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Articles avec #litterature francophone catégorie

2017-01-10T10:12:38+01:00

Agatha, es-tu là ?

Publié par MyaRosa

Nicolas Perge & François Rivière

281 pages, éditions Du Masque, janvier 2017

L'histoire :

Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.
« Ni vivante… ni morte… » Ces quelques mots d'un ami médium résonnent fortement dans l'esprit d'un Conan Doyle fatigué. Le vieil auteur de Sherlock Holmes s'est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, Le Meurtre de Roger Ackroyd. Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ? Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?
Réfugiée dans l’hôtel d'une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…
 Inspiré de faits réels, Agatha, es-tu là ? convoque avec insolence et violence deux immenses monuments du roman criminel et fait d'eux les victimes d'une comédie macabre où les masques s'arracheront un à un, à coups de lame.
 
 
Mon avis :
 
 Depuis quelque temps, mes lectures tournent beaucoup autour de Conan Doyle et d'Agatha Christie. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette lecture qui s'inspire d'un fait réel : la disparition étrange et mystérieuse de la reine du crime au cours de l'année 1926. Un fait divers qui a intrigué toute l'Angleterre et même Conan Doyle en personne. Aujourd'hui encore, certaines parties de l'histoire restent floues et de nombreuses hypothèses continuent de circuler, ce qui a le don d'inspirer les auteurs, les journalistes et les amateurs de romans policiers.
 

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Les chapitres sont courts et bien construits. On suit plusieurs personnages à la fois. On alterne souvent entre Agatha Christie et Conan Doyle. La lecture est fluide et bien rythmée. On suit avec plaisir les recherches de Conan Doyle, son avancée dans l'enquête toute particulière puisqu'en plus des indices et de la logique, spiritisme et mediums sont au rendez-vous ! J'ai particulièrement aimé les passages dans lesquels il est question de sa famille. Beaucoup de pudeur, mais surtout beaucoup d'amour et d'affection.
 
 J'ai aimé suivre Agatha et j'ai trouvé que son personnage était bien travaillé. On a du mal à la cerner. On la sent perdue, déboussolée. Il est difficile de démêler le vrai du faux. Et puis, il y a toute cette histoire construite autour qui vient pimenter encore un peu le récit et inquiéter le lecteur. Les rebondissements sont nombreux et on ne s'ennuie pas une seconde. J'ai passé un très bon moment et j'ai maintenant encore plus envie de découvrir Agatha Christie et Arthur Conan Doyle.
 

 

En quelques mots :
Un roman difficile à lâcher. Une lecture agréable et mystérieuse.
 
 
 
A lire aussi :
 

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2016-12-28T23:37:55+01:00

Retour à la nuit

Publié par MyaRosa

Eric Maneval

141 pages, éditions 10/18, novembre 2016

L'histoire :

Antoine a 8 ans. C’est la fin du mois d’août dans la Creuse. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans un fourgon en compagnie d’un inconnu qui lui apprend qu’il vient de lui sauver la vie. L’homme le dépose à l’hôpital de Limoges et disparaît. Vingt ans plus tard, Antoine est veilleur de nuit dans un centre pour ados. À la télévision, on reparle de l’affaire du « découpeur » suite à la découverte de nouveaux témoignages. Lors de la reconstitution de l’enquête, Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie dans la rivière.

 

Mon avis :

 

 Dès les premières lignes de "Retour à la nuit", j'ai été happée par l'écriture quasi hypnotique d'Eric Maneval et je me suis plongée dans cette histoire à corps perdu. Il y a d'abord cette scène qui, on le sait déjà, finira mal : des enfants insouciants qui jouent dangereusement dans l'eau sans même avoir conscience des risques qu'ils prennent. Jusqu'à l'accident qui prend une tournure inattendue et se termine finalement mieux que prévu mais étrangement tout de même. L'histoire reprend ensuite vingt ans plus tard. Antoine, que l'on connaît déjà, mène une existence tout à fait normale. Il travaille de nuit dans un foyer qui accueille des enfants et des adolescents malmenés par la vie et un peu paumés et il prend son rôle très à coeur. Chaque jour la même routine, le même rythme, les mêmes personnes croisées. Jusqu'à ce jour où une émission de télévision fait tout basculer et force Antoine à se replonger dans son passé et à remettre en cause ce qu'il croyait savoir. Pour le meilleur, et pour le pire...

 

 Eric Maneval joue avec le lecteur, le balade, le manipule, le pousse à s'interroger et à tirer ses propres conclusions. C'est quelque chose qui peut dérouter, mais qui m'a beaucoup plu. Si le récit commence de manière classique, très vite, des petites choses étranges semées ça et là viennent semer le doute dans notre esprit. Et puis, il y a ce questionnement perpétuel sur le bien et le mal. Est-on vraiment mauvais si on fait de bonnes choses ? Peut-on être un héros et un monstre en même temps ? Les choses sont-elles forcément noires ou blanches ? J'ai aimé cette ambivalence permanente et cette atmosphère étrange et pesante qui s'installe au fil des pages. Cette façon d'aborder le passé, la souffrance, les secrets enfouis, les blessures de l'enfance qui ne guérissent jamais. C'est un récit vraiment troublant et déstabilisant qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. La fin est frustrante, c'est vrai, mais ce roman ne me laisse pas une impression négative, loin de là. Il m'a vraiment remué et me laisse un sentiment étrange. Vertige, folie, cauchemar, terreurs enfantines, passé trouble, réminiscence, angoisse, mal-être, douleur... On navigue en eaux troubles entre réalité et cauchemar, entre bon et mauvais, entre bien et mal et on ne sait jamais de quel côté on est vraiment. Bluffant !

 

En quelques mots :

Un récit aussi déstabilisant que fascinant qui laisse une impression étrange. Une écriture hypnotique et percutante. J'ai beaucoup aimé.

 

 

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2016-11-01T20:21:04+01:00

Chanson douce

Publié par MyaRosa

Leïla Slimani

227 pages, éditions Gallimard, août 2016

L'histoire :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

 

Merci à Priceminister pour cette lecture.

#MRL16 #PriceMinister

 

Mon avis :

 

 Tout va pour le mieux chez les Massé. Myriam en rêvait et elle l'a fait ! Après des mois passés à s'occuper de son foyer, elle retrouve la vie professionnelle qui lui manquait tant et s'épanouit à nouveau pleinement dans son rôle de femme, d'avocate et de maman. Le couple vit à Paris, dans un bel appartement du dixième arrondissement. Ils ont deux jeunes enfants, Adam et Mila, et ont trouvé la perle rare, la nounou idéale en la personne de Louise, une femme soigneuse et douce qui gère à la perfection la maison et les enfants. Chaque matin, ils quittent leur progéniture et leur foyer en toute sérénité et sont soulagés de pouvoir souffler un peu. Pourtant, on nous prévient dès le début, tout cela va mal se finir. Un terrible drame est sur le point de se produire... Comment ? Pourquoi ? C'est justement ce que l'on va découvrir au fil des pages...

