quelques larmes, et celui-ci en fait partie. Comme j'ai pleuré ! De tristesse, de bonheur, d'émotions, de tout ce que vous voulez. J'étais là avec mon livre à la main en train de pleurer et je n'arrivais pas à faire une pause. Il fallait que je continue à lire, que je sache comment tout cela allait tourner. D'ailleurs, si je pensais avoir tout compris à l'avance, je me suis bien trompée. Je ne m'attendais pas à tant de rebondissements, tant de passion, de déchirures et de violence.

 

 Bien plus qu'un drame ou qu'une histoire d'amour tragique, ce livre met en lumière l'Histoire, la difficulté de trouver sa place, la souffrance et le courage d'un peuple et un monde en train de changer. On découvre des personnes bienveillantes et courageuses qui sont prêtes à tous les sacrifices pour protéger les leurs et leur offrir une vie meilleure. De belles amitiés naissent sous nos yeux et la famille est vraiment au coeur de ce beau roman. Les deux personnages principaux ont des relations très particulières avec leurs parents. Tous ces liens, cette générosité, cet amour sans faille et cette force m'ont vraiment bouleversée tout comme la bêtise humaine et l'absurdité de certaines règles et traditions qui emprisonnent et empêchent les gens d'être heureux m'ont révoltée. Et puis, il y a aussi cette nostalgie d'une époque qui n'est plus. Cette excitation et cette appréhension face à un monde qui change et tout ce qui va avec : rêves, espoirs, désillusions, mélancolie. L'écriture est somptueuse, les décors sont à couper le souffle et le récit nous envoûte du début à la fin. C'est un roman poignant que je n'oublierai jamais, c'est certain. Un immense coup de coeur ! Pour tout vous dire, je me sens triste de l'avoir déjà lu et je vous envie de pouvoir le découvrir. Alison McQueen a écrit au moins six autres romans. J'espère de tout coeur qu'ils seront bientôt traduits en français.

 

 

En quelques mots :

COUP DE COEUR !

Un roman magnifique, bouleversant, inoubliable !

 

***

Quelques passages...

 

"Bien sûr qu'elle était amoureuse de lui. Elle n'avait aucun motif de ne pas l'être. Un amour raisonnable, un amour d'adulte. Le genre d'amour qu'elle était en mesure de gérer. Il ne lui arracherait pas la chair des os ni ne la dévorerait toute crue. Il ne la pousserait pas à souhaiter qu'elle fût morte, sachant qu'elle n'avait plus de raison de vivre. Avec cet amour-là, elle n'avait rien à craindre, surtout pas l'abîme qui avait autrefois menacé de l'engloutir." (Page 91)

 

"Selon la sagesse hindoue, nous ne sommes que le rêve d'un rêve que personne ne rêve. Nous ne sommes rien, et il vaut mieux cesser le plus vite possible de croire que l'on est quelque chose. Tout n'est qu'illusion, et plus vite cette illusion s'estompe et nous laisse revivre dans le brahman, l'absolu au-delà duquel il n'y a rien, plus vite nous échappons à cette douloureuse duperie qu'on appelle la vie." (Page 119)

 

"Quoique citoyens britanniques, certains n'avaient pratiquement jamais mis les pieds sur les terres de la mère patrie : quelques années de pensionnat, peut être, ou des vacances instructives chez des cousins. Leur façon de parler semblait curieusement désuète. Ils s'exprimaient  en effet dans une langue ayant fleuri en des jours lointains et restée telle quelle, insensible à la marche du temps. De bien des manières, ils étaient définitivement en dehors du coup. Aussi vivaient-ils les événements actuels comme la fin d'une époque, une époque glorieuse dont le souvenir leur resterait chevillé à l'âme jusqu'à leur dernier souffle. C'était dans l'air, tout le monde le percevait, même les cuisiniers qui avaient préparé avec une gravité inhabituelle les nombreux plats de fête traditionnels des sahibs. L'oie avait été arrosée cérémonieusement, les pommes de terre rôties amoureusement. A un moment donné, le chef pâtissier s'était essuyé les yeux dans son torchon avant de retourner à son sirop de sucre qui frémissait dans la casserole. Avec quelle douceur certaines choses se terminaient ! Avec quelle violence d'autres commençaient, telle l'apparition d'une nouvelle étoile résultant d'une énorme explosion !" (Page 172)

 

 

A lire aussi :

Fleurs sauvages

Une Lettre de vous

Il était une lettre

Plume fantôme

Nora ou le paradis perdu

 

 

 

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2016-12-28T14:51:05+01:00

Tendre veillée

Publié par MyaRosa

The Night Before Christmas - Scarlett Bailey

400 pages, Milady Romance (Central Park), novembre 2013

L'histoire :

Lydia a toujours souhaité vivre un Noël parfait. Aussi n'hésite-t-elle pas une seule seconde quand ses meilleures amies l'invitent à réveillonner avec elles. Au programme, feux de cheminée et marrons chauds – le tout dans un décor digne d'une carte de vœux. Quand elle se retrouve bloquée par la neige en compagnie de son petit ami, de son ex et d'un irrésistible inconnu, son Noël idéal est sérieusement mis à mal. Mais bon, trois rois mages, c'est la tradition à cette époque de l'année ...

 

Mon avis :

 

 Lydia a tout pour être heureuse. Malgré une enfance difficile, elle a réussi à avoir la vie dont elle rêvait. Elle habite à Londres, est avocate, a des amies géniales et un petit ami bien comme il faut sur le point de lui faire sa demande. Pourtant, quelque chose cloche... Lydia ne se sent pas aussi épanouie qu'elle devrait l'être ni follement excitée par ce qui est sur le point de lui arriver. Au lieu de cela, elle fuit le Noël romantique initialement prévu et accepte l'invitation de l'une de ses meilleures amies qui vient d'ouvrir une maison d'hôtes à la campagne avec son mari. Si Lydia est ravie de retrouver ses meilleures amies, elle semble l'être encore plus de bousculer les plans de son petit ami. Mais elle ne se doute pas une seconde que son Noël idéal est sur le point de virer au drame quand l'une de ses amies débarque au bras de l'homme qui lui a brisé le coeur quelques mois plus tôt. Sans parler de la météo qui ne s'améliore pas et les oblige à rester coincés tous ensemble malgré les tensions...

