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Articles avec #litterature francophone catégorie

2017-03-28T08:03:21+02:00

Les Lettres de Rose

Publié par MyaRosa

Clarisse Sabard

382 pages, éditions Charleston, mai 2016

L'histoire :

  Lola a été adoptée à l'âge de trois mois. Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Sa vie va basculer lorsqu'elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d'Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines. Mais tous les habitants ne voient pas d'un bon oeil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu'elle ne le voudrait...
Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-il de se tourner vers son avenir ?

 

Mon avis :

 

 J'ai toujours peur d'être déçue quand un livre a tout pour me plaire et que les avis sont dithyrambiques. Je pense que c'est pour cela que j'ai mis autant de tant avant de me plonger dans "Les Lettres de Rose" qui m'attirait pourtant beaucoup depuis sa sortie. Aujourd'hui, je ressors de cette lecture ravie car je me suis vraiment laissée emporter par l'histoire et j'ai adoré découvrir tous les secrets qui entourent la naissance de Lola. Je sais que je vais pouvoir me plonger dans le nouveau roman de Clarisse Sabard sans hésiter et je suis déjà impatiente de découvrir quelles merveilleuses histoires elle va nous raconter.

 

 Pour être honnête, si j'ai tout de suite accroché à l'écriture, j'ai eu un peu de mal avec Lola, au début du roman. Si j'ai compris pourquoi elle était un peu perdue et si fragile, elle m'a un peu agacée. Elle part sur les traces de son passé comme si on l'obligeait à s'engager, à changer de vie du jour au lendemain alors que son rendez-vous chez le notaire bien que stressant ne l'engage à rien. Elle a encore le choix de s'arrêter là et de refuser d'en apprendre plus sur sa famille, même si bien sûr, on espère qu'elle fera le contraire... Mais une fois l'histoire bien lancée, je n'ai plus réussi à lâcher le roman, j'ai même assez vite réussi à m'attacher à la pétillante Lola et j'ai compris pourquoi elle était ainsi avant son passage à Aubéry.

 

 J'ai été totalement fascinée par l'histoire de cette famille. Tant de secrets, de regrets, de destins brisés mais aussi d'amour et de détermination ! Les Lettres de Rose m'ont vraiment captivée. J'ai suivi avec passion et émotions les histoires de Louise, Martin, Rose, Léonie, Fanny, Daniel, Richard et tous les autres. C'est un puzzle savamment construit que nous offre Clarisse Sabard, une sorte de chaque au trésor passionnante et surprenante. Comme Lola, on découvre petit à petit l'histoire de cette famille et les zones floues deviennent plus claires au fil des chapitres. Cette Lola qui m'agaçait un peu au début est devenue de plus en plus attachante et j'ai aimé la voir prendre son envol. J'ai adoré me balader dans cette maison chargée d'histoire, découvrir des souvenirs ici et là, flâner dans les rues d'Aubéry chargée de souvenirs et de fantômes du passé, voir les projets de Lola se concrétiser et la voir enfin s'épanouir, trouver sa place et se décider sur ce qu'elle veut faire de sa vie.

 

 Ce roman m'a vraiment beaucoup plu. Je l'ai trouvé bien construit et écrit avec beaucoup de sensibilité. J'y ai trouvé tout ce que j'aime : des secrets de famille, de l'amour, des drames, du vintage, des livres, du romantisme, des personnages attachants, de l'émotion, de la passion. Une vraie gourmandise pour ceux qui aiment les sagas familiales et les romans qui se déroulent sur plusieurs époques. On quitte Aubéry et les personnages de ce roman à contrecoeur. On aimerait rester à leurs côtés plus longtemps...

 

(A gauche, la couverture de la version poche qui est sortie ce mois-ci et à droite celle d'un petit bonus que l'on peut lire gratuitement en ligne et qui m'a beaucoup plu.)

 

En quelques mots :

Le récit palpitant et émouvant d'une jeune femme qui découvre l'histoire mouvementée et déchirante de sa famille. Un roman dramatique et romantique à ne pas manquer.

 

 

D'autres avis chez Marielle, Ingrid, Karine...

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2017-03-21T14:51:19+01:00

Elles sont parties pour le nord

Publié par MyaRosa

Patrick Lecomte

285 pages, éditions Préludes, mars 2016

Présentation de l'éditeur :

  1917. Wilma, onze ans, se réveille par un matin d’hiver glacial dans la cabane qu’elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord canadien. De retour d’une expédition en ville, il lui rapporte un cadeau : un livre finement illustré, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. C’est là, dans ces pages, qu’elle rencontre Akka, l’oie sauvage. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d’Amérique du Nord.


 Un premier roman intense et inspirant qui tisse les destins croisés d’une jeune femme passionnée et d’un oiseau mythique. Un récit envoûtant, promesse d’évasion, où la poésie de la nature rencontre la magie de l’écriture.

 

Mon avis :

 

  Au début de ce roman, nous rencontrons Wilma, petite fille épatante qui observe le monde avec curiosité et intérêt. On s'attache immédiatement à elle. Wilma est débrouillarde et autonome. Elle a l'habitude de vivre seule en pleine nature puisque son père est trappeur et doit souvent s'absenter. Wilma observe le monde qui l'entoure et les changements provoqués par le cycle des saisons. Elle mène une vie rude mais ne s'en plaint jamais. Elle s'estime heureuse de vivre au plus près de la nature et de pouvoir profiter des grands espaces. Un jour, son père lui offre le roman de Selma Lagerlöf : Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Cette lecture passionnante sera une vraie révélation. J'ai adoré suivre sa découverte et voir le façon dont cette lecture la bouleverse et la transporte. C'est pour Wilma une évidence et le début d'un long chemin. Elle sent que quelque chose commence, qu'elle a trouvé sa voie.

 

 Wilma n'est pas comme les autres. Elle ne se sent bien qu'au contact de la nature et n'aspire qu'à la protéger. Elle écoute et suit les signes qu'elle lui envoie. C'est à la sauvegarde de la grue blanche, le plus grand oiseau migrateur d'Amérique du Nord qu'elle va consacrer sa vie. Elle s'en fait la promesse étant jeune après sa rencontre bouleversante avec une grue blanche qu'elle nomme Akka en souvenir de sa lecture du roman de Selma Lagerlöf. Rien ni personne ne pourra arrêter cette jeune femme admirable, courageuse et déterminée et la vie fera qu'à plusieurs occasions, elle retrouvera avec émotions celle qui a donné un sens à son existence.

