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Articles avec #litterature francophone catégorie

2017-08-22T13:25:16+02:00

L'ensoleillée

Publié par MyaRosa

Dany Rousson

285 pages, éditions Pocket, juillet 2017

L'histoire :

Automne 1980. Tout le village de Saint-Côme, dans le Gard, est réuni pour rendre un dernier hommage à Grégoire Fabre, viticulteur aimé de tous. Clarisse, sa nièce qui a grandi auprès de lui après la disparition de ses parents, se rend à la lecture du testament.
La voici dorénavant propriétaire de la Cave des Hautes-Vignes, d'une maison à Sanary-sur-Mer et d'une mystérieuse lettre qui va bouleverser son existence.
Bien décidée à faire la lumière sur les révélations qui l'accompagnent, elle se lance sur les traces de ses véritables origines.

 

Mon avis :

 

 Cela faisait un moment que j'avais envie de découvrir les livres de Dany Rousson. Son premier roman - Les Genêts de Saint-Antonin - me faisait de l'oeil depuis sa sortie, mais c'est finalement L'ensoleillée qui a croisé ma route et j'en suis très heureuse car j'ai dévoré et adoré cette lecture !

 

 

 J'ai tout de suite été séduite par l'écriture de Dany Rousson et par l'ambiance de ce roman. Il faut dire que les descriptions des paysages du Gard et du Var sont vraiment superbes, tout comme celles de la propriété familiale où il fait bon vivre. On a l'impression de parcourir les lieux, de sentir les parfums de la garrigue et des vignes, de ressentir la caresse du soleil sur notre peau et les frissons provoquées par les premières matinées glacées de l'automne. On entend les feuilles craquer sous nos pas, le feu crépiter dans la cheminée et on sent toutes les bonnes odeurs des petits plats italiens mitonnés avec amour par la délicieuse Anna.

 

 Et puis, il y a Clarisse qui découvre les secrets de sa famille. La belle Clarisse, courageuse et malicieuse, tellement attachée à ses terres et à ses proches. On s'attache à elle ainsi qu'aux autres personnages qui donnent et partagent sans compter, sans rien attendre en retour. Il y a la famille, la bande de copains, les gens du village... On se sent vraiment bien dans ce petit coin de France ! Ce n'est pas le pays des Bisounours. Personne n'est blanc comme neige, mais il y a tout de même beaucoup d'amour et de bienveillance et ça fait un bien fou !

 

 En plus, j'ai eu la bonne surprise de découvrir que le récit se déroule également durant la période de Noël ! C'est anecdotique, mais pour moi c'est un joli bonus. J'ai aimé cette histoire et j'ai encore plus aimé les descriptions du quotidien. Toutes ces choses simples, ces gestes répétés, ces petites attentions, ces repas qui mijotent, ces dîners sans chichis, ces balades au coeur de la nature, les passages romantiques et ceux remplis d'humour et de complicité. Tout ce qui nous montre la beauté et la magie d'un petit rien. Tout ce qui nous prouve que la bonheur est là tout près de nous. J'ai aimé la simplicité et l'authenticité que j'ai ressenti tout au long de ma lecture. J'ai aimé cette histoire, ces gens qui bien que fictifs semblent plus vrais que beaucoup d'autres. C'est une lecture qui fait du bien et je suis déjà impatiente de lire d'autres romans de Dany Rousson.

 

En quelques mots :

Un joli roman plein de charme et d'authenticité. Une lecture qui remonte le moral et fait du bien.