 

 J'ai été tellement déçue par le roman "Quand l'amour s'invite à Noël" que j'ai hésité entre lire une autre romance de Noël pour ne pas rester sur une mauvaise impression ou lire quelque chose de totalement différent comme un thriller bien sombre. Finalement, j'ai opté pour une valeur sûre, un roman qui est dans ma PAL depuis plusieurs années et dont on m'a dit le plus grand bien. Je ne regrette pas du tout, car j'ai passé un très bon moment et je ne me suis pas du tout ennuyée.

 

 

 Ce qui m'a le plus plu, c'est le cadre et l'ambiance qui collent parfaitement à cette période de l'année. Il y a de la neige à perte de vue, des feux de cheminée, des bons petits plats, une vieille maison somptueuse et chargée d'histoire ainsi qu'un petit village sans prétention avec des gens accueillants et un pub qui rassemble tout le monde. Il y a des chants de Noël, des batailles de boules de neige, de l'amour et des scènes cocasses. Bien sûr, les choses ne vont pas se passer comme prévues et il va y avoir pas mal de rebondissements et de révélations. Certes, on n'échappe pas à certains clichés, il y a des personnages vraiment superficiels et le langage est parfois un peu vulgaire, mais pour une fois, ça ne m'a pas dérangé plus que cela. Je me suis beaucoup amusée et ça m'a rappelé les romans de chick lit que je dévorais il y a quelques années. C'est un roman vraiment distrayant et amusant, une jolie lecture de fin d'année sans prétention qui a parfaitement rempli sa mission et m'a fait passer un bon moment. Scarlett Bailey a écrit plusieurs romances de Noël et j'espère qu'elles seront traduites en français car j'ai bien envie de les découvrir.

 

 

En quelques mots :

Une lecture de fin d'année distrayante et amusante. Un roman qui m'a fait passer un très bon moment et avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde.

 

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2016-12-20T15:41:41+01:00

Quand l'amour s'invite à Noël

Publié par MyaRosa

The Holiday Visitor - Tara Taylor Quinn

265 pages, éditions Harlequin, novembre 2016

L'histoire :

A Noël, tous les miracles sont permis.

Depuis sa plus tendre enfance, Marybeth confie ses joies et ses peines à James, son grand amour épistolaire. Il est la personne qu’elle aime le plus au monde, le seul qui la connaît vraiment, celui sur qui elle peut compter. Mais voilà, James refuse de la rencontrer, de peur de briser la magie qui s’opère entre eux. Aussi est-elle bouleversée lorsque Craig, un séduisant inconnu, fait irruption dans sa vie. Lui, c’est un homme de chair et de sang, qui éveille en elle des sentiments inédits, une attirance irrépressible.
Dès lors, et à mesure que le séjour de Craig se prolonge à L’Orangeraie, sa maison d’hôtes chaudement décorée pour les fêtes, Marybeth est partagée entre les deux hommes de sa vie. Qui de James ou de Craig saura faire basculer son cœur ?

 

Mon avis :

 

 Tous les ans, je me prépare une grande pile de lectures de Noël avec des albums illustrés, des recueils, des romans réconfortants et de jolies romances de Noël. Mais j'oublie souvent que le temps file à toute vitesse et encore plus à cette période de l'année et je me retrouve souvent début janvier avec ma jolie pile de romances encore intacte. Du coup, cette année, j'ai décidé de m'y prendre de bonne heure et de ne pas prendre trop d'engagements pour avoir le temps de lire plus que d'habitude, et j'ai choisi ce livre a la couverture attrayante. Je rêvais d'une lecture légère et mignonne qui me ferait rire et pleurer entre deux passages délicieux sur les préparatifs de Noël. J'espérais au moins passer un moment sympa et... j'ai été très déçue !

 

 Oui, c'est prévisible. On voit tout venir dès le début. Oui, les dialogues sont souvent niais et c'est très mielleux, mais ce n'est pas quelque chose qui me dérange lorsque j'entame ce genre de romans. Je trouve même que je suis plutôt bon public, mais là... Si seulement il y avait eu un contexte sympa autour, des petits passages légers et délicieux autour des préparatifs de Noël ou du quotidien de Marybeth dans sa maison d'hôtes, mais rien ! Le début, bien que pas très gai, était pourtant très prometteur, mais mon enthousiasme est vite retombé.

 

 J'ai trouvé ce roman très froid, en fait. On est bien loin de la magie de Noël ! D'ailleurs, ce roman pourrait très bien se passer à une autre période de l'année tant on parle peu des fêtes de fin d'année... C'est comme si on avait décidé après coup d'en faire un livre de Noël parce que c'est plus vendeur sans doute. Comme pour Noël, le côté maison d'hôtes qui m'a beaucoup attiré n'est même pas exploité. On dirait que Craig et Marybeth sont toujours seuls dans cette maison et qu'il n'y a jamais de clients. L'auteur le justifie en nous disant que Craig vient pendant les fêtes et que les gens sont en famille à ce moment-là, mais j'aurais quand même aimé qu'il y a des passages dans lesquels on parle vraiment de la maison d'hôtes et de son fonctionnement. L'endroit ne m'a pas semblé très chaleureux et on en parle tellement peu qu'on a même du mal à l'imaginer.

 

 Ce qui m'a manqué, c'est le frisson, la magie, l'émotion. Je n'ai pas souri une seule fois durant ma lecture ni même ri. Je n'ai fait que lever les yeux au ciel tant les situations me semblaient débiles et peu crédibles. Et pire que tout pour une romance, je n'ai pas cru une seconde à cette histoire d'amour (ou du moins, pas avant la toute fin). En fait, on se met d'un coup à parler de ce coup de foudre et de cette histoire naissance et je me suis demandée si je n'avais pas loupé un passage. Je n'ai pas compris à quel moment ils étaient censés être tombés amoureux tant leur rencontre m'avait semblé peu chaleureuse. J'ai même relu quelques pages, mais non, je n'avais rien loupé.

 

 Et puis, les personnages, parlons-en... Ils ne sont ni sympathiques ni attachants. Il n'y a qu'à la toute fin du roman qu'ils m'ont semblé un peu plus humains. Marybeth n'est pas très agréable et elle est complètement à côté de la plaque. Je n'ai pas compris ses choix et son passé ne justifie pas tout. Elle n'a pas l'air passionné par ce qu'elle fait, semble avoir 70 ans au lieu de 26 et je l'ai trouvé plutôt prétentieuse malgré son manque de confiance en elle, ce qui d'ailleurs ne colle pas. Idem pour Craig que j'ai trouvé arrogant et antipathique dès le début. Il y a vraiment des incohérences au niveau des personnages. Et puis tous ces "Je te veux, mais je ne peux pas. Je te veux, mais en fait non" qui peuvent être amusants ne l'ont pas été ici. Ca m'a juste agacé.