 

 Avec finesse, Patrick Lecomte a su allier fiction et faits réels. Si Wilma sort tout droit de son imagination, le combat pour la protection de la grue blanche est bien réel et tout ce que l'on apprend sur le sujet est intéressant. J'ai vraiment aimé suivre Wilma et l'avancée de son combat durant toutes ces années. On la voit grandir, faire des choix et des concessions afin de tenir sa promesse. J'ai aimé son rapport charnel à la nature, la manière dont elle observe et ressent chaque vibration de la terre et de l'air. C'est un personnage envoûtant que l'on prend plaisir à suivre et j'ai aimé sa rencontre avec Joe, jeune indien qui entretient, lui aussi, un rapport particulier avec la nature. J'ai également été très touchée par le lien très fort qui unit Wilma et son papa. Il y a beaucoup de pudeur entre eux. Ils ne parlent pas beaucoup et ne passent pas beaucoup de temps ensemble et pourtant on sent vraiment la force de leur amour et aussi le respect et l'admiration qu'ils ont l'un pour l'autre.

 

 L'écriture de Monsieur Lecomte est vraiment très agréable. Son récit est bien documenté et il nous explique les choses de manière simple. A cela s'ajoutent des passages beaux, purs et très poétiques sur la nature. Une lecture très différente des romans que l'on croise actuellement et ça fait du bien ! C'est un roman qui ramène à l'essentiel, qui nous invite à écouter et à préserver notre terre. C'est un livre plein de passion, d'amour et de beauté. Un bel hommage rendu aux oiseaux, à la nature et à tous ceux qui se battent jusqu'à l'épuisement pour ce que d'autres considèrent comme des causes perdues. Wilma nous prouve qu'il faut se battre pour ce que l'on croit juste et ne jamais baisser les bras. C'est un personnage admirable que je n'oublierai pas.

 

En quelques mots :

Une belle lecture, pleine de pureté, de poésie et d'optimisme.

 

 

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2017-03-13T06:00:00+01:00

La Solitude des femmes qui courent

Publié par MyaRosa

Julie Printzac

411 pages, éditions JC Lattès, mars 2017

L'histoire :

 Depuis son divorce, Justine court après la vie dans un Paris qu'elle ne reconnaît plus. Tout se chevauche et se bouscule : son travail en perdition, ses amours inexistantes, ses inquiétudes de mère. Mais le jour où elle découvre une rose rouge sur la tombe familiale, Justine va devoir questionner son passé, et peut-être ainsi démêler toute la pelote de son bonheur.

 

Mon avis :

 

 Justine ne sait pas vraiment ce qu'elle veut, mais elle sait ce qu'elle ne veut plus. Elle ne veut plus de cette vie insipide qu'elle accepte sans rechigner depuis plusieurs années. Elle n'en peut plus d'être traitée comme une moins que rien au travail et de faire un boulot qui l'ennuie. Elle n'en peut plus du bruit, de la violence, du stress et de la pollution que lui offre la vie parisienne. Elle en a marre de regarder l'homme qu'elle aimait, le père de sa fille, lui cracher son écoeurant bonheur avec sa nouvelle compagne parfaite à la figure. Elle en a marre des rendez-vous forcés avec de sombres crétins qui ne lui apportent rien. Justine a besoin d'air.

 

 Sa bulle d'oxygène ? Ses visites chez Delphine, son amie d'enfance, à Nanteuil. Là-bas, elle se sent détendue et épanouie et sa fille Adèle semble aussi y trouver son compte. C'est une ville si importante pour Justine. C'est la ville de son enfance, là où elle passait toutes ses vacances en famille et là où elle a ses plus beaux souvenirs. Intriguée par une mystérieuse rose déposée sur la tombe de son père, Justine va se mettre à enquêter sur son passé et l'évidence va bientôt lui sauter aux yeux : sa place est là-bas, à Nanteuil. Et elle va tout faire pour changer de vie et réaliser son rêve tout en essayant de connaître la vérité sur son histoire familiale.

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Il y a d'abord tout ce mystère autour de l'enfance de Justine. Elle a besoin de connaître la vérité pour aller de l'avant. Elle ne veut plus vivre avec les ombres, les non-dits, les mensonges et tout le poids de la souffrance qui pèse sur ses relations avec sa mère et sa soeur sans qu'elle comprenne pourquoi. Justine veut crever l'abcès une bonne fois pour toutes. Je l'ai trouvé crédible et très attachante. J'ai aimé sa prise de conscience, sa force et son courage. C'est une femme moderne qui a le cran de changer tout ce qui ne va pas dans sa vie pour être heureuse. Elle n'attend pas que le bonheur arrive à elle, elle décide d'aller le chercher elle-même et tout de suite ! Et pourtant, on sent en elle une certaine fragilité. Elle n'a pas entièrement confiance en elle et doute beaucoup de ses choix, mais c'est ce qui la rend tellement crédible et attachante.

 

 J'ai trouvé ce premier roman très bien écrit et aussi très agréable à lire. J'ai beaucoup parlé de Justine, mais elle a aussi toute une bande d'amies vraiment géniales qui sont là les unes pour les autres malgré les difficultés qu'elles rencontrent aussi dans leur vie. Divorce, deuil, enfance difficile, maternité, difficultés professionnelles, mal-être et solitude, elles ont toutes des épreuves à surmonter mais elles s'entraident, font preuve d'optimisme et sont bien décidées à profiter de la vie. C'est une lecture parfaite pour se détendre ou bien remonter le moral d'une amie. Un livre d'une grande sensibilité qui nous donne aussi envie de faire comme Justine et d'envoyer valser tout ce qui cloche dans notre vie. C'est un livre qui fait du bien. Un roman qu'on a envie de conseiller et d'offrir autour de soi.

 

En quelques mots :

Un roman feel-good rafraîchissant et très agréable à lire.

J'ai beaucoup aimé.

 

 

 

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2017-03-04T14:08:14+01:00

Nous, les passeurs

Publié par MyaRosa

Marie Barraud

190 pages, éditions Robert Laffont, janvier 2017

Quatrième de couverture :

  "J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. "


 Qui est ce grand-père dont personne ne parle ? Marie, devenue une jeune femme, décide de mener l'enquête, de réconcilier son père avec cet homme disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Albert Barraud, médecin, fut un résistant, arrêté par les Allemands. Marie découvrira son rôle protecteur auprès des autres prisonniers. Destin héroïque d'un homme qui consacra sa vie aux autres jusqu'à sa disparition en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona bombardé par l'aviation britannique... Au terme d'un voyage vers la mer Baltique avec son frère, Marie va défaire les noeuds qui entravaient les liens familiaux.