 

 

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2017-07-06T13:01:39+02:00

Port-des-Vents

Publié par MyaRosa

Hortense Dufour

316 pages, éditions Presses de la Cité, mai 2017

L'histoire :

A Port-des-Vents, village-îlot charentais bordé par l'océan, souffle un vent continu, ravageur. Parmi les habitants, une lignée de femmes puissantes, soudées, qui habitent une petite maison de pêcheurs. Les hommes de la famille sont morts. Le rude monde marin et les passions se sont chargés de ces morts-là. Les femmes, elles, rebâtissent sans cesse ce que le vent détruit. Chaque jour elles poussent la lourde brouette pleine d'huîtres. Elles sont les passeuses, se transmettant, immuablement, les gestes de la vie, de la maternité. Autour d'Adèle, l'aïeule, vivent quatre générations de femmes : Adrienne, Marjolaine, Indiana et Elena. Elles sont restées pour toujours à Port-des-Vents, sauf Elena qui s'en est éloignée et qui y revient quand les fruits du verger abondent ; les étés à Port-des-Vents sont splendides. Il y a celle, enfin, par qui tout est arrivé : Adrienne. " Tout est de la faute de la belle Adrienne. " Car à Port-des-Vents, les passions sont dévastatrices...

 

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité

pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Même s'ils sont tous deux très différents, ce roman d'Hortense Dufour et "Umami" de Laïa Jufresa dont je vous ai parlé la semaine dernière m'ont laissé la même impression. Il a fallu que je me batte un peu pour pouvoir y entrer et y trouver ma place. Il a fallu que je passe une sorte d'épreuve pour être acceptée par ces pages. Il a fallu des pages et des pages pour que les personnages m'ouvrent leurs portes. Je n'ai pas l'habitude de me battre pour lire. D'habitude, j'aime quand je suis happée dès les premières lignes. J'aime qu'on m'ouvre grand les bras, qu'on m'emmène ailleurs et qu'on m'accepte sans condition. Pourtant, ces épreuves et ces batailles en valaient la peine. Quelle récompense au bout de chemin...

 

 Si l'écriture d'Hortense Dufour m'a vraiment déconcertée au début, j'ai fini par l'apprécier. Il y a du charme, de la force, de la passion, de l'authenticité, et ça colle vraiment bien à l'histoire ou plutôt aux histoires que l'auteur nous raconte. Ces histoires, ce sont celles des habitants d'un petit village-îlot charentais. Là-bas, on naît, on travaille dur, on apprend de ses aïeux, on vit ensemble, on se marie, on meurt mais on ne quitte que rarement Port-des-Vents ou alors on y revient. La vie y est à la fois dure, modeste et authentique. On suit plus particulièrement les femmes d'une même famille qui vivent ou ont vécu dans la même maison de pêcheurs, se sont transmises le savoir-faire et les valeurs, année après année, ont partagé les secrets, les souffrances, les joies et les peines. Adèle, Adrienne, Marjolaine, Indiana, Elena. Toutes sont des femmes fortes, passionnées et passionnantes que l'on n'a plus envie de quitter et encore moins d'oublier.

 

 J'ai particulièrement aimé l'histoire si touchante de Pierre et Marjolaine. Un amour de toujours, comme une évidence qui est plus complexe qu'il n'y paraît, un vrai coup du sort. J'ai aussi beaucoup aimé la magnifique et mystérieuse Adrienne que les gens admirent et fuient en même temps. J'ai aimé la description des tâches quotidiennes notamment la préparation des repas. On croirait être à côté de ces femmes et sentir toutes ces bonnes odeurs de plats préparés avec des gestes sûrs mille fois reproduits. J'ai aussi adoré tous les passages qui concernent les naissances et les décès et toutes les traditions liées à ces évènements.J'ai été très touchée par toutes ces histoires de femmes. Ces femmes qui encaissent sans broncher le labeur, les deuils et la douleur. Ces femmes qui sont parfois envoyées vers une vie qu'elles n'ont pas choisi et qui regrettent parfois jusqu'à leur dernier jour un instant d'insouciance. Ces femmes punies d'être trop belles ou qui se punissent parfois elles-mêmes de s'être égarées ou écoutées un instant. Ces femmes qui génèrent tant de passion, qui survivent aux hommes et à ceux qu'elles aiment, qui n'ont d'autres choix que de reproduire les mêmes gestes encore et encore pour ne pas sombrer et pour que survive la lignée et la vie à Port-des-Vents. Ce sont les piliers du village, les fondations de la famille. Sans elles, il n'y aurait plus rien. Le vent aurait tout envoyé au loin.