 

 L'écriture de Leïla Slimani est envoûtante et très belle. On se laisser hypnotiser dès les premières pages. L'auteur arrive, avec une aisance déroutante, a glisser des idées sombres et des phrases dérangeantes au milieu de scènes plutôt ordinaires qui nous laissent avec une sensation et une impression étranges. On n'est pas toujours sûr d'avoir bien compris, on doute, mais on sent que le malaise est là, qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. C'est assez perturbant. On a vraiment l'impression de faire partie de l'histoire et la présence de Louise, si familière et agréable au début, devient de plus en plus gênante.

 

 Ce qui fait tant parler de ce roman, je crois, c'est la façon dont Leïla Slimani arrive à expliquer le pire. Ce qui nous semble totalement injustifiable au début, tellement improbable, devient inéluctable et presque logique lorsque l'on lit le roman. C'est difficile à avouer et à encaisser, pour le lecteur. L'auteur décortique notre société, ses injustices et ses malaises, avec tellement de justesse que ça nous met mal à l'aise. On s'embourbe doucement mais sûrement dans les ténèbres. On est pris au piège dans la toile de l'araignée et on ne peut plus faire machine arrière. On avance vers le pire, l'horreur, tout ce qu'on redoute et qui est maintenant inévitable. C'est un roman terriblement sombre qui remue, bouscule et nous laisse sans voix. Une sorte de conte moderne cruel. Un livre qu'on n'oublie pas.

 

 

En quelques mots :

Noir, c'est noir ! Un roman hypnotique et ténébreux qui vous laissera sans voix.

 

 

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2016-10-27T13:06:49+02:00

Le Syndrome du papillon

Publié par MyaRosa

Maxence Fermine

252 pages, éditions Michel Lafon, octobre 2016

L'histoire :

Hugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée.
Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies.
Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie.
Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.

 

Mon avis :

 

 Maxence Fermine est un auteur que j'apprécie beaucoup. On m'a offert "Neige", il y a quelques années, et j'avais tant aimé l'écriture de l'auteur que je m'étais empressée de lire presque tous ses autres livres. J'ai particulièrement aimé "L'Apiculteur", "Le Palais des ombres", "Opium" et "Le Violon noir". L'auteur a également écrit pour la jeunesse, il y a quelques années, et nous a offert une jolie trilogie  - "La Petite marchande de rêves", "La Poupée de porcelaine" et "La Fée des glaces" - dans laquelle on retrouve la même poésie que dans ses romans pour adultes avec un soupçon de magie et de fantastique. Cette fois, avec "Le Syndrome du papillon", il s'adresse aux adolescents en abordant la complexité de cet âge, le mal-être, les difficultés à trouver sa voie et sa place dans le monde. Malheureusement, ça ne m'a pas vraiment convaincue...

 

 Si le début était plutôt plaisant, j'ai vite été lassée par le langage faussement familier d'Hugo, et surtout, j'attendais qu'il se passe enfin quelque chose. Le personnage de Morgane était intéressant, mais j'ai trouvé Hugo assez pénible et je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages. Ca manquait cruellement d'émotions. Pas de papillons dans le ventre, pas de frayeurs, pas d'attentes, pas de suspense. C'était plat. Je suis restée en dehors. Il y avait quelque chose qui sonnait faux et ça m'a vraiment dérangé. Le langage des deux adolescents n'était pas très crédible. C'était parfois trop familier et à d'autres moments trop soutenu. Un ado qui jure toutes les dix secondes n'emploie pas des expressions comme souper ou faire sa toilette. Leurs réactions étaient souvent trop faciles et surjouées. Il y avait des scènes qui n'apportaient vraiment rien à l'histoire et qui étaient juste là pour meubler un peu. Ca manquait vraiment de surprise et de spontanéité !

 

 Et puis, il y a toutes ces informations sur tout et n'importe quoi qui m'ont semblé intéressantes mais qui arrivaient comme un cheveu sur la soupe. D'accord, ça peut s'expliquer par la situation de Morgane, mais ça manquait vraiment de subtilité. Je suis vraiment déçue. Sauf dans quelques descriptions, je n'ai pas retrouvé la poésie que j'aime tant dans les écrits de Maxence Fermine... C'était une lecture fade et sans surprise qui manquait, à mon sens, de crédibilité, de fraîcheur et de spontanéité car c'est ce que l'on recherche dans ce genre de lectures. J'ai tenu jusqu'au bout, mais je me suis vraiment dit "Tout ça pour ça ?" Si vous voulez découvrir Maxence Fermine, je vous conseille vraiment de choisir un autre roman. N'importe lequel, mais pas celui-là !

 

En quelques mots :

Un roman décevant. Une lecture fade qui manque cruellement de spontanéité, de fraîcheur et d'originalité.

 

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2016-08-18T13:03:39+02:00

Un merci de trop

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

279 pages, éditions Michel Lafon, juin 2016

L'histoire :

S’il fallait décrire Juliette en un mot, « transparente » serait sans doute le bon. Depuis toujours, elle a fait ce que l’on attendait d’elle, mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à trente ans, elle mène une vie où choisir entre lasagnes et sushis est un événement. Pourtant, au fond d’elle-même, elle sait qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Et elle est loin d’imaginer où cela va la mener.

Parfois, le bonheur est à portée de main.

 

Mon avis :

 

 Si vous cherchez un livre pour vous détendre, rire, terminer les vacances tranquillement ou passer un bon moment, j'ai ce qu'il vous faut ! Le roman de Carène Ponte m'a tenu compagnie durant quelques heures et cette lecture pleine de fraîcheur et d'optimisme m'a fait le plus grand bien.

 

 Il faut dire que Juliette est un personnage très sympathique. Cette jeune femme est pétillante, drôle, pleine de vie, mais elle manque de confiance en elle. Elle a toujours fait ce qu'on attendait d'elle plutôt que ce qu'elle voulait vraiment par peur de décevoir. C'est la fille discrète - presque invisible - qui s'efface derrière les autres, ne se fait jamais remarquer et dont on oublie le prénom. Pourtant, s'il on cherche à en savoir plus sur son compte, Juliette est intéressante et attachante. Elle a de la répartie, de bonnes idées et des rêves plein la tête. Le passage à la trentaine va lui donner envie de tout envoyer valser pour n'écouter que son coeur et ses envies. Il est temps que Juliette pense enfin un peu à elle et qu'elle s'épanouisse. Elle n'en peut plus de cette vie fade et sans surprise, elle veut vibrer !