 

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 "Nous, les passeurs" est le témoignage bouleversant d'une femme qui aime profondément son père et cherche à percer les secrets de sa famille. Si la petite fille idolâtre son père, elle sent qu'il y a en lui une colère, une rage, une profonde souffrance qu'elle n'arrive pas à s'expliquer. Devenue adulte, Marie cherche à déterrer le passé et à découvrir la vérité pour le bien-être de tous. Ses recherches vont l'entraîner sur les traces de son grand-père, le héros de la famille que tout le monde respecte mais dont personne ne parle. Un homme juste et bienveillant qui a joué un rôle important et sauvé des vies durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 J'ai beaucoup aimé ce livre parce qu'il rend hommage aux disparus et met en lumière des faits dont j'ignorais totalement l'existence, mais aussi et surtout parce que Marie Barraud m'a beaucoup touchée par ses mots, son respect et la manière dont elle aborde ce sujet difficile et très intime. L'admiration sans bornes de la petite Marie pour son papa, son amour pour sa famille, sa soif de vérité et son envie de connaître ce passé qui est le sien m'ont vraiment émue. J'ai aimé suivre son enquête, son chemin de croix difficile mais nécessaire. J'ai aimé la manière dont elle nous parle de la transmission et du poids du passé. Il y a tant de choses que l'on cache par pudeur ou en croyant protéger les plus jeunes mais qui, d'une manière ou d'une autre, punissent les générations suivantes et les empêchent d'être libres. Et puis, on ne parle pas que des disparus, mais aussi de ceux qui restent. De ceux qui doivent vivre avec le vide, la douleur, le manque de réponses et l'impression d'avoir été abandonné.

 

 J'ai aimé découvrir cette famille et les liens qui les unissent. Il y a beaucoup de justesse dans la manière dont l'auteur décrit les relations entre ces différentes personnages et ce qui a pu les éloigner ou les faire changer. Si le thème n'est pas du tout joyeux, Marie Barraud arrive pourtant à rendre ce récit lumineux car il est porté par l'amour, l'humanité et un besoin irrépressible de vivre. Quel bel hommage rendu à sa famille et aux victimes de guerre !

 

En quelques mots :

Un témoignage bouleversant. Une lecture enrichissante et très émouvante.

 

 

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2017-01-10T10:12:38+01:00

Agatha, es-tu là ?

Publié par MyaRosa

Nicolas Perge & François Rivière

281 pages, éditions Du Masque, janvier 2017

L'histoire :

Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.
« Ni vivante… ni morte… » Ces quelques mots d'un ami médium résonnent fortement dans l'esprit d'un Conan Doyle fatigué. Le vieil auteur de Sherlock Holmes s'est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, Le Meurtre de Roger Ackroyd. Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ? Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?
Réfugiée dans l’hôtel d'une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…
 Inspiré de faits réels, Agatha, es-tu là ? convoque avec insolence et violence deux immenses monuments du roman criminel et fait d'eux les victimes d'une comédie macabre où les masques s'arracheront un à un, à coups de lame.
 
 
Mon avis :
 
 Depuis quelque temps, mes lectures tournent beaucoup autour de Conan Doyle et d'Agatha Christie. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette lecture qui s'inspire d'un fait réel : la disparition étrange et mystérieuse de la reine du crime au cours de l'année 1926. Un fait divers qui a intrigué toute l'Angleterre et même Conan Doyle en personne. Aujourd'hui encore, certaines parties de l'histoire restent floues et de nombreuses hypothèses continuent de circuler, ce qui a le don d'inspirer les auteurs, les journalistes et les amateurs de romans policiers.
 

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Les chapitres sont courts et bien construits. On suit plusieurs personnages à la fois. On alterne souvent entre Agatha Christie et Conan Doyle. La lecture est fluide et bien rythmée. On suit avec plaisir les recherches de Conan Doyle, son avancée dans l'enquête toute particulière puisqu'en plus des indices et de la logique, spiritisme et mediums sont au rendez-vous ! J'ai particulièrement aimé les passages dans lesquels il est question de sa famille. Beaucoup de pudeur, mais surtout beaucoup d'amour et d'affection.
 
 J'ai aimé suivre Agatha et j'ai trouvé que son personnage était bien travaillé. On a du mal à la cerner. On la sent perdue, déboussolée. Il est difficile de démêler le vrai du faux. Et puis, il y a toute cette histoire construite autour qui vient pimenter encore un peu le récit et inquiéter le lecteur. Les rebondissements sont nombreux et on ne s'ennuie pas une seconde. J'ai passé un très bon moment et j'ai maintenant encore plus envie de découvrir Agatha Christie et Arthur Conan Doyle.
 

 

En quelques mots :
Un roman difficile à lâcher. Une lecture agréable et mystérieuse.
 
 
 
A lire aussi :
 

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2016-12-28T23:37:55+01:00

Retour à la nuit

Publié par MyaRosa

Eric Maneval

141 pages, éditions 10/18, novembre 2016

L'histoire :

Antoine a 8 ans. C’est la fin du mois d’août dans la Creuse. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans un fourgon en compagnie d’un inconnu qui lui apprend qu’il vient de lui sauver la vie. L’homme le dépose à l’hôpital de Limoges et disparaît. Vingt ans plus tard, Antoine est veilleur de nuit dans un centre pour ados. À la télévision, on reparle de l’affaire du « découpeur » suite à la découverte de nouveaux témoignages. Lors de la reconstitution de l’enquête, Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie dans la rivière.

 

Mon avis :

 

 Dès les premières lignes de "Retour à la nuit", j'ai été happée par l'écriture quasi hypnotique d'Eric Maneval et je me suis plongée dans cette histoire à corps perdu. Il y a d'abord cette scène qui, on le sait déjà, finira mal : des enfants insouciants qui jouent dangereusement dans l'eau sans même avoir conscience des risques qu'ils prennent. Jusqu'à l'accident qui prend une tournure inattendue et se termine finalement mieux que prévu mais étrangement tout de même. L'histoire reprend ensuite vingt ans plus tard. Antoine, que l'on connaît déjà, mène une existence tout à fait normale. Il travaille de nuit dans un foyer qui accueille des enfants et des adolescents malmenés par la vie et un peu paumés et il prend son rôle très à coeur. Chaque jour la même routine, le même rythme, les mêmes personnes croisées. Jusqu'à ce jour où une émission de télévision fait tout basculer et force Antoine à se replonger dans son passé et à remettre en cause ce qu'il croyait savoir. Pour le meilleur, et pour le pire...