 

 Et je ne parle même pas de toutes ces réflexions sur le mariage, la fidélité, la sexualité (ou plutôt l'absence de sexualité) qui m'ont usé. Quel ennui, mais quel ennui ! J'ai traîné ce livre comme un boulet pendant plusieurs semaines. J'ai pensé plusieurs fois l'abandonner, mais j'ai toujours peur de louper quelque chose et que la fin rattrape un peu le reste. Pour être honnête, je me suis mis un bon coup de pied aux fesses pour le finir et pouvoir enfin passer à autre chose. La fin m'a plus plu que le reste, mais pas au point de rattraper le reste. J'ai eu l'impression de lire un texte écrit à la va-vite qui aurait vraiment mérité d'être un peu plus travaillé (et aussi relu car il y a d'ailleurs beaucoup de coquilles). C'est creux et fade, il y a des bonnes idées mais très mal exploitées. Il manque, selon moi, beaucoup d'ingrédients pour faire de ce livre une jolie romance de Noël.

 

 

En quelques mots :

De bonnes idées mais très mal exploitées. Un roman qui est, pour moi, sans intérêt et que je suis contente d'avoir terminé.

 

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2016-11-23T19:50:18+01:00

Si loin des siens

Publié par MyaRosa

Far from Home - Tamara McKinley

370 pages, éditions L'Archipel, novembre 2016

L'histoire :

Septembre 1940. Polly Brown a accepté un poste d’infirmière à l’hôpital Cliffehaven, sur la côte Sud de l’Angleterre, afin de se rapprocher de Jack, son mari, grièvement blessé au front. Elle a dû se séparer d’Alice, sa fillette de 5 ans, envoyée au Canada pour fuir l’Europe en guerre.
À Cliffehaven, Polly emménage à la Pension du Bord de Mer, tenue par les époux Reilly. Là-bas, elle fait la connaissance de Danuta, une jeune Polonaise qui a perdu toute sa famille au début de la guerre. Les deux femmes se serrent les coudes, mais alors que Polly commence seulement à s'intégrer, une terrible nouvelle vient tout bouleverser...

 

Mon avis :

 

 L'an dernier, à la même époque, je vous ai présenté "Et le ciel sera bleu", le premier tome d'une saga écrite par Tamara McKinley et publiée sous le pseudonyme d'Ellie Dean. Loin du bush australien auquel elle nous a habitué dans ses autres romans, cette saga se déroule en Angleterre durant la Seconde Guerre Mondiale dans une pension de famille. Le principe de cette saga : chaque tome met en lumière une résidente de la Pension du Bord de mer. Le personnage s'éclipse ensuite pour laisser la place à un autre, mais on prend de ses nouvelles dans le tome suivant et on retrouve toujours les mêmes personnages secondaires. Le volet précédent nous faisait découvrir l'histoire de la jeune Sally et de son petit frère et celui-ci nous fait rencontrer la courageuse Polly. On retrouve aussi Danuta dont on avait déjà entendu parler et qui est la soeur d'un personnage présent dans le volume précédent.

 

 Cette saga me plaît beaucoup. Le contexte est fort et très dur. On en apprend beaucoup sur la vie en temps de guerre. Les difficultés rencontrées au quotidien, le manque de nourriture, les attaques aériennes, le black-out, etc... La Pension du Bord de Mer est un endroit accueillant. Malgré les attaques subies et le manque de moyens, l'énergique et pétillante Peggy Reilly fait de son mieux pour rendre la vie de ses pensionnaires plus agréable. Elle est ferme mais toujours juste et bienveillante. C'est un personnage que j'adore et que je me réjouis de retrouver dans chaque tome.

 

 Dans sa saga, Tamara McKinley met vraiment les femmes à l'honneur. Elle nous parle de leur force, de leurs rêves et de leurs regrets, de leur fragilité et de leur côté passionné, des sacrifices qu'elles sont prêtes à faire... Elle met aussi l'accent sur les relations entre les différentes générations. Il y a tous les âges à la pension du Bord de Mer et des liens forts et parfois inattendus se tissent pour notre plus grand plaisir. Oui, il y a des bons sentiments, parfois c'est un peu gros pour être crédible et certains qualifieront ce roman de "roman de gare", mais on s'en fiche et moi, j'adore ! J'aime tellement que les petits défauts ne me gênent pas. J'adore toutes ces descriptions du quotidien, ces petites chamailleries entre les filles de la pension et ces moments de bonheur qui font oublier l'époque si difficiles et les douleurs l'espace d'un instant. Je me régale à lire ces histoires aussi tragiques que belles. Les personnages que l'on rencontre ont tous des secrets et portent leur lot de souffrance, mais ils sont aimants, bienveillants et s'entraident les uns les autres. Ca fait du bien de voir que même dans les contextes les plus durs, la bonté et l'humanité ne sont pas oubliées.

 

 Ce tome m'a beaucoup plu. La pauvre Polly a beaucoup d'épreuves à affronter, mais elle est courageuse et bien entourée. On retrouve avec plaisir les personnages secondaires rencontrés dans le volet précédent et on s'attache encore un peu plus à eux. Je pense à Peggy, Ron, Cissy, Mme Finch... J'ai volontairement modifié le résumé du livre et je vous recommande de ne pas lire la quatrième de couverture qui dévoile des éléments importants qu'on apprend après plus de 200 pages de lecture. C'est vraiment dommage ! J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre. J'ai frémi, j'ai souri, j'ai tremblé, j'ai pleuré pour tous les personnages croisés et j'ai été très émue par leurs histoires et leur générosité. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et je n'avais aucune envie de refermer ce livre et de quitter la Pension du Bord de Mer. Je ne peux que vous recommander ce livre si vous aimez les histoires pleines d'émotions.

 

En quelques mots :

Une saga magnifique ! Un roman qui se déroule en temps de guerre et qui est rempli d'humanité, d'émotions, d'amour et de bienveillance. J'adore ! Vivement la suite !