 

 J'ai vraiment beaucoup aimé le personnage de Juliette ainsi que l'écriture de Carène Ponte. Voilà un roman qui fait du bien, qui décomplexe et qui donne envie de s'écouter et d'envoyer balader tout ce qui nous prend la tête. Les échanges entre les personnages sont savoureux, il y a des scènes vraiment cocasses et des références actuelles qui parleront, j'en suis sûre, à toutes les femmes d'aujourd'hui. J'ai eu l'impression de regarder un film, une jolie comédie romantique avec de l'humour, de l'émotion, des rebondissements et de la bonne humeur. Je me suis régalée de la première à la dernière page !

 

En quelques mots :

Une comédie romantique classique mais très agréable à lire. Un roman qui détend, des personnages attachants et pétillants que l'on suit avec plaisir et une histoire qui fait du bien et décomplexe. Je ne peux que vous recommander cette lecture feel-good !

 

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2016-08-16T08:15:59+02:00

Gaspard ne répond plus

Publié par MyaRosa

Anne-Marie Revol

500 pages, éditions JC Lattès, mai 2016

L'histoire :

Dans le cadre d’un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l’Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu’il chute d’un pick-up et échoue au fond d’un fossé…
La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n’a qu’une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d’un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l’autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l’on veut se retrouver…

 

Mon avis :

 

 Ca y est, j'ai terminé mon pavé de l'été ! Ce livre de 500 pages m'aura tenu compagnie durant plusieurs semaines. Oui, semaines. Fatiguée par les travaux et les préparatifs du déménagement, j'ai très peu lu et j'avais un peu de mal à me concentrer. Néanmoins, je suis contente que Gaspard m'ait tenu compagnie durant tout ce temps. Son histoire rocambolesque et originale m'a fait passer de bons moments.

 

 Tout commence lorsque Gaspard, candidat d'une émission de télé-réalité, s'égare au beau milieu de nulle part. Alors qu'il traversait l'Asie avec sa coéquipière, le jeune homme est tombé du véhicule qui les emmenait sans que personne ne s'en rende compte... On ne sait pas vraiment si c'est un accident, si quelqu'un l'a poussé ou s'il a délibérément sauté, mais Gaspard est blessé. Il est recueilli - ou retenu prisonnier, on ne sait pas vraiment - au Vietnam, dans un village isolé où une femme peu commode dicte sa loi et tente de maintenir la population à l'écart du monde moderne. Pendant ce temps là, à Paris, c'est la panique ! Personne ne sait où est Gaspard ni s'il est vivant et encore moins comment le retrouver. Tandis que la chaîne tente de garder le secret, Eulalie, la femme qui a élevé Gaspard est prête à tout retourner et à soulever des montagnes pour sauver son petit protégé.

 

 Ce qui m'a plu, dans ce roman, c'est d'abord ce contraste très fort entre l'univers mesquin et sans scrupule de la télé-réalité et la vie des habitants de ce petit village isolé qui est d'ailleurs renforcé par la construction du roman puisque les chapitres sont alternés. Dans ce petit village oublié, les gens sont ensemble. Ils ne s'enferment pas devant leur télé - ils n'en ont pas ! - mais passent leurs soirées tous ensemble, se racontent des histoires, partagent leurs connaissances. Ils vivent au rythme de la nature sans se soucier du lendemain et de ce qui se passe à l'autre bout du monde. Si j'ai un peu boudé les passages de ce roman qui se déroulent dans les coulisses de l'émission, j'ai vraiment adoré tous les moments passés au Vietnam.

 

 Il y a beaucoup de rebondissements et de digressions, dans ce roman. Des coïncidences qui sont un peu trop grosses et nombreuses pour être crédibles, mais qu'importe, on se laisse emporter. Les personnages sont hauts en couleur, certains un peu trop caricaturaux à mon goût, mais d'autres m'ont vraiment beaucoup plu : Gaspard, Hubert, My Hiên et Khoa... Et puis, il y a les carnets d'Hubert que découvre Gaspard et qui vont lui apprendre beaucoup de choses sur son passé. J'ai adoré les découvrir avec lui ! Hubert nous raconte sa vie, mais il nous parle aussi de tout et de rien, nous confie ses découvertes, nous livre la recette du teurgoule normand, nous explique certains mots, nous parle d'itinéraires parisiens ou de ses conquêtes. Au fil de ses écrits, on le découvre peu à peu, il se dévoile l'air de rien. C'est un personnage qui m'a beaucoup touchée et j'attendais, comme les habitants du village, la suite de la lecture de ses carnets avec impatience.

 

 En quelques mots :

Malgré quelques bémols et des passages un peu longs, j'ai passé un bon moment en compagnie des personnages de ce roman et j'ai apprécié ce voyage à l'autre bout du monde, loin de tout. Avec "Gaspard ne répond plus", Anne-Marie Revol nous offre un roman original, dense, dépaysant et surprenant qui ne manque ni d'humour ni d'émotions.

 

 

"Il faut parfois savoir faire preuve d'humilité : on ne rend pas les gens heureux malgré eux.
Ce serait trop simple."
(Page 333)

 

" Ce qui me plaît plus que tout ici, c'est la façon qu'ont les habitants d'appréhender l'instant. Chacun vit au rythme de la course du soleil, de la lune et des saisons. Personne ne tient compte de l'heure puisque personne ne possède de montre, de réveil ou d'horloge.
 C'est en débarquant à Paris que j'ai découvert combien le temps pouvait être obsédant. Avant, dans ma province, il s'écoulait lentement. Si lentement que tout était bon pour le tromper, le perdre, le tuer. Idem au lycée. A la ferme. A l'armée. Je m'emmerdais sec. Tout durait une éternité. Les minutes, les heures, les journées ne finissaient jamais.
 La capitale m'a électrisé : il y avait tant à voir et à faire que soudain le temps vint à me manquer. J'aurais alors donné n'importe quoi pour en gagner, pour le suspendre, le défier."
(Page 400)

 

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2016-06-28T19:51:01+02:00

L'Orangeraie

Publié par MyaRosa

Larry Tremblay

153 pages, éditions Folio, mars 2016

L'histoire :

«Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.»
Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Il est bien difficile de parler de ce livre et d'expliquer toutes les émotions que sa lecture engendre. Difficile aussi de parler de toutes les questions qui se bousculent dans nos têtes et de tout ce que ce livre remue... C'est un roman que l'on peut qualifier d'actuel et en même temps d'intemporel. Une sorte de fable moderne. On ne sait pas vraiment où se passe l'histoire ni quand, ce qui rend le roman encore plus percutant.