 

 Eric Maneval joue avec le lecteur, le balade, le manipule, le pousse à s'interroger et à tirer ses propres conclusions. C'est quelque chose qui peut dérouter, mais qui m'a beaucoup plu. Si le récit commence de manière classique, très vite, des petites choses étranges semées ça et là viennent semer le doute dans notre esprit. Et puis, il y a ce questionnement perpétuel sur le bien et le mal. Est-on vraiment mauvais si on fait de bonnes choses ? Peut-on être un héros et un monstre en même temps ? Les choses sont-elles forcément noires ou blanches ? J'ai aimé cette ambivalence permanente et cette atmosphère étrange et pesante qui s'installe au fil des pages. Cette façon d'aborder le passé, la souffrance, les secrets enfouis, les blessures de l'enfance qui ne guérissent jamais. C'est un récit vraiment troublant et déstabilisant qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. La fin est frustrante, c'est vrai, mais ce roman ne me laisse pas une impression négative, loin de là. Il m'a vraiment remué et me laisse un sentiment étrange. Vertige, folie, cauchemar, terreurs enfantines, passé trouble, réminiscence, angoisse, mal-être, douleur... On navigue en eaux troubles entre réalité et cauchemar, entre bon et mauvais, entre bien et mal et on ne sait jamais de quel côté on est vraiment. Bluffant !

 

En quelques mots :

Un récit aussi déstabilisant que fascinant qui laisse une impression étrange. Une écriture hypnotique et percutante. J'ai beaucoup aimé.

 

 

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2016-11-01T20:21:04+01:00

Chanson douce

Publié par MyaRosa

Leïla Slimani

227 pages, éditions Gallimard, août 2016

L'histoire :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

 

Merci à Priceminister pour cette lecture.

#MRL16 #PriceMinister

 

Mon avis :

 

 Tout va pour le mieux chez les Massé. Myriam en rêvait et elle l'a fait ! Après des mois passés à s'occuper de son foyer, elle retrouve la vie professionnelle qui lui manquait tant et s'épanouit à nouveau pleinement dans son rôle de femme, d'avocate et de maman. Le couple vit à Paris, dans un bel appartement du dixième arrondissement. Ils ont deux jeunes enfants, Adam et Mila, et ont trouvé la perle rare, la nounou idéale en la personne de Louise, une femme soigneuse et douce qui gère à la perfection la maison et les enfants. Chaque matin, ils quittent leur progéniture et leur foyer en toute sérénité et sont soulagés de pouvoir souffler un peu. Pourtant, on nous prévient dès le début, tout cela va mal se finir. Un terrible drame est sur le point de se produire... Comment ? Pourquoi ? C'est justement ce que l'on va découvrir au fil des pages...

 

 L'écriture de Leïla Slimani est envoûtante et très belle. On se laisser hypnotiser dès les premières pages. L'auteur arrive, avec une aisance déroutante, a glisser des idées sombres et des phrases dérangeantes au milieu de scènes plutôt ordinaires qui nous laissent avec une sensation et une impression étranges. On n'est pas toujours sûr d'avoir bien compris, on doute, mais on sent que le malaise est là, qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. C'est assez perturbant. On a vraiment l'impression de faire partie de l'histoire et la présence de Louise, si familière et agréable au début, devient de plus en plus gênante.

 

 Ce qui fait tant parler de ce roman, je crois, c'est la façon dont Leïla Slimani arrive à expliquer le pire. Ce qui nous semble totalement injustifiable au début, tellement improbable, devient inéluctable et presque logique lorsque l'on lit le roman. C'est difficile à avouer et à encaisser, pour le lecteur. L'auteur décortique notre société, ses injustices et ses malaises, avec tellement de justesse que ça nous met mal à l'aise. On s'embourbe doucement mais sûrement dans les ténèbres. On est pris au piège dans la toile de l'araignée et on ne peut plus faire machine arrière. On avance vers le pire, l'horreur, tout ce qu'on redoute et qui est maintenant inévitable. C'est un roman terriblement sombre qui remue, bouscule et nous laisse sans voix. Une sorte de conte moderne cruel. Un livre qu'on n'oublie pas.

 

 

En quelques mots :

Noir, c'est noir ! Un roman hypnotique et ténébreux qui vous laissera sans voix.

 

 

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2016-10-27T13:06:49+02:00

Le Syndrome du papillon

Publié par MyaRosa

Maxence Fermine

252 pages, éditions Michel Lafon, octobre 2016

L'histoire :

Hugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée.
Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies.
Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie.
Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.

 

Mon avis :

 

 Maxence Fermine est un auteur que j'apprécie beaucoup. On m'a offert "Neige", il y a quelques années, et j'avais tant aimé l'écriture de l'auteur que je m'étais empressée de lire presque tous ses autres livres. J'ai particulièrement aimé "L'Apiculteur", "Le Palais des ombres", "Opium" et "Le Violon noir". L'auteur a également écrit pour la jeunesse, il y a quelques années, et nous a offert une jolie trilogie  - "La Petite marchande de rêves", "La Poupée de porcelaine" et "La Fée des glaces" - dans laquelle on retrouve la même poésie que dans ses romans pour adultes avec un soupçon de magie et de fantastique. Cette fois, avec "Le Syndrome du papillon", il s'adresse aux adolescents en abordant la complexité de cet âge, le mal-être, les difficultés à trouver sa voie et sa place dans le monde. Malheureusement, ça ne m'a pas vraiment convaincue...

 

 Si le début était plutôt plaisant, j'ai vite été lassée par le langage faussement familier d'Hugo, et surtout, j'attendais qu'il se passe enfin quelque chose. Le personnage de Morgane était intéressant, mais j'ai trouvé Hugo assez pénible et je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages. Ca manquait cruellement d'émotions. Pas de papillons dans le ventre, pas de frayeurs, pas d'attentes, pas de suspense. C'était plat. Je suis restée en dehors. Il y avait quelque chose qui sonnait faux et ça m'a vraiment dérangé. Le langage des deux adolescents n'était pas très crédible. C'était parfois trop familier et à d'autres moments trop soutenu. Un ado qui jure toutes les dix secondes n'emploie pas des expressions comme souper ou faire sa toilette. Leurs réactions étaient souvent trop faciles et surjouées. Il y avait des scènes qui n'apportaient vraiment rien à l'histoire et qui étaient juste là pour meubler un peu. Ca manquait vraiment de surprise et de spontanéité !