 

 

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2016-11-02T15:16:52+01:00

Nous allons mourir ce soir

Publié par MyaRosa

The Grownup - Gillian Flynn

60 pages, éditions Sonatine, novembre 2016

Quatrième de couverture :

"Quelqu'un vous ment. On dirait que vous allez devoir choisir à quelle histoire vous accordez votre foi. Qu'est-ce qui vous rassurerait le plus ?"

 

Mon avis :

 

 A chaque roman, Gillian Flynn me surprend et me scotche complètement. J'aime son côté irrévérencieux, sa façon de provoquer et de choquer le lecteur. Elle arrive à nous entraîner dans des histoires sordides et dérangeantes sans que jamais l'idée nous traverse de refermer le livre et d'en rester là. On boit chacun de ses mots. On est comme hypnotisé. On a beau savoir que ça va mal se terminer, on continue à avancer, à s'enfoncer plus profondément dans le piège infernal qu'elle nous tend.

 

 "Nous allons mourir ce soir" n'est pas un roman, mais une nouvelle et même si c'est un format que j'apprécie beaucoup, j'avais un peu peur que ça fonctionne moins bien, que ça ne me fasse pas le même effet. Je suis ravie de vous dire que je me suis trompée et qu'elle m'a encore bluffée. Dès les premières phrases, on reconnaît sa plume. Cette façon bien à elle de cracher les mots comme ils sortent, sans pudeur, sans aucune gêne mais avec beaucoup de cynisme.

 

 

 L'héroïne de cette nouvelle est une femme qui a l'habitude de manipuler les autres. C'est même grâce à cela qu'elle survit. Elle observe et finit toujours par savoir où appuyer pour parvenir à ses fins. C'est ainsi qu'elle se retrouve à Caterhook Manor, une demeure victorienne chargée d'un lourd passé. Là-bas, un adolescent étrange tyrannise sa belle-mère et surgit des recoins à la manière d'un fantôme. Des choses étranges se déroulent dans cet endroit et la narratrice qui n'est pas du genre à croire en ces choses-là se met à douter de tout et de tout le monde... Celle qui avait toutes les cartes en main se retrouve, comme le lecteur, démunie et fragile. Que se passe-t-il vraiment dans cet endroit ?

 

 J'ai tout simplement adoré ! L'écriture de Gillian Flynn est incisive et savoureuse. On se prend au jeu dès les premières pages et elle nous entraîne dans une atmosphère angoissante digne des plus grands romans d'épouvante qui nous tient en haleine jusqu'au dénouement parfaitement maîtrisé. On passe d'une réalité sordide à des histoires de meurtres, de fantômes, de maisons hantées et de possessions qui ne sont pas moins dérangeantes. C'est un livre qui vous tiendra éveillé et que vous lirez d'une traite tant vous aurez envie de connaître le fin mot de l'histoire. Attention aux ombres, aux craquements et aux planchers qui grincent...

 

Et avant que j'oublie, le livre en lui-même est superbe. Couverture épaisse, brillante et cartonnée. Papier noir. Format agréable. Un collector à avoir dans sa bibliothèque. Moi, j'aime beaucoup.

 

En quelques mots :

J'ai adoré !

Une nouvelle parfaitement maîtrisée et réussie dans laquelle on retrouve le talent indéniable de l'auteur. Suspense et frissons garantis !

 

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2016-10-05T19:06:25+02:00

Petits secrets, grands mensonges

Publié par MyaRosa

Big Little Lies - Liane Moriarty

520 pages, éditions Albin Michel, octobre 2016

L'histoire :

Jane, mère célibataire, vient d’emménager avec son petit garçon et un secret qui est le sien depuis cinq ans. Le jour de la rentrée scolaire, elle rencontre Madeline, un personnage haut en couleur avec lequel il faut compter – elle se souvient de tout et ne pardonne jamais – et Céleste, une femme à la beauté époustouflante mais qui, paradoxalement, est toujours mal à l’aise. Elles prennent toutes deux Jane sous leur aile, en faisant attention de dissimuler leurs propres secrets. Cependant, quand un incident survient à l’école, les choses s’enveniment : les commérages vont bon train, les rumeurs empoisonnées se propagent jusqu’au point où il est impossible de démêler le vrai du faux...

 

Mon avis :

 

 «Lire Liane Moriarty, c'est un peu comme déguster un Cosmopolitan relevé d'un doigt d'arsenic.»

USA Today
 
 Oui, oui, oui ! C'est exactement ça ! Il y a, dans ce roman, un mélange entre la comédie et le drame, des passages qui font penser à la série Desperate Housewives ou au roman "Grande Avenue" de Joy Fielding, des scènes vraiment drôles et des choses beaucoup plus graves et plus sérieuses. On sent beaucoup d'acidité derrière le sucre et le miel. On se moque des autres et de nous-mêmes, de notre société où le paraître prime sur la vérité, où on se mêle de la vie des autres au lieu de balayer devant sa porte, où on passe plus de temps à essayer de convaincre les autres que l'on est heureux plutôt que de se demander si on l'est vraiment. Ce sont tous ces malaises de notre monde moderne que l'auteur montre du doigt. Cette façon que l'on a de juger les autres sans les connaître, de rester en surface sans prendre le temps d'analyser ou de comprendre. Ce livre est bien plus profond qu'il n'y paraît...
 
 
 Ce qui est sûr, c'est que j'ai adoré ce roman d'un bout à l'autre ! Il y a des passages qui, je pense, sembleront un peu longs à certains lecteurs, mais en ce qui me concerne, j'ai tout aimé ! Les querelles entre ses parents qui critiquent ouvertement les autres et pensent qu'ils sont les seuls à détenir les clés d'une éducation réussie, cette belle amitié qui se noue entre ces trois femmes très différentes, ce petit coin de bord de mer où il fait bon vivre malgré les commérages, le café de Tom où on se sent si bien avec toutes ces bonnes choses à manger et cette ambiance chaleureuse, Tom tout court..., ce mystère autour de chacun des personnages et les commentaires des parents sur ce fameux drame, la construction du roman et l'écriture drôle et piquante de l'auteur, le fait que tout se passe en Australie. Je me suis régalée !
 