 

 C'est l'histoire de deux frères inséparables qui vivent avec leurs parents dans une orangeraie. Ils n'ont que neuf ans, mais c'est pourtant la fin de leur enfance et de leur insouciance, même s'ils ne le savent pas encore... Un obus a décimé leurs grands-parents et un homme est venu parler à leur père. Depuis, il n'est plus le même et a quelque chose en tête...

 

 

 On ne choisit pas son pays, l'époque à laquelle on vit, sa famille, les obstacles que l'on rencontre. On est là et c'est comme ça. Il faut faire avec. Vivre sans savoir si notre vie aurait été différente ailleurs, se demander si on a fait les bons choix, s'il y avait d'autres solutions. Qu'aurions nous fait si nous étions nés ailleurs, si nous avions été élevés avec d'autres idées, d'autres valeurs ? On vit tous avec notre lot d'injustices et de souffrances, les conséquences de nos choix, nos regrets, une bonne dose de culpabilité pour ce qu'on a fait, ce qu'on n'a pas fait et ce qu'on aurait dû faire. Mais jusqu'où peuvent mener la souffrance et la haine ?

 

 J'ai aimé la manière dont l'auteur s'y est pris pour aborder son sujet. Ce n'est vraiment pas évident de parler de la guerre, du fanatisme, de sacrifice et d'embrigadement. Ce qui m'a plu, c'est qu'il ne se place pas en donneur de leçons. Il nous montre au contraire que tout n'est jamais tout noir ou tout blanc. Il n'y a pas le mal d'un côté et le bien de l'autre. C'est bien plus complexe que cela et il arrive même à nous faire comprendre comment se font manipuler certaines personnes. Larry Tremblay nous invite, au contraire, à réfléchir et à tirer nos propres conclusions. Le livre est court, mais le texte est brutal et marquant. Il y a des passages qui nous brisent le coeur. J'ai été très émue par ces deux frères, mais aussi par leur mère que l'on voit peu mais qui m'a vraiment touchée en plein coeur. C'est un récit très bien écrit qui prend aux tripes et que l'on ne peut/doit pas oublier.

 

 

 Sur le moment, la dernière partie du livre m'a un peu déçue, mais avec du recul, je comprends le choix de l'auteur. Quelle lecture ! La dernière page est tournée mais notre réflexion ne fait que commencer. On a l'impression d'entendre les voix de toutes les nombreuses victimes de guerre, on entend leurs cris, la souffrance de ceux qui restent et qui perdent ceux qu'ils aiment. On a envie de crier, de pleurer. C'est un texte qui remue vraiment mais qu'il faut lire absolument. On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde.

 

En quelques mots :

Un livre qui frappe fort et nous touche en plein coeur.

A lire absolument !

 

Quelques extraits :

 

"Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail ? La peinture n’a pas le temps de s’écailler, les rideaux n’ont pas le temps de jaunir, les assiettes n’ont pas le temps de s’ébrécher. Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n’y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. Ecoute-moi, j’ai deux fils. L’un est la main, l’autre le poing. L’un prend, l’autre donne. Un jour c’est l’un, un jour c’est l’autre. Je t’en supplie, ne me prends pas les deux."

 

"En contemplant le ciel, Tamara se demandait si la lune avait connu le désir de la mort, celui de disparaître à jamais de la face de la nuit et de laisser les hommes orphelins de sa lumière. Sa pauvre lumière empruntée à celle du soleil."

 

"Elle s'asseyait sur le banc placé devant les roses et respirait les odeurs riches qui montaient de la terre humide. Elle se laissait bercer par la musique des insectes, levait la tête en cherchant la lune des yeux. Elle la regardait comme si c'était une vieille amie qu'elle venait rencontrer. Certaines nuits, la lune lui faisait penser à une empreinte d'ongle dans la chair du ciel."

 

"Je te parle avec de la paix dans mes mots, dans mes phrases. Je te parle avec une voix qui a sept ans, neuf ans, vingt ans, mille ans. L'entends-tu ?"
 

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2016-06-03T19:57:36+02:00

Nos adorables belles-filles

Publié par MyaRosa

Aurélie Valognes

270 pages, éditions Michel Lafon, mai 2016

L'histoire :

Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut:
Un père, despotique et égocentrique, Jacques.
Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine.
Leurs fils. Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.
Et surtout… trois belles-filles délicieusement insupportables !
Stéphanie, mère poule angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’invite dans la famille et dont personne ne veut.
Mélangez, laissez mijoter… et savourez !

 

Mon avis :

 

 Après plusieurs lectures difficiles et un peu tristes, j'avais envie de quelque chose de léger et de rafraîchissant et j'ai trouvé exactement ce que je cherchais dans le dernier roman d'Aurélie Valognes. Dans ce livre, l'auteur nous présente des personnages qui n'ont rien d'extraordinaire et qui ne sont pas des héros. Ils ont des qualités et des défauts, pourraient être nous ou bien nos voisins. Elle nous parle de la difficulté de s'intégrer au sein d'une famille mais aussi des problèmes de cohabitation lorsqu'on se retrouve tous ensemble avec des goûts, des idées, des habitudes et des envies bien différentes...

 

 J'ai beaucoup aimé ce livre. C'est une comédie pétillante et rafraîchissante qui ne manque pas d'humour. J'avais l'impression d'assister à une pièce de théâtre et ça m'a beaucoup plu. Les personnages de ce roman ont tous des côtés insupportables qui sont bien mis en avant, mais en même temps, on se reconnaît souvent et/ou on reconnaît nos proches en eux et ils ont aussi un côté très touchant. Il y a des scènes et des dialogues délicieux, des personnages (presque tous) qui frôlent la crise de nerfs, des répliques piquantes et des claques qui se perdent, plein de bons sentiments mais aussi des réflexions pertinentes sur le sens de la vie et sur la famille. C'est une lecture qui fait du bien et que je trouve parfaite pour les vacances d'été.

 

En quelques mots :

Une comédie familiale drôle et rafraîchissante qui m'a beaucoup plu.

 

 

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2016-05-26T14:54:27+02:00

Eh bien dansons maintenant !

Publié par MyaRosa

Karine Lambert

282 pages, éditions JC Lattès, mai 2016

Présentation de l'éditeur :

Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.
Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire.

Marguerite a toujours vécu dans l'ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l'insouciance, le désir et la joie ?

Après le succès de L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, traduit dans de nombreux pays, Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l'ivresse d'une histoire d'amour à l'heure où l'on ne s'y attend plus.