 

 Et puis, il y a toutes ces informations sur tout et n'importe quoi qui m'ont semblé intéressantes mais qui arrivaient comme un cheveu sur la soupe. D'accord, ça peut s'expliquer par la situation de Morgane, mais ça manquait vraiment de subtilité. Je suis vraiment déçue. Sauf dans quelques descriptions, je n'ai pas retrouvé la poésie que j'aime tant dans les écrits de Maxence Fermine... C'était une lecture fade et sans surprise qui manquait, à mon sens, de crédibilité, de fraîcheur et de spontanéité car c'est ce que l'on recherche dans ce genre de lectures. J'ai tenu jusqu'au bout, mais je me suis vraiment dit "Tout ça pour ça ?" Si vous voulez découvrir Maxence Fermine, je vous conseille vraiment de choisir un autre roman. N'importe lequel, mais pas celui-là !

 

En quelques mots :

Un roman décevant. Une lecture fade qui manque cruellement de spontanéité, de fraîcheur et d'originalité.

 

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2016-08-18T13:03:39+02:00

Un merci de trop

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

279 pages, éditions Michel Lafon, juin 2016

L'histoire :

S’il fallait décrire Juliette en un mot, « transparente » serait sans doute le bon. Depuis toujours, elle a fait ce que l’on attendait d’elle, mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à trente ans, elle mène une vie où choisir entre lasagnes et sushis est un événement. Pourtant, au fond d’elle-même, elle sait qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Et elle est loin d’imaginer où cela va la mener.

Parfois, le bonheur est à portée de main.

 

Mon avis :

 

 Si vous cherchez un livre pour vous détendre, rire, terminer les vacances tranquillement ou passer un bon moment, j'ai ce qu'il vous faut ! Le roman de Carène Ponte m'a tenu compagnie durant quelques heures et cette lecture pleine de fraîcheur et d'optimisme m'a fait le plus grand bien.

 

 Il faut dire que Juliette est un personnage très sympathique. Cette jeune femme est pétillante, drôle, pleine de vie, mais elle manque de confiance en elle. Elle a toujours fait ce qu'on attendait d'elle plutôt que ce qu'elle voulait vraiment par peur de décevoir. C'est la fille discrète - presque invisible - qui s'efface derrière les autres, ne se fait jamais remarquer et dont on oublie le prénom. Pourtant, s'il on cherche à en savoir plus sur son compte, Juliette est intéressante et attachante. Elle a de la répartie, de bonnes idées et des rêves plein la tête. Le passage à la trentaine va lui donner envie de tout envoyer valser pour n'écouter que son coeur et ses envies. Il est temps que Juliette pense enfin un peu à elle et qu'elle s'épanouisse. Elle n'en peut plus de cette vie fade et sans surprise, elle veut vibrer !

 

 J'ai vraiment beaucoup aimé le personnage de Juliette ainsi que l'écriture de Carène Ponte. Voilà un roman qui fait du bien, qui décomplexe et qui donne envie de s'écouter et d'envoyer balader tout ce qui nous prend la tête. Les échanges entre les personnages sont savoureux, il y a des scènes vraiment cocasses et des références actuelles qui parleront, j'en suis sûre, à toutes les femmes d'aujourd'hui. J'ai eu l'impression de regarder un film, une jolie comédie romantique avec de l'humour, de l'émotion, des rebondissements et de la bonne humeur. Je me suis régalée de la première à la dernière page !

 

En quelques mots :

Une comédie romantique classique mais très agréable à lire. Un roman qui détend, des personnages attachants et pétillants que l'on suit avec plaisir et une histoire qui fait du bien et décomplexe. Je ne peux que vous recommander cette lecture feel-good !

 

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2016-08-16T08:15:59+02:00

Gaspard ne répond plus

Publié par MyaRosa

Anne-Marie Revol

500 pages, éditions JC Lattès, mai 2016

L'histoire :

Dans le cadre d’un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l’Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu’il chute d’un pick-up et échoue au fond d’un fossé…
La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n’a qu’une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d’un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l’autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l’on veut se retrouver…

 

Mon avis :

 

 Ca y est, j'ai terminé mon pavé de l'été ! Ce livre de 500 pages m'aura tenu compagnie durant plusieurs semaines. Oui, semaines. Fatiguée par les travaux et les préparatifs du déménagement, j'ai très peu lu et j'avais un peu de mal à me concentrer. Néanmoins, je suis contente que Gaspard m'ait tenu compagnie durant tout ce temps. Son histoire rocambolesque et originale m'a fait passer de bons moments.

 

 Tout commence lorsque Gaspard, candidat d'une émission de télé-réalité, s'égare au beau milieu de nulle part. Alors qu'il traversait l'Asie avec sa coéquipière, le jeune homme est tombé du véhicule qui les emmenait sans que personne ne s'en rende compte... On ne sait pas vraiment si c'est un accident, si quelqu'un l'a poussé ou s'il a délibérément sauté, mais Gaspard est blessé. Il est recueilli - ou retenu prisonnier, on ne sait pas vraiment - au Vietnam, dans un village isolé où une femme peu commode dicte sa loi et tente de maintenir la population à l'écart du monde moderne. Pendant ce temps là, à Paris, c'est la panique ! Personne ne sait où est Gaspard ni s'il est vivant et encore moins comment le retrouver. Tandis que la chaîne tente de garder le secret, Eulalie, la femme qui a élevé Gaspard est prête à tout retourner et à soulever des montagnes pour sauver son petit protégé.

 

 Ce qui m'a plu, dans ce roman, c'est d'abord ce contraste très fort entre l'univers mesquin et sans scrupule de la télé-réalité et la vie des habitants de ce petit village isolé qui est d'ailleurs renforcé par la construction du roman puisque les chapitres sont alternés. Dans ce petit village oublié, les gens sont ensemble. Ils ne s'enferment pas devant leur télé - ils n'en ont pas ! - mais passent leurs soirées tous ensemble, se racontent des histoires, partagent leurs connaissances. Ils vivent au rythme de la nature sans se soucier du lendemain et de ce qui se passe à l'autre bout du monde. Si j'ai un peu boudé les passages de ce roman qui se déroulent dans les coulisses de l'émission, j'ai vraiment adoré tous les moments passés au Vietnam.