 J'ai maintenant vraiment hâte de découvrir la mini-série TV adaptée de ce roman, surtout qu'il y a un casting d'enfer : Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley... Il y a déjà quelques photos qui circulent sur le net et ça donne vraiment envie. C'est Reese Witherspoon qui est tombée amoureuse de ce roman et est à l'origine de ce projet d'adaptation. Je suis sûre que ça va être génial ! En attendant, je vais me dépêcher de lire l'autre roman de Liane Moriarty déjà paru en France - Le Secret du mari - et j'espère que ses autres livres seront bientôt traduits en français.
 
 
En quelques mots :
Entre la comédie et le drame, un roman délicieusement grinçant qui met en scène des mères de famille et leurs secrets bien cachés...
 

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2016-06-30T20:57:54+02:00

Ainsi va la vie

Publié par MyaRosa

E tutta vita - Fabio Volo

286 pages, éditions Michel Lafon, mai 2016

L'histoire :

Ils étaient si heureux ensemble... que s'est-il passé ? Eux qui se sont trouvés, choisis et séduits dans une gare. Eux qui pouvaient s'enfermer des heures dans une chambre avec un " Prière de ne pas déranger " accroché à leur porte. Eux qui n'avaient besoin de rien ni de personne d'autre. Ensemble, ils semblaient si légers et inséparables. Eux qui aujourd'hui se trouvent chacun d'un côté de la pièce.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Après avoir beaucoup entendu parler de Fabio Volo, je découvre enfin cet auteur italien qui arrive, avec beaucoup de justesse, à parler de la vie et de l'amour, et je ne suis pas du tout déçue, bien au contraire.

 

 "Ainsi va la vie", c'est l'histoire d'un couple comme les autres. Nicola et Sofia ne cherchaient pas forcément à s'engager durablement, mais ils sont tombés fous amoureux l'un de l'autre. Ils avaient envie de passer chaque moment ensemble, de pouvoir respirer l'odeur de l'autre en permanence, de partager ses rêves, ses repas, ses doutes, ses loisirs et ses envies, si bien qu'un jour ils ont décidé de ne plus jamais se quitter. Leur relation était fusionnelle, sensuelle, passionnée. Mais le temps, la routine et surtout l'arrivée d'un bébé ont rapidement tout chamboulé...

 

 La spontanéité, la passion, la tendresse et l'affection se sont peu à peu estompées à cause de la fatigue, de la lassitude, des habitudes... Les reproches ont pris la place des petits mots doux. Ils ne s'écoutent plus, se sentent frustrés en permanence de ne pas avoir de temps pour eux et le font payer à l'autre. Ils ont moins de désirs, moins d'envie et se posent tous les deux des questions sur l'avenir de leur couple et sur leurs sentiments.

 

 C'est surtout Nicola que l'on suit. Il nous confie son ressenti, ses craintes et ses regrets ainsi que ses difficultés à trouver sa place de père. La quarantaine, il a passé sa vie à profiter, à faire ce qu'il voulait quand il le voulait et cette nouvelle vie de famille est loin de le satisfaire. Il a l'impression de ne plus rien faire pour lui, de ne pas être à la hauteur, de décevoir tout le monde et il culpabilise de ne pas se sentir plus heureux et plus épanoui... Mais surtout, il a peur du changement et reste très attaché à son passé. Il se pose sans arrêt des questions sur ce qu'aurait pu être sa vie s'il avait fait d'autres choix, rencontré d'autres femmes. Il se demande s'il ne passe pas à côté de quelque chose. Sa confession m'a beaucoup touchée parce qu'elle sonne juste et reflète, je pense, ce que peuvent ressentir beaucoup de parents et de personnes qui s'engagent pour la vie.

 

 Fabio Volo n'hésite pas à briser les tabous et il nous livre une histoire d'amour vraie et crédible qui n'a rien d'un conte de fées. Il parle, sans fausse pudeur, des difficultés rencontrées par tous les couples, par tous ces obstacles à affronter. Il envoie valser les idées reçues, toutes ces bêtises que l'on nous fait croire quand on est jeune. La vie de couple n'est pas simple. S'aimer, c'est bien, mais parfois cela ne suffit pas. Il faut beaucoup de sacrifices, de compromis, de courage et d'obstination pour que ça dure et l'arrivée d'un bébé ne consolide pas les choses, cela demande au contraire d'être déjà bien soudés. On a le droit d'avoir peur, de douter, d'hésiter, de se tromper, c'est même une réaction normale et nous ne devons pas en avoir honte.

 

 "Ainsi va la vie" est un très beau roman. Il est bien écrit, souvent drôle et toujours très touchant. On se reconnaît forcément un peu sur certains points et l'auteur ne tombe jamais dans le fatalisme et ne se place pas en donneur de leçons. J'avais un peu peur du côté moralisateur ou que le roman ne se rapproche trop du guide de développement personnel car j'ai horreur de cela, mais ce n'est vraiment pas le cas. Fabio Volo ne tombe pas dans le cliché et la facilité. Ses réflexions sont pertinentes et très justes et il nous livre une très belle confession, un beau témoignage d'amour auquel j'ai été sensible. C'est un livre très touchant à recommander à tous les parents. On ne dirait pas comme ça, mais il est plein d'optimisme et d'humour... et surtout rempli d'amour !

 

En quelques mots :

Un très beau livre qui parle de la vie de famille et de l'amour sans tabou.

 

 

 "Chacun tente de survivre à sa propre vie comme il peut. En échafaudant des petites stratégies d'évasion."

 

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2016-06-15T21:09:53+02:00

L'Enfant du lac

Publié par MyaRosa

The Lake House - Kate Morton

632 pages, éditions Presses de la Cité, avril 2016

L'histoire :

1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l'enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l'abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s'intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l'enquête, au grand dam de l'une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.

 

Mon avis :

 

 Même si je n'ai pas encore lu tous ses romans, je peux déjà affirmer avec certitude que Kate Morton est ma romancière préférée. Ca a été une vraie révélation lorsque j'ai découvert "Les Heures lointaines" il y a quelques années. J'ai lu et relu ce roman plusieurs fois, toujours avec autant de plaisir et d'émotions. Pourtant, je n'étais pas très enthousiaste en commençant ce livre car en général, j'ai horreur des pavés. C'est bête, je sais, mais on a tous nos petites manies de lecteurs... Moi, les pavés, ça m'angoisse ! Je sais déjà que je vais être coincée un bout de temps avec les personnages qu'ils me plaisent ou non, que je ne vais pas pouvoir passer à une autre histoire avant longtemps et ça, ça m'angoisse. Je me sens un peu piégée et prisonnière. C'est totalement ridicule puisque les rares pavés que je me suis risquée à lire m'ont beaucoup plu, mais que voulez-vous... Si on me laisse le choix entre un roman de 800 pages et un autre de 200, je n'hésiterai pas bien longtemps.