 

Mon avis :

 

 Lorsqu'ils se rencontrent, Marguerite a 78 ans, Marcel à peine moins. Ils sont tous les deux veufs et ont du mal à continuer à vivre sans leur moitié. Marcel parce que Nora était sa merveille, son amour de jeunesse, celle qui le poussait à sortir et à s'amuser. Marguerite parce qu'elle a toujours vécu au rythme des rituels instaurés par son mari et toujours selon ses envies et ses goûts à lui. Elle s'est perdue en route, oubliant qui elle était et ce qu'elle aimait tandis que Marcel n'a plus envie de faire toutes ces choses qu'il aimait mais qui n'ont plus de sens sans sa femme. Pourtant, lorsqu'ils se rencontrent, quelque chose se passe. Il y a comme une étincelle, un petit quelque chose qui brûle en eux et leur faire ressentir un sentiment et des émotions qu'ils croyaient ne plus jamais ressentir. Peut-on être trop vieux pour aimer ?

 

 Marguerite et Marcel le savent et nous aussi, le temps est compté. Ils n'ont plus le temps. Plus le temps de s'aimer et de prendre des risques ou au contraire plus de temps à perdre ? Ils ne sont pas forcément d'accord sur la réponse à cette question et leurs proches non plus d'ailleurs... Tout est simple et en même temps si compliqué...

 

 J'ai beaucoup aimé cette lecture. Les personnages sont touchants, simples et attachants. Marcel est tellement attentionné, tellement joyeux et passionné, tellement prêt à embellir le quotidien de Marguerite. J'ai aimé les souvenirs qu'il évoque de son Algérie natale, les odeurs, les saveurs et l'ambiance de cet univers à des années lumière de la région parisienne. Marguerite est si fragile, si pudique, tellement habituée à s'effacer, à s'oublier pour les autres... On a envie de les encourager sans les brusquer, de leur murmurer à l'oreille "N'aies pas peur. Ose ! Accepte ce bonheur." On se sent proche d'eux.

 

 C'est un roman qui nous montre qu'il n'est jamais trop tard pour aimer et pour être heureux mais qui nous dit aussi qu'il ne faut pas perdre de temps et saisir sa chance quand elle se présente au risque de le regretter amèrement. On ne peut pas se contenter d'une moitié de vie, d'une vie sans saveur et sans couleurs. Il faut vibrer, brûler, trembler, voyager, rêver, s'envoler et tant pis si on se blesse en route car ça en vaut la peine.  Une jolie lecture pleine de délicatesse, de sensibilité et d'émotions. Je ne m'attendais pas à cette fin mais je pense que c'est celle qu'il fallait. Le texte prend encore plus de sens et d'importance à nos yeux. C'est beau et un peu triste, cet amour tardif...

 

"Les hommes redeviennent des enfants quand ils quittent leur patrie."

"Passer de l'enfance à l'âge adulte, c'est perdre une à une ses illusions."

"Ruban par ruban, il délace le corset invisible qu'elle a porté pendant toutes ces années."

"Un jour on grimpe dans un arbre et on ne sait pas que c'est la dernière fois."

 

En quelques mots :

Une lecture touchante, pleine de sensibilité et d'émotions.

 

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2016-03-24T13:15:00+01:00

Fidèle au poste

Publié par MyaRosa

Amélie Antoine

312 pages, éditions Michel Lafon, mars 2016

L'histoire :

Mai 2013. Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu'au jour où la jeune femme se noie accidentellement au cours d'une baignade matinale. Gabriel, incapable de surmonter seul son chagrin, se décide à chercher du soutien auprès d'un groupe de parole. Il fait alors la connaissance d'Emma, une photographe récemment arrivée en ville, qui l'aide à surmonter son deuil.
Mais Chloé semble toujours très présente et étonnement vivante aux yeux de Gabriel qui ne parvient pas à l'oublier et à se reconstruire. Et si la réalité n'était pas celle à laquelle le jeune veuf se raccroche ?

 

Mon avis :

 

 Difficile de parler de ce livre sans trop en dire, alors je vais faire court : lisez-le ! Pour moi, ce roman est une vraie bonne surprise. Je m'attendais à quelque chose d'assez classique, mais j'ai bien vite compris que ce ne serait pas le cas... En plus des zones d'ombres et des secrets que devine peu à peu Gabriel qui tente de faire son deuil, la voix de Chloé vient hanter le récit, nous livrant ainsi un récit à trois voix peu ordinaire...

 

 J'ai trouvé l'écriture de l'auteur très agréable et j'ai dévoré ce roman très rapidement en ayant vraiment l'impression que le temps s'était arrêté. J'étais totalement immergée dans l'histoire, aux côtés de Gabriel, d'Emma et de Chloé. Je n'ai rien vu venir et j'ai été scotchée par les différents rebondissements. La construction de ce roman est bluffante et vraiment bien pensée. Je comprends l'engouement des lecteurs pour ce roman court et efficace et j'ai passé un très bon moment en le lisant. Je vais m'arrêter là pour ne pas vous gâcher le plaisir, mais franchement lisez-le et assurez-vous d'avoir un peu de temps devant vous car vous ne pourrez pas vous arrêter en cours de route tant l'histoire est addictive et pleine de surprises !

 

En quelques mots :

Un roman vraiment surprenant et très addictif. J'ai adoré !

 

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2016-02-29T08:52:05+01:00

100 récitations d'hier pour aujourd'hui

Publié par MyaRosa

Albine Novarino-Pothier

192 pages, éditions Points (Le goût des mots), octobre 2015

Présentation de l'éditeur :

Ecoutez ces mots qu'une génération après l'autre, nous avons appris et récités. De Baudelaire à Victor Hugo, en passant par Prévert et Charles Cros, voici 100 récitations pour tous les mois de l'année, de septembre à juin, de la rentrée aux grandes vacances, des textes pour grandir au fil des mois mais aussi au fil des impressions et des sentiments. Ce livre est l'écho des cahiers soigneusement illustrés de notre enfance dans lesquels on trouvait les plus belles poésies de la langue française.

 

Mon avis :

 

 Depuis l'automne dernier, ce joli recueil me tient compagnie. Je le savoure, page après page. C'est comme avoir un gros paquet de bonbons. Chaque récitation est une surprise à déguster, une petite madeleine de Proust qui redonne le sourire et évoque tant de moments inoubliables, d'émotions enfouies au plus profond de nous... Quel plaisir de retourner en enfance d'une si jolie manière ! Albine Novarino-Pothier a choisi avec soin des poèmes intemporels qui évoque les plaisirs tendres de l'enfance, la ronde des saisons, la rentrée des classes, les couleurs de l'automne, l'attente et l'excitation, les fêtes, les vacances, les jeux d'enfants... C'est comme si le temps était suspendu.