 

 Il y a beaucoup de rebondissements et de digressions, dans ce roman. Des coïncidences qui sont un peu trop grosses et nombreuses pour être crédibles, mais qu'importe, on se laisse emporter. Les personnages sont hauts en couleur, certains un peu trop caricaturaux à mon goût, mais d'autres m'ont vraiment beaucoup plu : Gaspard, Hubert, My Hiên et Khoa... Et puis, il y a les carnets d'Hubert que découvre Gaspard et qui vont lui apprendre beaucoup de choses sur son passé. J'ai adoré les découvrir avec lui ! Hubert nous raconte sa vie, mais il nous parle aussi de tout et de rien, nous confie ses découvertes, nous livre la recette du teurgoule normand, nous explique certains mots, nous parle d'itinéraires parisiens ou de ses conquêtes. Au fil de ses écrits, on le découvre peu à peu, il se dévoile l'air de rien. C'est un personnage qui m'a beaucoup touchée et j'attendais, comme les habitants du village, la suite de la lecture de ses carnets avec impatience.

 

 En quelques mots :

Malgré quelques bémols et des passages un peu longs, j'ai passé un bon moment en compagnie des personnages de ce roman et j'ai apprécié ce voyage à l'autre bout du monde, loin de tout. Avec "Gaspard ne répond plus", Anne-Marie Revol nous offre un roman original, dense, dépaysant et surprenant qui ne manque ni d'humour ni d'émotions.

 

 

"Il faut parfois savoir faire preuve d'humilité : on ne rend pas les gens heureux malgré eux.
Ce serait trop simple."
(Page 333)

 

" Ce qui me plaît plus que tout ici, c'est la façon qu'ont les habitants d'appréhender l'instant. Chacun vit au rythme de la course du soleil, de la lune et des saisons. Personne ne tient compte de l'heure puisque personne ne possède de montre, de réveil ou d'horloge.
 C'est en débarquant à Paris que j'ai découvert combien le temps pouvait être obsédant. Avant, dans ma province, il s'écoulait lentement. Si lentement que tout était bon pour le tromper, le perdre, le tuer. Idem au lycée. A la ferme. A l'armée. Je m'emmerdais sec. Tout durait une éternité. Les minutes, les heures, les journées ne finissaient jamais.
 La capitale m'a électrisé : il y avait tant à voir et à faire que soudain le temps vint à me manquer. J'aurais alors donné n'importe quoi pour en gagner, pour le suspendre, le défier."
(Page 400)

 

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2016-06-28T19:51:01+02:00

L'Orangeraie

Publié par MyaRosa

Larry Tremblay

153 pages, éditions Folio, mars 2016

L'histoire :

«Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.»
Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Il est bien difficile de parler de ce livre et d'expliquer toutes les émotions que sa lecture engendre. Difficile aussi de parler de toutes les questions qui se bousculent dans nos têtes et de tout ce que ce livre remue... C'est un roman que l'on peut qualifier d'actuel et en même temps d'intemporel. Une sorte de fable moderne. On ne sait pas vraiment où se passe l'histoire ni quand, ce qui rend le roman encore plus percutant.

 

 C'est l'histoire de deux frères inséparables qui vivent avec leurs parents dans une orangeraie. Ils n'ont que neuf ans, mais c'est pourtant la fin de leur enfance et de leur insouciance, même s'ils ne le savent pas encore... Un obus a décimé leurs grands-parents et un homme est venu parler à leur père. Depuis, il n'est plus le même et a quelque chose en tête...

 

 

 On ne choisit pas son pays, l'époque à laquelle on vit, sa famille, les obstacles que l'on rencontre. On est là et c'est comme ça. Il faut faire avec. Vivre sans savoir si notre vie aurait été différente ailleurs, se demander si on a fait les bons choix, s'il y avait d'autres solutions. Qu'aurions nous fait si nous étions nés ailleurs, si nous avions été élevés avec d'autres idées, d'autres valeurs ? On vit tous avec notre lot d'injustices et de souffrances, les conséquences de nos choix, nos regrets, une bonne dose de culpabilité pour ce qu'on a fait, ce qu'on n'a pas fait et ce qu'on aurait dû faire. Mais jusqu'où peuvent mener la souffrance et la haine ?

 

 J'ai aimé la manière dont l'auteur s'y est pris pour aborder son sujet. Ce n'est vraiment pas évident de parler de la guerre, du fanatisme, de sacrifice et d'embrigadement. Ce qui m'a plu, c'est qu'il ne se place pas en donneur de leçons. Il nous montre au contraire que tout n'est jamais tout noir ou tout blanc. Il n'y a pas le mal d'un côté et le bien de l'autre. C'est bien plus complexe que cela et il arrive même à nous faire comprendre comment se font manipuler certaines personnes. Larry Tremblay nous invite, au contraire, à réfléchir et à tirer nos propres conclusions. Le livre est court, mais le texte est brutal et marquant. Il y a des passages qui nous brisent le coeur. J'ai été très émue par ces deux frères, mais aussi par leur mère que l'on voit peu mais qui m'a vraiment touchée en plein coeur. C'est un récit très bien écrit qui prend aux tripes et que l'on ne peut/doit pas oublier.

 

 

 Sur le moment, la dernière partie du livre m'a un peu déçue, mais avec du recul, je comprends le choix de l'auteur. Quelle lecture ! La dernière page est tournée mais notre réflexion ne fait que commencer. On a l'impression d'entendre les voix de toutes les nombreuses victimes de guerre, on entend leurs cris, la souffrance de ceux qui restent et qui perdent ceux qu'ils aiment. On a envie de crier, de pleurer. C'est un texte qui remue vraiment mais qu'il faut lire absolument. On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde.

 

En quelques mots :

Un livre qui frappe fort et nous touche en plein coeur.

A lire absolument !

 

Quelques extraits :

 

"Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail ? La peinture n’a pas le temps de s’écailler, les rideaux n’ont pas le temps de jaunir, les assiettes n’ont pas le temps de s’ébrécher. Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n’y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. Ecoute-moi, j’ai deux fils. L’un est la main, l’autre le poing. L’un prend, l’autre donne. Un jour c’est l’un, un jour c’est l’autre. Je t’en supplie, ne me prends pas les deux."

 

"En contemplant le ciel, Tamara se demandait si la lune avait connu le désir de la mort, celui de disparaître à jamais de la face de la nuit et de laisser les hommes orphelins de sa lumière. Sa pauvre lumière empruntée à celle du soleil."