 

  J'ai aimé la fougue de l'auteur, la façon dont elle nous raconte la vie à Port-des-Vents et ses personnages. Il y a des passages vraiment magnifiques et très forts. De la poésie et de la passion. Là-bas, rien n'est à moitié. Tout est intense et passionné. On aime, on déteste, on jalouse, on souffre toujours à l'extrême. C'est à la fois beau et violent. A Port-des-Vents tout se sait, rien ne s'oublie. On vit avec sa famille, son histoire, son passé. On se transmet le bon comme le mauvais. La vie est dure à Port-des-Vents et pourtant chacun accepte le fardeau qu'on lui confie sans jamais se plaindre. On dirait que le temps n'a pas d'emprise sur cette vie-là. Les gens n'ont rien mais donnent tout. Ils s'épuisent à la tâche et s'ils s'arrêtent c'est comme s'ils acceptaient de mourir. Il y a une rage de vivre, une résignation, un courage qui n'a pas d'égal. Et pourtant, le courage, est-ce que ce ne serait pas justement de quitter cette vie-là ? Si le début de ma lecture a été difficile, j'ai finalement beaucoup aimé cet endroit, ces histoires, ces gens. Passionnément. On adore ou on déteste. Il ne peut en être autrement à Port-des-Vents.

 

En quelques mots :

Il a fallu que je m'accroche et que je sois patiente, mais j'ai finalement succombé au charme de Port-des-Vents. Il y a, dans ce roman, de l'amour, de la violence, de la force, du courage et beaucoup d'authenticité. C'est un roman intense et poignant avec lequel il n'y a pas de demi-mesure. On adore ou on déteste !

 

 

***

Quelques extraits :

 

"L'intensité de ces jours heureux, à nuls autres comparables, je ne puis les lier aux affres et aux fulgurances amoureuses. Je les tiens intimement à l'abri de ce dieu furibond, jamais rassasié, toujours inquiétant : l'amour. L'amour - je parle de celui qui lie deux êtres -, l'amour, cet amour-là est trop violent. Cet amour que, subtilement, les femmes d'ici blâmaient en répétant l'histoire de "l'homme au vélo". J'approuvais, mais que dire, prise à mon tour aux vagues d'une telle turbulence ? Tempête sombre et exquise, faim jamais assouvie, certitude de souffrir... Cet amour-là, ce lent poison, biffe le radieux paysage, soumet les sens à son seul despotisme, éloigne toute idée de secours et de plénitude. L'amitié en est bannie. L'amour vint à moi comme une foudre, un dieu irrésistible et sans miséricorde, et je vins à lui, reléguant mes paysages heureux." (Page 37)

 

"Port-des-Vents. Notre terre, notre fond des mers, nos violences, nos mortels efforts pour sauver la moisson. Non, il n'y a pas de remords en ce pays, il y a le devoir, la force de continuer. Si les passions ici sont violentes, l'amour de cette terre gorgée d'eaux salées, de trésors et d'ordures, est plus fort que tout. Le vent, la mort nous en séparent, mais n'en éloignent jamais les vivants." (Page 276)

 

"La joie touche chaque être, si abandonné se croit-il. Un rayon de miel, le léger choc d'une mystérieuse allégeance ; la brièveté d'un repos si suave, seule, seule, en son parc. Chaque jour, à une certaine heure, il lui est offert un grand moment lumineux, ébloui, quand l'arc-en-ciel dessine un vitrail qui la baigne en entier. Une légère scoliose la fait souffrir, oh si peu, elle a encore tant de forces ! Mais rien ne détruit ce moment-là, cette grâce, entre l'aube, le crépuscule..." (Page 278)

 

"Peut-être est-ce notre force de femme qui refoule les malheurs et le vent et permet à Port-des-Vents de résister à tout, même à ses naufrages ? Quel Dieu, quel amour bien caché a fait de nous, les femmes d'ici, ces sentinelles et ces soldates qui savent lancer aux nuages leurs sanglots et ne ploient que pour mourir ?" (Page 314)

 

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2017-06-15T08:02:17+02:00

C'est trop bien

Publié par MyaRosa

Philippe Delerm

96 pages, éditions Milan, mai 2017, dès 9 ans

Quatrième de couverture :

Attendre la neige,
Construire une cabane dans sa chambre,
Chuchoter avec un copain la nuit,
Regarder la première mi-temps,
Discuter avec sa grand-mère,
Jouer au Tour de France sur la plage...
C'est trop bien, non ?