 

 L'auteur nous invite à souffler un peu et à nous souvenir qu'un jour, nous avons été enfants. La vie était tellement plus simple, à l'époque, nous avions d'autres préoccupations, nous nous demandions par exemple s'il ferait beau le lendemain, quels jeux nous ferions avec nos copains et si nous réussirions à réciter correctement un poème. Nous attendions fébrilement le jour de Noël ou les grandes vacances, nous passions un temps fou à courir dans les feuilles ou à regarder le ciel. Tout cela est encore en nous et la flamme des souvenirs ne demande qu'à être ravivée.

 

"Cessons un instant dans nos existences de stress de nous agiter ; descendons du vélo et regardons-nous pédaler, remontons, comme les sages poissons, le cours de nos existences vers nos sources."

 

 Quel délice de retrouver toutes ces récitations chères à mon coeur, de redécouvrir ces poèmes qui parlent du vent, de la pluie, de Noël, de l'école, de la neige, des vacances, des odeurs, des saveurs et des couleurs, du quotidien, du beau temps, du paysage, des animaux, des grandes personnes, de la lumière et du bonheur. Les textes d'Apollinaire, d'Hugo, de Verlaine, de Desnos, de Queneau, de Rimbaud, de Trénet, de La Fontaine et de bien d'autres fabuleux poètes encore sont de délicieuses friandises dont on ne se lassera jamais... Ils sont, en plus, accompagnés de dessins d'enfants aux couleurs chatoyantes et d'une naïveté touchante. Ce recueil est un petit trésor ! 

 

En quelques mots :

Un recueil très réussi qui nous replonge dans la douceur et la légèreté de l'enfance. Une petite madeleine de Proust qui redonne le sourire et l'envie de croquer la vie à pleines dents.

 

 

"Quand on est petit, on est dans le concret, l'immédiat, la couleur du berlingot, le parfum des mandarines, l'immensité toujours renouvelée des vitrines de jouets, la fraîcheur de la pluie qui enfante des flaques dans lesquelles ce sera un pur bonheur d'aller glisser tout doucement.

Quand on est petit, on s'inscrit dans le temps qu'il fait et dans celui qui vient."

 

"L'enfance, ce sont aussi des lieux bénis entre tous, beaux et parfumés, tendres et rassurants comme des jardins."

 

 

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2016-01-28T12:50:38+01:00

À la vie à la mort

Publié par MyaRosa

Paule du Bouchet

125 pages, éditions Gallimard (Scripto), septembre 2002, 7,90€

Quatrième de couverture :

Mai 1944. Il neige des fleurs de cerisier. Derrière ce brouillard de neige, un brouillard de larmes. Un petit garçon voit sa mère disparaître à jamais au bout d'un champ.
Avril 1918. Le soldat est beau comme une photo. Il a dit qu'il était américain. Qu'il repartait pour le front et qu'il voulait offrir un cadeau à une femme. Juliette l'a conseillé au mieux, elle y a mis tout son coeur. Un poudrier. Il a dit qu'il voulait y faire graver des initiales...

A travers sept nouvelles de guerre, des guerres de notre histoire proche, un fil, ténu comme une anecdote : celui de la vie qui continue, de la conscience qui parle trop clair, de l'amour plus fort que la guerre, de la mémoire qui ne s'éteint jamais.
A la vie, à la mort.

 

Mon avis :

 

 Je termine cette lecture sincèrement touchée par ces histoires et profondément émue par les personnages croisés au fil des pages. Avec beaucoup de sensibilité et d'émotions et au travers de sept nouvelles poignantes, Paule du Bouchet nous parle de la Première Guerre Mondiale et de la Seconde Guerre mondiale. Les histoires qu'elle nous raconte auraient pu être celles de nos grands-parents, de nos arrière-grands-parents, d'un cousin éloigné ou bien du voisin d'à côté. On a tellement de mal à réaliser que de telles horreurs ont pu se produire il y a si peu de temps, et pourtant... 

 

 Dans les nouvelles de ce recueil, on croise des personnages ordinaires auxquels on s'identifie facilement et qui vont être ou ont été confrontés à la guerre, à l'impensable. Il y en a qui cherchent un proche disparu, d'autres qui s'accrochent grâce à l'amour, un petit garçon qui fait tout pour se montrer digne de la promesse faîte à son papa avant la guerre, un homme revenu du front pour qui plus rien n'a de sens, des femmes et des enfants envoyés dans des camps de concentration, des enfants privés de l'insouciance qui devraient les caractériser et obligés de grandir plus vite, des résistants, des enfants qui cherchent ou attendent désespérement leurs parents, des jeunes qui risquent leur vie pour aller au bout de leur conviction ou sauver quelqu'un, des gens qui n'arrivent plus à avancer et vivent dans le passé comme si tout s'était arrêté et d'autres qui s'efforcent de continuer malgré tout ou de s'offrir l'illusion d'un quotidien ordinaire...

 

 Tant de vies gâchées, de destins brisés, de projets balayés, de familles séparées, d'enfance et d'innocence volées, de rêves envolés, mais aussi et surtout, tellement de courage et de force pour lutter, pour affronter, pour se reconstruire, pour vivre et aimer malgré tout, à la vie, à la mort. Ce recueil, écrit avec beaucoup de justesse et de sensibilité, nous bouscule, nous bouleverse et nous marque à jamais. Parce que derrière l'horreur et l'injustice, il y a beaucoup de sacrifices, de générosité, d'humanité et d'espoir et parce que l'auteur arrive à nous montrer la lumière derrière la noirceur. Elle parvient à nous faire ressentir les couleurs et les saveurs de la nature et des paysages qu'elle nous décrit qui poursuivent leur course comme si tout tournait rond dans le monde, comme si rien n'avait changé. Avec beaucoup d'aisance, elle nous fait ressentir la bonté, la force et l'humanité des personnages qu'elle nous présente. C'est une lecture poignante et indispensable qui ne peut laisser personne indifférent. Pour que jamais tout cela ne se reproduise et tombe dans l'oubli...

 

En quelques mots :

Un recueil poignant et bouleversant à mettre entre les mains des jeunes et des moins jeunes pour que personne, jamais, n'oublie...

 

(disponible en poche depuis le 14 janvier)

 

"Joseph avait dix ans quand sa mère disparut un jour à ses yeux au bout d'un champ de cerisiers en fleur, à flanc de montagne. C'était en mai 1944, un matin, et avec cette disparition, ce fut toute sa vie qui sombra. Tout ce qui précéda immédiatement cet instant fut englouti corps et biens. Joseph resta seul avec la silhouette de sa mère perdue dans un brouillard de fleurs de cerisiers. Tout ce qui se passa ensuite disparut aussi, comme si cela était arrivé à un autre que lui. Pendant des mois, des années, Joseph attendit sa mère."