 

"Elle s'asseyait sur le banc placé devant les roses et respirait les odeurs riches qui montaient de la terre humide. Elle se laissait bercer par la musique des insectes, levait la tête en cherchant la lune des yeux. Elle la regardait comme si c'était une vieille amie qu'elle venait rencontrer. Certaines nuits, la lune lui faisait penser à une empreinte d'ongle dans la chair du ciel."

 

"Je te parle avec de la paix dans mes mots, dans mes phrases. Je te parle avec une voix qui a sept ans, neuf ans, vingt ans, mille ans. L'entends-tu ?"
 

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2016-06-03T19:57:36+02:00

Nos adorables belles-filles

Publié par MyaRosa

Aurélie Valognes

270 pages, éditions Michel Lafon, mai 2016

L'histoire :

Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut:
Un père, despotique et égocentrique, Jacques.
Une mère, en rébellion après 40 ans de mariage, Martine.
Leurs fils. Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants. Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps. Alexandre, rêveur mou du genou.
Et surtout… trois belles-filles délicieusement insupportables !
Stéphanie, mère poule angoissée. Laura, végétarienne angoissante. Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu.
Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse (bien à elle) à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’invite dans la famille et dont personne ne veut.
Mélangez, laissez mijoter… et savourez !

 

Mon avis :

 

 Après plusieurs lectures difficiles et un peu tristes, j'avais envie de quelque chose de léger et de rafraîchissant et j'ai trouvé exactement ce que je cherchais dans le dernier roman d'Aurélie Valognes. Dans ce livre, l'auteur nous présente des personnages qui n'ont rien d'extraordinaire et qui ne sont pas des héros. Ils ont des qualités et des défauts, pourraient être nous ou bien nos voisins. Elle nous parle de la difficulté de s'intégrer au sein d'une famille mais aussi des problèmes de cohabitation lorsqu'on se retrouve tous ensemble avec des goûts, des idées, des habitudes et des envies bien différentes...

 

 J'ai beaucoup aimé ce livre. C'est une comédie pétillante et rafraîchissante qui ne manque pas d'humour. J'avais l'impression d'assister à une pièce de théâtre et ça m'a beaucoup plu. Les personnages de ce roman ont tous des côtés insupportables qui sont bien mis en avant, mais en même temps, on se reconnaît souvent et/ou on reconnaît nos proches en eux et ils ont aussi un côté très touchant. Il y a des scènes et des dialogues délicieux, des personnages (presque tous) qui frôlent la crise de nerfs, des répliques piquantes et des claques qui se perdent, plein de bons sentiments mais aussi des réflexions pertinentes sur le sens de la vie et sur la famille. C'est une lecture qui fait du bien et que je trouve parfaite pour les vacances d'été.

 

En quelques mots :

Une comédie familiale drôle et rafraîchissante qui m'a beaucoup plu.

 

 

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2016-05-26T14:54:27+02:00

Eh bien dansons maintenant !

Publié par MyaRosa

Karine Lambert

282 pages, éditions JC Lattès, mai 2016

Présentation de l'éditeur :

Elle aime Françoise Sagan, les éclairs au chocolat, écouter Radio Bonheur et fleurir les tombes.
Il aime la musique chaâbi, les étoiles, les cabanes perchées et un vieux rhinocéros solitaire.

Marguerite a toujours vécu dans l'ombre de son mari. Marcel a perdu celle qui était tout pour lui. Leurs routes se croisent, leurs coeurs se réveillent. Oseront-ils l'insouciance, le désir et la joie ?

Après le succès de L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, traduit dans de nombreux pays, Karine Lambert signe un roman lumineux sur la fragilité et l'ivresse d'une histoire d'amour à l'heure où l'on ne s'y attend plus.

 

Mon avis :

 

 Lorsqu'ils se rencontrent, Marguerite a 78 ans, Marcel à peine moins. Ils sont tous les deux veufs et ont du mal à continuer à vivre sans leur moitié. Marcel parce que Nora était sa merveille, son amour de jeunesse, celle qui le poussait à sortir et à s'amuser. Marguerite parce qu'elle a toujours vécu au rythme des rituels instaurés par son mari et toujours selon ses envies et ses goûts à lui. Elle s'est perdue en route, oubliant qui elle était et ce qu'elle aimait tandis que Marcel n'a plus envie de faire toutes ces choses qu'il aimait mais qui n'ont plus de sens sans sa femme. Pourtant, lorsqu'ils se rencontrent, quelque chose se passe. Il y a comme une étincelle, un petit quelque chose qui brûle en eux et leur faire ressentir un sentiment et des émotions qu'ils croyaient ne plus jamais ressentir. Peut-on être trop vieux pour aimer ?

 

 Marguerite et Marcel le savent et nous aussi, le temps est compté. Ils n'ont plus le temps. Plus le temps de s'aimer et de prendre des risques ou au contraire plus de temps à perdre ? Ils ne sont pas forcément d'accord sur la réponse à cette question et leurs proches non plus d'ailleurs... Tout est simple et en même temps si compliqué...

 

 J'ai beaucoup aimé cette lecture. Les personnages sont touchants, simples et attachants. Marcel est tellement attentionné, tellement joyeux et passionné, tellement prêt à embellir le quotidien de Marguerite. J'ai aimé les souvenirs qu'il évoque de son Algérie natale, les odeurs, les saveurs et l'ambiance de cet univers à des années lumière de la région parisienne. Marguerite est si fragile, si pudique, tellement habituée à s'effacer, à s'oublier pour les autres... On a envie de les encourager sans les brusquer, de leur murmurer à l'oreille "N'aies pas peur. Ose ! Accepte ce bonheur." On se sent proche d'eux.

 

 C'est un roman qui nous montre qu'il n'est jamais trop tard pour aimer et pour être heureux mais qui nous dit aussi qu'il ne faut pas perdre de temps et saisir sa chance quand elle se présente au risque de le regretter amèrement. On ne peut pas se contenter d'une moitié de vie, d'une vie sans saveur et sans couleurs. Il faut vibrer, brûler, trembler, voyager, rêver, s'envoler et tant pis si on se blesse en route car ça en vaut la peine.  Une jolie lecture pleine de délicatesse, de sensibilité et d'émotions. Je ne m'attendais pas à cette fin mais je pense que c'est celle qu'il fallait. Le texte prend encore plus de sens et d'importance à nos yeux. C'est beau et un peu triste, cet amour tardif...