 

 Tout cela pour vous dire que lorsque j'ai découvert Kate Morton, j'ai su que je m'étais trompée. J'ai été charmée dès les premières lignes au point de me dire "C'est ce que je cherchais ! C'est pour ça, c'est pour cette raison que je lis !" Vous savez, cette impression d'être emportée ailleurs, ce mélange de frisson et d'excitation, ce sentiment d'être encore là-bas, au coeur du livre, même quand vous l'avez reposé. Cette envie d'avoir le fin mot de l'histoire qui ne nous quitte pas, ce besoin de lire encore et encore pour comprendre, pour être là-bas. Kate Morton a un talent incroyable. Elle sait comme personne vous emmener ailleurs, vous raconter des histoires qui pourraient être vraies. Elle vous transmet son amour des vieilles pierres, sa passion pour tous ses secrets qu'elles renferment et qui ne doivent pas tomber dans l'oubli. Ses histoires sont toujours palpitantes et dramatiques, pleines de mystères, d'amour et de passion. Ses livres me font toujours le même effet, je m'y sens bien et je n'ai aucune envie d'en sortir. Je suis totalement hypnotisée à chaque fois. Toutes ses histoires me hantent et me poursuivent bien après ma lecture... Et puis, je prends un tel plaisir à les lire. Je savoure chaque mot, je relis des passages, je prends mon temps, j'apprécie chaque description et j'ai l'impression d'avoir l'endroit sous les yeux.

 

 

 Vous vous en doutez, je pense, "L'Enfant du lac" n'a pas fait exception à la règle... Ce roman m'a profondément bouleversée. Il m'a fait rire, sourire, pleurer aussi. Les personnages m'ont émue et je n'avais aucune envie de les quitter. J'ai adoré la petite Alice, son amour si fort pour la maison de son enfance, j'ai été touchée par Eleanor, cette femme si courageuse et si passionnée. J'ai aimé Daffyd Llewellyn, curieux personnage qui semble tout droit sorti d'un conte de fées. Et comment rester insensible aux thèmes abordés dans ce roman ? L'amour, la guerre, l'écriture la perte d'un enfant, la fidélité et la loyauté, les sacrifices, la complexité des relations au sein d'une famille, la perte d'un être cher, la douleur de l'absence, les rêves et l'envie de se libérer aussi bien des promesses que l'on a faites que d'une éducation trop rigide qui laisse peu de place au bonheur...

 

 

 Et puis, il y a ces femmes passionnées par le mystère qui cherchent à tout prix à résoudre les énigmes les plus coriaces. J'ai aimé leur obstination et leur façon de contourner les règles. Quel mystère autour de la disparition de ce petit garçon ! Cette enquête va mettre en lumière beaucoup de secrets. L'auteur nous balade d'une hypothèse à l'autre et elles sont toutes plus crédibles les unes que les autres. C'est brillant et bien orchestré. On ne s'ennuie pas une seconde ! J'ai adoré chaque chapitre et même chaque ligne de ce roman. Je n'avais aucune envie de tourner la dernière page et je me sens vraiment triste de l'avoir terminé. C'est une merveille, un roman qui vous prend aux tripes, vous émeut et vous captive du début à la fin. Vous cherchiez votre pavé de l'été, vous l'avez trouvé !

 

 

 

En quelques mots :

Gros coup de coeur pour cette histoire captivante et bouleversante. Kate Morton m'a, encore une fois, impressionnée par son talent de romancière. Quelle merveilleuse conteuse ! Elle nous transporte et nous hypnotise et on n'a aucune envie que ça s'arrête.

 

 

A découvrir aussi :

Les Heures lointaines

La Scène des souvenirs

 

 

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2016-06-02T13:52:36+02:00

Le Secret du dernier fils

Publié par MyaRosa

La malediccio dels Palmisano - Rafel Nadal

331 pages, éditions Terra Nova, mai 2016

L'histoire :

1918. Dans un petit village du sud de l’Italie, un bébé pousse son premier cri tandis que l’Europe sort tout juste de la guerre. Ce nouveau-né ne connaîtra jamais son père, mort au combat, tout comme vingt autres hommes de la famille. Vitantonio est donc le dernier fils d’une lignée dont les hommes semblent frappés de malédiction. Pour qu’il ne connaisse pas le même sort, le jour de sa naissance, Vitantonio est adopté par une autre famille, très aisée. Il est élevé comme le jumeau de Giovanna, née le même jour. Les deux enfants grandissent, vivent dans l’insouciance… et se rapprochent. Mais la seconde guerre mondiale éclate. La tragédie va déchirer le voile du secret des origines de Vitantonio. Le dernier fils pourra-t-il à échapper à son destin et à la malédiction des siens ?

 

Mon avis :

 

 Le début de ce roman m'a totalement envoûtée. La mort tragique de toute une famille, un secret et un sacrifice destinés à sauver un enfant sur lequel plane une menace terrible ont de quoi intriguer le lecteur, mais il y a, en plus de cela, des descriptions de l'Italie à couper le souffle... tellement réalistes et bien écrites qu'on s'y croirait ! La chaleur suffocante, le parfum et la saveur des olives et des fruits et légumes gorgés de soleil, les jeux d'enfants et les récits des vieux sur la place du village, les grands repas de famille après la messe, les fêtes et le passage de la Befana, les fleurs dans le jardin de la nonna, l'insouciance et l'innocence des enfants que la guerre va venir balayer sans crier gare...

 

 Si le récit commence tragiquement durant la première guerre mondiale, on oublie presque tout cela lorsque viennent les moments plus calmes de l'entre-deux-guerres. On ne s'attend tellement pas à ce que l'ambiance change que l'on reste sans voix lorsque l'auteur nous propulse d'une période à l'autre. C'est tellement différent qu'on a l'impression de lire un autre roman. On oublie un peu Giovanna et Vitantonio pour s'intéresser à un pays, à un peuple confronté à l'horreur de la guerre. Je dois reconnaître que j'ai eu un peu de mal à m'y faire. La première partie était tellement passionnée et passionnante, tellement ennivrante et pleine d'émotions que j'ai trouvé la seconde partie plus fade. J'avais l'impression de lire une succession de faits, un constat tragique comme un documentaire historique qui me touchait, bien sûr, mais pas autant que le début du livre. Et puis, je crois que j'attendais un peu plus de rebondissements par rapport au fameux secret.