 

Mon avis :

 

 Avec beaucoup de sensibilité et de poésie, Philippe Delerm sait comme personne capturer l'instant et nous parler de ces petits bonheurs du quotidien et plus particulièrement de l'enfance qui nous marquent à jamais. Après "C'est bien" et "C'est toujours bien" publiés au début des années 1990 et réédités cette année, il nous offre "C'est trop bien", un nouveau recueil d'une vingtaine de textes courts qui sont autant de douceurs à savourer et à partager en famille.

 

 La soirée qui se prolonge et prend une tournure inattendue lorsqu'un ami qui devait passer en coup de vent reste un peu plus longtemps. Les batailles de polochon et les dimanches à la brocante. Les vacances en famille et les discussions avec sa grand-mère. L'apprentissage de la vie et les jeux qu'on n'oublient pas. Grimper dans un arbre et marcher dans l'eau. Voilà quelques petits bonheurs qui nous sont décrits avec beaucoup de tendresse et qui parleront à chacun d'entre nous. Aux jeunes comme aux moins jeunes.

 

 J'aime la façon dont Philippe Delerm écrit. Il arrive à nous transporter dans nos propres souvenirs et à nous montrer à quel point la vie est belle. Ce sont ces petits riens, ces moments auxquels on ne prête pas toujours attention qui restent pour la vie dans nos coeurs et dans nos mémoires. On se souvient des rires, de l'imprévu, des rêves, de l'attente, de cette saveur que l'on aimait tant et de l'odeur des vacances. Philippe Delerm célèbre la vie et l'enfance et nous emporte avec lui dans ce tourbillon de bonheur !

 

"Rêveur, ça doit être ça. Avoir dans un coin de la tête un petit pays qu'on ne possède pas soi-même, et que les autres n'ont aucune chance de pénétrer. On est ici et ailleurs en même temps. On ne parle pas trop, on ne s'ennuie jamais, et on sent bien qu'on se protège."

 

En quelques mots :

Une lecture savoureuse, émouvante et poétique qui célèbre la vie et les petits bonheurs.

 

 

 

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2017-05-26T18:21:55+02:00

Tu as promis que tu vivrais pour moi

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

360 pages, éditions Michel Lafon, juin 2017

L'histoire :

Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.
Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l'homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.
Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l'intention de se contenter de paroles en l'air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait…

 

Mon avis :

 

 L'an dernier, je vous ai parlé du précédent roman de Carène Ponte : Un merci de trop. Est-ce que vous vous en souvenez ? J'en garde un excellent souvenir. C'est un roman drôle et rafraîchissant qui met de bonne humeur et nous fait passer un bon moment. Ma chronique est toujours en ligne (ici) et j'avais envie de vous en reparler car il sort en poche le 15 juin prochain. Si vous cherchez une lecture amusante pour les vacances, foncez !

 

 

 ***

 

 Cette fois encore, Carène Ponte nous livre un roman drôle et touchant dans lequel on se retrouve toutes un peu à un moment ou à un autre...

 

 Molly, l'héroïne de ce roman, se laisse porter par la vie sans jamais vraiment se poser de questions. Son boulot qui devait être provisoire ne l'est plus tellement mais ce n'est pas si grave. Elle ne manque de rien. Elle a un toit sur la tête, un petit ami gentil et attentionné qui l'aime et surtout la meilleure des amies, Marie. Mais quand cette dernière meurt en demandant à Molly de vivre pour elle et de réaliser certains rêves à sa place, le petit monde de Molly ne tourne plus aussi rond et tout est remis en question... Au fond, est-elle vraiment heureuse ? A-t-elle fait les bons choix ? Elle n'est plus sûre de rien...