 

"Les hommes redeviennent des enfants quand ils quittent leur patrie."

"Passer de l'enfance à l'âge adulte, c'est perdre une à une ses illusions."

"Ruban par ruban, il délace le corset invisible qu'elle a porté pendant toutes ces années."

"Un jour on grimpe dans un arbre et on ne sait pas que c'est la dernière fois."

 

En quelques mots :

Une lecture touchante, pleine de sensibilité et d'émotions.

 

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2016-03-24T13:15:00+01:00

Fidèle au poste

Publié par MyaRosa

Amélie Antoine

312 pages, éditions Michel Lafon, mars 2016

L'histoire :

Mai 2013. Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, mènent une existence heureuse à Saint-Malo, jusqu'au jour où la jeune femme se noie accidentellement au cours d'une baignade matinale. Gabriel, incapable de surmonter seul son chagrin, se décide à chercher du soutien auprès d'un groupe de parole. Il fait alors la connaissance d'Emma, une photographe récemment arrivée en ville, qui l'aide à surmonter son deuil.
Mais Chloé semble toujours très présente et étonnement vivante aux yeux de Gabriel qui ne parvient pas à l'oublier et à se reconstruire. Et si la réalité n'était pas celle à laquelle le jeune veuf se raccroche ?

 

Mon avis :

 

 Difficile de parler de ce livre sans trop en dire, alors je vais faire court : lisez-le ! Pour moi, ce roman est une vraie bonne surprise. Je m'attendais à quelque chose d'assez classique, mais j'ai bien vite compris que ce ne serait pas le cas... En plus des zones d'ombres et des secrets que devine peu à peu Gabriel qui tente de faire son deuil, la voix de Chloé vient hanter le récit, nous livrant ainsi un récit à trois voix peu ordinaire...

 

 J'ai trouvé l'écriture de l'auteur très agréable et j'ai dévoré ce roman très rapidement en ayant vraiment l'impression que le temps s'était arrêté. J'étais totalement immergée dans l'histoire, aux côtés de Gabriel, d'Emma et de Chloé. Je n'ai rien vu venir et j'ai été scotchée par les différents rebondissements. La construction de ce roman est bluffante et vraiment bien pensée. Je comprends l'engouement des lecteurs pour ce roman court et efficace et j'ai passé un très bon moment en le lisant. Je vais m'arrêter là pour ne pas vous gâcher le plaisir, mais franchement lisez-le et assurez-vous d'avoir un peu de temps devant vous car vous ne pourrez pas vous arrêter en cours de route tant l'histoire est addictive et pleine de surprises !

 

En quelques mots :

Un roman vraiment surprenant et très addictif. J'ai adoré !

 

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2016-02-29T08:52:05+01:00

100 récitations d'hier pour aujourd'hui

Publié par MyaRosa

Albine Novarino-Pothier

192 pages, éditions Points (Le goût des mots), octobre 2015

Présentation de l'éditeur :

Ecoutez ces mots qu'une génération après l'autre, nous avons appris et récités. De Baudelaire à Victor Hugo, en passant par Prévert et Charles Cros, voici 100 récitations pour tous les mois de l'année, de septembre à juin, de la rentrée aux grandes vacances, des textes pour grandir au fil des mois mais aussi au fil des impressions et des sentiments. Ce livre est l'écho des cahiers soigneusement illustrés de notre enfance dans lesquels on trouvait les plus belles poésies de la langue française.

 

Mon avis :

 

 Depuis l'automne dernier, ce joli recueil me tient compagnie. Je le savoure, page après page. C'est comme avoir un gros paquet de bonbons. Chaque récitation est une surprise à déguster, une petite madeleine de Proust qui redonne le sourire et évoque tant de moments inoubliables, d'émotions enfouies au plus profond de nous... Quel plaisir de retourner en enfance d'une si jolie manière ! Albine Novarino-Pothier a choisi avec soin des poèmes intemporels qui évoque les plaisirs tendres de l'enfance, la ronde des saisons, la rentrée des classes, les couleurs de l'automne, l'attente et l'excitation, les fêtes, les vacances, les jeux d'enfants... C'est comme si le temps était suspendu.

 

 L'auteur nous invite à souffler un peu et à nous souvenir qu'un jour, nous avons été enfants. La vie était tellement plus simple, à l'époque, nous avions d'autres préoccupations, nous nous demandions par exemple s'il ferait beau le lendemain, quels jeux nous ferions avec nos copains et si nous réussirions à réciter correctement un poème. Nous attendions fébrilement le jour de Noël ou les grandes vacances, nous passions un temps fou à courir dans les feuilles ou à regarder le ciel. Tout cela est encore en nous et la flamme des souvenirs ne demande qu'à être ravivée.

 

"Cessons un instant dans nos existences de stress de nous agiter ; descendons du vélo et regardons-nous pédaler, remontons, comme les sages poissons, le cours de nos existences vers nos sources."

 

 Quel délice de retrouver toutes ces récitations chères à mon coeur, de redécouvrir ces poèmes qui parlent du vent, de la pluie, de Noël, de l'école, de la neige, des vacances, des odeurs, des saveurs et des couleurs, du quotidien, du beau temps, du paysage, des animaux, des grandes personnes, de la lumière et du bonheur. Les textes d'Apollinaire, d'Hugo, de Verlaine, de Desnos, de Queneau, de Rimbaud, de Trénet, de La Fontaine et de bien d'autres fabuleux poètes encore sont de délicieuses friandises dont on ne se lassera jamais... Ils sont, en plus, accompagnés de dessins d'enfants aux couleurs chatoyantes et d'une naïveté touchante. Ce recueil est un petit trésor ! 

 

En quelques mots :

Un recueil très réussi qui nous replonge dans la douceur et la légèreté de l'enfance. Une petite madeleine de Proust qui redonne le sourire et l'envie de croquer la vie à pleines dents.

 

 

"Quand on est petit, on est dans le concret, l'immédiat, la couleur du berlingot, le parfum des mandarines, l'immensité toujours renouvelée des vitrines de jouets, la fraîcheur de la pluie qui enfante des flaques dans lesquelles ce sera un pur bonheur d'aller glisser tout doucement.

Quand on est petit, on s'inscrit dans le temps qu'il fait et dans celui qui vient."

 

"L'enfance, ce sont aussi des lieux bénis entre tous, beaux et parfumés, tendres et rassurants comme des jardins."

 

 

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