 

 Pourtant, j'ai fini par m'y habituer et j'ai compris pourquoi l'auteur avait fait ce choix. Avec cette construction singulière, il nous montre à quel point la guerre change les choses et les gens. Tout ce qui avait de l'importance avant n'en a plus en temps de guerre. Chacun doit faire des choix, choisir son camp, se sacrifier et accepter de perdre des proches sans avoir le temps de les pleurer car il faut se relever tout de suite et réagir au risque de subir le même sort. Tant d'injustice, tant de vies brisées, tant de destins gâchés, de passé enterré. Pourquoi ? Pour qui ?

 

 J'ai vraiment aimé suivre cette famille, connaître ses secrets, ses conflits, ses désaccords. Je me suis attachée à Giovanna et Vitantonio ainsi qu'à leur pays, leur petit coin de paradis qu'ils chérissent tant. Je garderai en tête les désastres de la guerre, mais aussi et surtout la dolce vita italienne, cette enfance inoubliable et insouciante, cet amour infini et passionné pour la terre et la famille.

 

 

En quelques mots :

Des passages un peu longs, mais une jolie lecture très contrastée qui nous montre les désastres et les injustices provoquées par la guerre et l'insouciance perdue de la jeunesse.

 

 

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2016-05-23T16:46:05+02:00

Nos années sauvages

Publié par MyaRosa

We are All Completely Beside Ourselves - Karen Joy Fowler

364 pages, éditions Presses de la Cité, avril 2016

L'histoire :

Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu'elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu'à aujourd'hui. C'est l'histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous…

 

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité

pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Depuis sa sortie en VO, on entend beaucoup parler de ce roman. Les avis sont très partagés et c'est justement ce qui a attisé ma curiosité. Certains adorent, d'autres détestent ou ne savent pas quoi en penser, mais tout le monde s'accorde sur le fait qu'il vaut mieux ne rien savoir de l'histoire avant de s'y plonger...

 

 J'ai adoré le début. L'écriture de l'auteur m'a tout de suite plu et j'ai immédiatement apprécié Rosemary. Elle est unique en son genre et m'a beaucoup émue. Elle a eu une enfance particulière et on la sent très affectée par l'éclatement de sa famille. Même si elle s'est construite une nouvelle vie, elle pense constamment aux siens. On voit qu'elle aimerait remonter le temps et redevenir enfant. J'ai aimé partager ses souvenirs. J'étais tellement emballée que je ne voyais pas le temps passer et que je pensais déjà que ce livre allait être un coup de coeur, une lecture dont je me souviendrai longtemps. Il faut dire que c'est un roman qui ne manque pas d'originalité et qui a une construction très intéressante puisqu'en plus de son sujet peu banal, l'histoire est racontée dans le désordre et la narratrice avoue à plusieurs reprises ne pas avoir dit toute la vérité ou avoir modifié quelques faits ce qui, bien souvent, change totalement les choses.

 

 Néanmoins, passé un tiers de ma lecture, je me suis lassée. L'écriture était toujours aussi plaisante mais j'avais l'impression de tourner en rond et j'ai trouvé le temps long, long, long... J'ai eu du mal à poursuivre ma lecture. Je me suis arrêtée à plusieurs reprises. J'en avais assez de cette accumulation d'explications qui me donnaient parfois l'impression de lire un documentaire. C'était intéressant et pertinent, certes, mais mal dosé, à mon goût, au point de rendre le roman indigeste. Le début qui était tellement drôle, tellement léger, tellement décalé a laissé la place à quelque chose de plus lourd et de plus pesant qui a fini par me perdre en chemin... J'ai terminé ma lecture mais pour être honnête, j'étais soulagée de passer à autre chose. Je garderai quelques bons souvenirs et je ne regrette pas d'avoir lu ce livre, mais je suis déçue.

 

En quelques mots :

Je suis déçue... Le début me plaisait beaucoup mais j'ai vite trouvé le roman lourd et indigeste. L'originalité de l'histoire et les émotions qu'elle provoque n'ont malheureusement pas suffit à rattraper l'ensemble.

 

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2016-05-20T20:49:05+02:00

Le Chant du rossignol

Publié par MyaRosa

The Nightingale - Kristin Hannah

525 pages, éditions Michel Lafon, avril 2016

L'histoire :

France, 1939. Dans le village de Carriveau dans la Loire, Vianne Mauriac fait ses adieux à son mari qui part au front et se retrouve seule avec sa fille. Elle ne peut imaginer que les nazis vont envahir le pays. Pourtant, lorsqu'un capitaine allemand réquisitionne sa maison, elle est forcée d'accueillir un officier sous son toit. Et fait le choix de protéger sa fille avant la liberté de son pays... Sa sœur Isabelle, 18 ans, a passé son enfance dans des pensionnats depuis la mort de leur mère, et son père décide de l'envoyer vivre avec Vianne. Mais son tempérament rebelle met en danger leurs vies à toutes. Isabelle décide donc de partir vivre à Paris, le jour de l'entrée des Allemands dans la ville. Impétueuse et pleine d'idéaux, elle s'engage très vite dans la Résistance sous le nom de code " Le Rossignol " et fait régulièrement passer des aviateurs anglais en Espagne. Deux sœurs, deux destins et deux façons de survivre à la guerre et à l'envahisseur. Un grand roman sur l'amour, la liberté, les idéaux et sur le rôle des femmes pendant la guerre.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

"[...] dans l'amour, nous découvrons qui nous voulons être ; dans la guerre, nous découvrons qui nous sommes."

 

 Comme beaucoup de lecteurs, j'ai un faible pour les romans qui parlent de la guerre et plus particulièrement de la seconde guerre mondiale. Je pense qu'il y a plusieurs raisons à cela : le devoir de mémoire, parce que c'est une période noire qu'on ne peut et qu'on ne doit pas oublier mais aussi parce qu'on a énormément de mal à réaliser et à comprendre que des choses si terribles se sont passées dans notre pays il y a si peu de temps... Il y a tellement de gens qui ont fait preuve de courage, qui se sont battus pour la liberté et qui ont continué d'espérer quand tout semblait perdu... Les livres comme celui-ci sont une façon de dénoncer les horreurs de la guerre afin qu'on ne les oublie jamais et surtout que ces choses ne se reproduisent plus, mais aussi de mettre à l'honneur les héros de l'ombre, de rendre hommage à ceux qui ont permis la vie que l'on a aujourd'hui. C'est ainsi que je vois les choses. Et pour le coup, Kristin Hannah leur rend le plus beau des hommages...