 

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2016-01-24T19:16:36+01:00

Un Hiver à Paris

Publié par MyaRosa

Jean-Philippe Blondel

188 pages, éditions Pocket, janvier 2016, 6,20€

L'histoire :

C'est l'heure du retour de vacances. Dans le courrier en souffrance, une lettre attend Victor, professeur d'anglais depuis vingt ans. Ce qu'elle contient va raviver un souvenir enfoui. Septembre 1984. Victor est à Paris pour sa deuxième année de prépa. Il travaille beaucoup, a peu voire pas d'amis, la compétition est de toute façon cruelle. Un jour de cours comme un autre, dans la classe d'en face on entend une insulte, une porte qui claque, quelques secondes de silence, un bruit mat, le hurlement de la bibliothécaire. Mathieu a sauté. La pression, le sentiment de transparence, la solitude ? Qu'importe. Rien, désormais, ne sera plus jamais comme avant...

 

Mon avis :

 

 On est tout de suite happé par les mots de Jean-Philippe Blondel. Avec une écriture belle et limpide, il nous invite à partager l'intimité de son personnage, ses émotions les plus pures et les plus profondes. C'est une lettre qui nous semble d'abord sans importance qui va bouleverser Victor, le narrateur, et l'amener à se remémorer une période précise de sa vie, une époque dont il se souvient très bien mais qu'il a enfoui au fond de lui et sur laquelle il n'a pas l'habitude de revenir et encore moins de se confier. Malgré tout ce qu'il a vécu, malgré les années passées et les chemins qu'il a pris, malgré les gens perdus de vue et les nouvelles rencontres, il n'a jamais oublié cet hiver parisien...

 

 Dans ce roman, Jean-Philippe Blondel nous décrit le climat malsain, la pression, les humiliations publiques, la compétition et la tension permanentes qui règnent dans les grandes écoles parisiennes. Le narrateur de l'histoire arrive de province et s'installe à Paris pour ses études. Jour après jour, il observe ce monde cruel et impitoyable avec beaucoup de recul, de fatalisme et de lucidité. Il sait qu'il ne fera jamais partie des meilleurs mais cela semble lui être égal. Il avance dans la vie sans vraiment savoir où il va, en attendant que les choses se fassent d'elles mêmes. Jusqu'au jour où un événement tragique va tout changer...

 

 Le narrateur se retrouve malgré lui au coeur de l'attention. Il devient un peu plus populaire, ses camarades se rapprochent de lui, il attise la curiosité et se rapproche d'un père qui n'est pas le sien mais qui a le mérite de s'intéresser un peu à lui, ou du moins à une partie de sa vie. La lucidité du narrateur et sa solitude le rendent vraiment très attachant. On avance à l'aveugle avec lui, on le voit grandir, devenir un homme et un écrivain. C'est un récit intime et émouvant dans lequel ressurgissent des souvenirs, des blessures, des regrets qui nous poussent à nous interroger sur notre histoire personnelle, sur ces événements, ces petites choses qui nous ont fait devenir l'adulte que nous sommes aujourd'hui. La fin est vraiment superbe et m'a beaucoup plu.

 

En quelques mots :

Une lecture émouvante et marquante que j'ai eu beaucoup de mal à reposer.

 

 

"C'est le propre du roman d'amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à son côté. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s'affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister." (Page 181)

 

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2015-06-25T07:40:39+02:00

Néfertiti en bikini

Publié par MyaRosa

Claire Huynen

160 pages, Le Cherche midi, mai 2015

Quatrième de couverture :

« Des centaines de personnes se serraient frileusement autour de leur guide. [...] Des rangs entiers de bateaux de bois jouaient les autobus. Ils embarquaient leurs passagers fébriles à un rythme de marche militaire. Dans toutes les barcasses, ça comptait et ça recomptait. Les guides surveillaient leur formation en ordre serré. [...] La semonce essentielle, répétée inlassablement, était pourtant celle dont le danger la séduisait le plus : ne vous perdez pas. [...] Mais elle savait que tous les passagers avaient un billet de retour. Que le seul vrai danger était d'être en retard pour le dîner. »

Une mère offre à sa fille un voyage. Une croisière sur le Nil à bord du Cleopatra, hôtel flottant affrété par Magic'Vacances. Mais, dès l'arrivée, la mère trébuche et se trouve immobilisée par une entorse. Condamnée à rester sur le bateau, elle attend chaque jour le récit des excursions de sa fille.

Une femme et sa mère, que tout éloigne, se rencontrent à travers l'approche d'un pays qu'elles découvrent d'une manière différente. Quand la première sera entraînée dans le rythme effréné des visites, la seconde, à travers les histoires et les rencontres, prendra le temps lent du voyage. Néfertiti en bikini dresse avec humour les travers du tourisme moderne et les symptômes du phénomène de groupe qu'il génère. Il sera aussi question d'éblouissement, de résistance et de reddition.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Le Cherche Midi pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Si on se fie à la couverture de ce livre, on le classerait volontiers dans les romans de chick lit, mais ne vous y trompez pas ! Ce roman est bien plus profond qu'il n'y paraît, bien plus acerbe aussi...

 

 Lorsqu'elle était enfant, Jo s'est passionnée pour l'Egypte. Elle a passé des heures et des heures à rêver de pyramides et de pharaons. Puis, elle a grandi et voyant que personne ne prenait sa passion au sérieux, elle a laissé tout cela dans un coin de sa tête. Jusqu'au jour où sa mère avec qui elle ne partage pas grand chose lui fait la surprise de lui offrir une croisière sur le Nil. Ne voulant pas lui faire de peine, Jo accepte avec le sourire, mais elle redoute ce voyage. Elle sait que les choses ne se passeront pas comme dans ses rêves, que la beauté du décor sera salie par le contexte. C'est l'Egypte passée qui la fait rêver, pas celle des touristes en tongs et des visites supervisées où l'on vous offre de la "culture en kit". Pour couronner le tout, sa mère qui n'a jamais voyagé se retrouve immobilisée dès le début de l'aventure. Clouée au lit à cause d'une entorse, elle compte sur sa fille pour lui raconter chaque visite, chaque moment passé avec le groupe.