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Je me suis tout de suite attachée à Molly. Sa relation si particulière avec Marie m'a émue. J'ai beaucoup aimé tous les personnages qui gravitent autour d'elle et qui tentent de la soutenir à leur manière. On voit vraiment Molly grandir au fil des pages apprendre à s'écouter et à s'affirmer et devenir plus autonome. J'ai aimé suivre son parcours et la voir prendre sa vie en main. Il y a beaucoup de passages savoureux. Je pense aux soirées entre filles, aux discussions avec Viviane et Nadège, aux rendez-vous avec John, aux cours de danse et aux répétitions avec les enfants. Et puis il y a les délicieuses gourmandises préparées par Nadège, les beaux paysages et les petits détails qui rendent ce roman réconfortant et très chaleureux.

 

 Voilà un feel good book comme on les aime avec des personnages attachants et une héroïne qui n'est pas heureuse mais va tout faire pour l'être. C'est une lecture rafraîchissante qui fait beaucoup de bien et qui est aussi drôle qu'émouvante. Le roman parfait pour vos soirées cocooning ou pour vous remonter le moral quand ça ne va pas. C'est aussi une belle histoire d'amitié et un roman qui nous montre qu'il faut savoir faire confiance aux autres et accepter de prendre des risques pour être heureux. Une jolie lecture pleine de générosité, d'humour et de romantisme. J'aurais bien aimé rester un peu plus longtemps aux côtés de Molly...

 

En quelques mots :

Optimisme, bonne humeur, bienveillance, entraide, gourmandise et romantisme.

Que demander de plus ?

Vivement le prochain Carène Ponte !

 

 

 

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2017-03-28T08:03:21+02:00

Les Lettres de Rose

Publié par MyaRosa

Clarisse Sabard

382 pages, éditions Charleston, mai 2016

L'histoire :

  Lola a été adoptée à l'âge de trois mois. Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Sa vie va basculer lorsqu'elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d'Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines. Mais tous les habitants ne voient pas d'un bon oeil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu'elle ne le voudrait...
Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-il de se tourner vers son avenir ?

 

Mon avis :

 

 J'ai toujours peur d'être déçue quand un livre a tout pour me plaire et que les avis sont dithyrambiques. Je pense que c'est pour cela que j'ai mis autant de tant avant de me plonger dans "Les Lettres de Rose" qui m'attirait pourtant beaucoup depuis sa sortie. Aujourd'hui, je ressors de cette lecture ravie car je me suis vraiment laissée emporter par l'histoire et j'ai adoré découvrir tous les secrets qui entourent la naissance de Lola. Je sais que je vais pouvoir me plonger dans le nouveau roman de Clarisse Sabard sans hésiter et je suis déjà impatiente de découvrir quelles merveilleuses histoires elle va nous raconter.

 

 Pour être honnête, si j'ai tout de suite accroché à l'écriture, j'ai eu un peu de mal avec Lola, au début du roman. Si j'ai compris pourquoi elle était un peu perdue et si fragile, elle m'a un peu agacée. Elle part sur les traces de son passé comme si on l'obligeait à s'engager, à changer de vie du jour au lendemain alors que son rendez-vous chez le notaire bien que stressant ne l'engage à rien. Elle a encore le choix de s'arrêter là et de refuser d'en apprendre plus sur sa famille, même si bien sûr, on espère qu'elle fera le contraire... Mais une fois l'histoire bien lancée, je n'ai plus réussi à lâcher le roman, j'ai même assez vite réussi à m'attacher à la pétillante Lola et j'ai compris pourquoi elle était ainsi avant son passage à Aubéry.