 

 Quel roman, mais quel roman ! Les avis sur ce livre sont tous ultra positifs et c'est clairement justifié et amplement mérité. Avec beaucoup de crédibilité et de sensibilité, Kristin Hannah dresse le portrait de deux femmes, deux soeurs complètement différentes qui vont devoir faire des choix pour survivre et sauver les leurs durant la seconde guerre mondiale. Vianne est aussi sage, réservée, raisonnable et généreuse qu'Isabelle est fougueuse, impulsive et déterminée. L'une se retrouve coincée chez elle en Province, obligée d'accueillir l'ennemi sous son toit et de faire profil bas pour protéger sa fille et sa maison tandis que l'autre parcourt la France et risque sa peau pour son pays et ses idéaux. Deux façons de voir les choses, deux manières de survivre, mais surtout deux femmes courageuses, attachantes et inoubliables qui vont subir des épreuves qu'on ne souhaiterait pas à notre pire ennemi...

 

 L'auteur nous offre un récit riche, passionnant, émouvant et bien documenté qui nous fait revivre l'une des parties les plus sombres de notre histoire. C'est tellement crédible qu'on s'y croirait ! On est totalement happé par l'histoire dès les premières pages et on se sent menacé à tout instant. C'est plein de suspense, d'émotions fortes et de rebondissements sans que cela ne fasse too much. On y croit dur comme fer et on tremble pour les personnages. C'est un roman bouleversant, révoltant, très bien écrit, impossible à lâcher et qui laisse une marque indélébile dans le coeur du lecteur. J'ai rarement lu quelque chose d'aussi poignant. Si vous aimez les émotions fortes, foncez, vous ne serez pas déçus ! Je n'oublierai jamais cette histoire...

 

En quelques mots :

Gros coup de coeur pour ce roman crédible et bouleversant. Des personnages inoubliables. Un page-turner à lire absolument. Un roman qu'on ne peut et qu'on ne veut pas oublier !

 

A lire aussi :

Plume fantôme (Isabel Wolff)

Pardonne-lui (Jodi Picoult)

Il était une lettre (Kathryn Hughes)

Et le ciel sera bleu (Tamara McKinley)

A la vie, à la mort (Paule du Bouchet)

Une Lettre de vous (Jessica Brockmole)

Le Secret de Tristan Sadler (John Boyne)

 

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2016-05-10T13:29:45+02:00

Naufragés

Publié par MyaRosa

Wreckage - Emily Bleeker

343 pages, éditions Michel Lafon, mars 2016

L'histoire :

Lillian, épouse et mère de deux enfants, a accepté d'accompagner sa belle-mère dans un voyage aux Fidji gagné lors d'un jeu. Mais les vacances de rêve se transforment rapidement en cauchemar, quand leur petit avion s'écrase sur un île déserte. Deux ans plus tard, seuls Lillian et son guide, Dave, sont retrouvés par hasard et secourus. À leur retour, leur histoire incroyable fait la joie des médias. Comment ont-ils pu survivre durant tout ce temps et qu'est-il arrivé aux autres passagers ? Tous deux relatent une même version sans fausse note, à la presse bien sûr mais aussi à leur famille et leurs amis. Quand Genevieve Randall, une journaliste à la dent dure, se met en tête qu'ils cachent un secret, elle n'imagine pas que son enquête va prendre une dimension inattendue...

 

Mon avis :

 

 Naufragés/Wreckage est le premier roman d'Emily Bleeker et ce ne sera sûrement pas le dernier ! Avec une aisance remarquable, elle arrive à nous entraîner immédiatement dans son histoire et à créer une certaine intimité avec les personnages. On n'a plus l'impression d'être chez nous. On oublie le quotidien, tout ce qu'on avait prévu de faire et on tourne les pages, encore et encore, sans plus avoir la notion du temps, sans plus penser à rien d'autres. On est perdu sur une île déserte du Pacifique sud, aux côtés des personnages, et on ne sait pas comment on va réussir à survivre et à se sortir de là...

 

 J'ai beaucoup aimé la construction de ce roman. On sait dès le début que certains personnages s'en sont sortis et ont pu retourner chez eux, mais on ne sait pas quand ni comment et encore moins avec quelles séquelles. Ils livrent peu à peu leur histoire, mais la version qu'ils racontent aux journalistes n'est pas vraiment celle que l'on découvre grâce aux nombreux flash-back. Pourquoi mentent-ils ? Qu'ont-ils faits de si terribles sur l'île et/ou durant le crash ? Quels terribles secrets cachent-ils ?

 

 J'ai vraiment adoré ce roman. C'est un page-turner très difficile à lâcher. Le récit du quotidien des naufragés sur l'île m'a vraiment passionné et c'est sans doute ce que j'ai le plus aimé. J'ai essayé de m'imaginer à leur place, loin de tout, avec si peu de choses pour survivre, la faim et la peur au ventre en permanence... Les personnages, pour la plupart, m'ont beaucoup plu et je me suis attachée à eux. Personne ne devrait avoir à affronter les épreuves qu'ils traversent.

 

 J'ai quand même trouvé que l'auteur, dans la seconde moitié du récit, en avait un peu trop fait au niveau des révélations qui sont malheureusement trop prévisibles et pas toujours crédibles, sans parler de la fin qui est beaucoup trop mielleuse à mon goût et gâche un peu l'impression générale. J'ai trouvé que ça n'apportait pas grand chose et que le livre n'avait pas besoin de tout ça, au contraire, cela le dessert même un peu... En revanche, j'ai adoré la façon dont elle décrypte les sentiments et les émotions des personnages. On voit des liens se créer et leurs relations évoluer ou se dégrader. L'affection, l'amour, la haine, le dégoût, la rivalité... Tout cela m'a passionné ! En dehors de quelques bémols, je me suis vraiment régalée !

 

En quelques mots :

Un récit bien construit et totalement addictif que je recommande absolument malgré quelques petits bémols qui n'ont pourtant pas gâché mon plaisir. J'ai adoré cette lecture !

 

 

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