 

 J'ai beaucoup aimé cette lecture. Claire Huynen écrit vraiment très bien et décortique avec beaucoup de justesse et d'humour le tourisme actuel. Avec Jo, on se moque de tous ces gens qui s'émerveillent plus devant le buffet à volonté que devant le décor majestueux qui s'offre à eux. Ces touristes qui semblent faire les visites à reculons, sans apprécier vraiment les choses, en espérant juste avoir quelques anecdotes à raconter et des bijoux de pacotille pour épater leurs amis. Comme Jo, on voudrait pouvoir s'évader de ce séjour formaté qui sent l'argent à plein nez et sonne tellement faux. On voudrait découvrir l'Egypte, la vraie, se perdre dans les rues, observer les habitants, prendre le temps de visiter et de s'oublier, boire un thé bien chaud en admirant le paysage et profiter du silence. Comme elle, on se sent rapidement frustré et mal à l'aise devant l'attitude des autres, forcé de s'intégrer à un groupe ridicule et trop bruyant qui ne s'intéresse à rien, qui se contente de ce qu'on veut bien lui montrer. On étouffe et on rêve d'autre chose que cette Egypte aseptisée.

 

 A l'inverse, la mère de Jo qui, au début du voyage, rêve surtout de passer du temps avec le groupe, va découvrir le pays d'une manière différente et beaucoup plus vraie. C'est intéressant de voir les choses sous un angle différent. J'ai aimé la manière subtile dont l'auteur décrit la relation compliquée mais tout de même pleine d'amour entre la mère et la fille. Leurs échanges bien qu'assez rares sont touchants.

 

En quelques mots :

Une lecture acerbe et décapante sur le tourisme actuel et l'absurdité des voyages organisés. Une satire drôle et agréable à lire.

 

 

 

Quelques extraits :

"Au sombre des hauts toits, avant même de distinguer la masse des colonnes, l'ampleur de la pièce, l'abondance des reliefs, Jo se cogna à un air saturé, épais et chaud jusqu'à la nausée. Des touristes par centaines avalaient l'oxygène, mâchaient l'atmosphère à la rendre liquide. Des remugles d'humeurs âcres rendaient le milieu moite et entêtant. Et ça fourmillait. Pas un espace n'était laissé. On n'avançait qu'en se faufilant, en s'insinuant, en frôlant des peaux humides."

 

"- Pourquoi tous ces gens s'ennuient-ils en vacances ? Ils accèdent à des choses qu'ils ne reverront jamais. C'est important, je crois, de découvrir quelque chose que l'on ne connaît pas. Même si on ne comprend pas tout. Pourquoi cela a-t-il si peu de valeur pour eux ?"

 

"Déjà il lui faut rentrer au bateau. Elle n'aura vu qu'Assouan côté pile. Celui rythmé par l'arrivée des bateaux, par les horaires de visite. Peut-être est-ce mieux qu'elle laisse aux égyptiens la plus belle face. On leur en a assez pris."

 

"Que diriez-vous si les touristes égyptiens venaient chez vous attifés d'un béret basque, avec une baguette en plastique sous le bras, et ricanaient autour d'un accordéon de farce ? On n'essaie pas d'approcher les oiseaux en se déguisant en autruche."

 

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2015-04-19T11:48:02+02:00

Vers l'ouest

Publié par MyaRosa

Xavier Jaillard

249 pages, éditions Scrinéo, mars 2015

L'histoire :

De nos jours, David Berg, comédien parisien, hérite de son vieil oncle Djydek une maison dans les Orcades, en Ecosse. Fraîchement débarqué sur l'île, il tombe amoureux du lieu, entre autres... Mais l'insolite comportement des autochtones cache un mystère... Pourquoi Djydek a-t-il quitté son Brésil pour venir mourir ici ?

Quelque part au milieu de des brumes de Scapa Flow, cette histoire renvoie a une autre histoire, enfouie, oubliée, une histoire qui a commencé à Varsovie...

 

Mon avis :

 

 Ces derniers jours, j'avais envie de mystère et d'évasion et j'étais bien tentée par un petit voyage en Ecosse alors le roman de Xavier Jaillard me semblait tout indiqué pour répondre à mes attentes. Finalement, je n'en ressors pas aussi emballée que je l'espérais...

 

 J'ai beaucoup aimé l'intrigue, le grand secret inspiré de faits réels que nous dévoile ce roman, mais malgré tout, j'ai souvent trouvé le temps long... En général, j'aime beaucoup les romans qui nous racontent deux histoires, deux époques que l'on suit en parallèle, mais il y a malheureusement souvent une partie plus intéressante que l'autre et ça a été le cas ici. J'ai adoré toutes les parties qui se déroulaient dans le passé, toute l'histoire de Jaroslow forte, terrifiante et émouvante, mais je n'ai pas été séduite ni touchée par celle de David. Bien sûr, sa démarche, sa quête du Graal est intéressante, mais j'ai trouvé le personnage froid et peu attachant. Je n'ai pas été émue par son histoire d'amour avec Honey ni par les rencontres qu'il fait en Ecosse. J'ai eu du mal à y croire, du mal à m'attacher. Cela manquait de chaleur et d'émotions. Les personnages du présent m'ont semblé sans charisme, sans âme. Je suis restée totalement hermétique à tout cela et à chaque fois que je retrouvais David, j'avais l'impression de tomber sur un obastacle, de tourner en rond et je comptais les pages qui me séparaient de Jaroslow...

 

 Il y a un tel décalage entre les deux parties que j'ai eu l'impression de lire un roman écrit à quatre mains. J'ai trouvé dans les passages concernant la vie de Jaroslow tout ce qui me manquait dans les parties sur David : de l'émotion, de la sensibilité, des rebondissements, du suspense... J'ai tremblé pour Jaroslow, je me suis attachée à lui, je me suis réjouie de le voir faire de belles rencontres et j'ai été totalement captivée par son histoire. C'est dommage que le roman m'ait semblé aussi inégal car du coup j'en garderai un souvenir mitigé. J'avais presque envie de sauter tous les passages avec David pour savoir ce qu'il allait advenir de Jaroslow...

 

Je remercie Livraddict et les éditions Scrinéo pour cette lecture.

 

En quelques mots :

Je suis assez partagée sur ce roman qui alterne passé et présent. Le fil conducteur est passionnant, mais tous les chapitres qui se déroulent dans le passé m'ont captivé et m'ont ému alors que ceux qui se passent dans le présent ne m'ont fait ni chaud ni froid et m'ont même ennuyé. C'est dommage...

 

 

Un petit extrait :

"[...] la mort est comme la mer : aussi longtemps qu'on s'y habitue sans vraiment la connaître, elle reste une idée abstraite. Pour la dominer, il faut en avoir fait l'expérience, avoir vu des cadavres comme on a vu des tempêtes." (Page 218)

 

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