 

 J'ai été totalement fascinée par l'histoire de cette famille. Tant de secrets, de regrets, de destins brisés mais aussi d'amour et de détermination ! Les Lettres de Rose m'ont vraiment captivée. J'ai suivi avec passion et émotions les histoires de Louise, Martin, Rose, Léonie, Fanny, Daniel, Richard et tous les autres. C'est un puzzle savamment construit que nous offre Clarisse Sabard, une sorte de chaque au trésor passionnante et surprenante. Comme Lola, on découvre petit à petit l'histoire de cette famille et les zones floues deviennent plus claires au fil des chapitres. Cette Lola qui m'agaçait un peu au début est devenue de plus en plus attachante et j'ai aimé la voir prendre son envol. J'ai adoré me balader dans cette maison chargée d'histoire, découvrir des souvenirs ici et là, flâner dans les rues d'Aubéry chargée de souvenirs et de fantômes du passé, voir les projets de Lola se concrétiser et la voir enfin s'épanouir, trouver sa place et se décider sur ce qu'elle veut faire de sa vie.

 

 Ce roman m'a vraiment beaucoup plu. Je l'ai trouvé bien construit et écrit avec beaucoup de sensibilité. J'y ai trouvé tout ce que j'aime : des secrets de famille, de l'amour, des drames, du vintage, des livres, du romantisme, des personnages attachants, de l'émotion, de la passion. Une vraie gourmandise pour ceux qui aiment les sagas familiales et les romans qui se déroulent sur plusieurs époques. On quitte Aubéry et les personnages de ce roman à contrecoeur. On aimerait rester à leurs côtés plus longtemps...

 

(A gauche, la couverture de la version poche qui est sortie ce mois-ci et à droite celle d'un petit bonus que l'on peut lire gratuitement en ligne et qui m'a beaucoup plu.)

 

En quelques mots :

Le récit palpitant et émouvant d'une jeune femme qui découvre l'histoire mouvementée et déchirante de sa famille. Un roman dramatique et romantique à ne pas manquer.

 

 

D'autres avis chez Marielle, Ingrid, Karine...

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2017-03-21T14:51:19+01:00

Elles sont parties pour le nord

Publié par MyaRosa

Patrick Lecomte

285 pages, éditions Préludes, mars 2016

Présentation de l'éditeur :

  1917. Wilma, onze ans, se réveille par un matin d’hiver glacial dans la cabane qu’elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord canadien. De retour d’une expédition en ville, il lui rapporte un cadeau : un livre finement illustré, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. C’est là, dans ces pages, qu’elle rencontre Akka, l’oie sauvage. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d’Amérique du Nord.


 Un premier roman intense et inspirant qui tisse les destins croisés d’une jeune femme passionnée et d’un oiseau mythique. Un récit envoûtant, promesse d’évasion, où la poésie de la nature rencontre la magie de l’écriture.

 

Mon avis :

 

  Au début de ce roman, nous rencontrons Wilma, petite fille épatante qui observe le monde avec curiosité et intérêt. On s'attache immédiatement à elle. Wilma est débrouillarde et autonome. Elle a l'habitude de vivre seule en pleine nature puisque son père est trappeur et doit souvent s'absenter. Wilma observe le monde qui l'entoure et les changements provoqués par le cycle des saisons. Elle mène une vie rude mais ne s'en plaint jamais. Elle s'estime heureuse de vivre au plus près de la nature et de pouvoir profiter des grands espaces. Un jour, son père lui offre le roman de Selma Lagerlöf : Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Cette lecture passionnante sera une vraie révélation. J'ai adoré suivre sa découverte et voir le façon dont cette lecture la bouleverse et la transporte. C'est pour Wilma une évidence et le début d'un long chemin. Elle sent que quelque chose commence, qu'elle a trouvé sa voie.

 

 Wilma n'est pas comme les autres. Elle ne se sent bien qu'au contact de la nature et n'aspire qu'à la protéger. Elle écoute et suit les signes qu'elle lui envoie. C'est à la sauvegarde de la grue blanche, le plus grand oiseau migrateur d'Amérique du Nord qu'elle va consacrer sa vie. Elle s'en fait la promesse étant jeune après sa rencontre bouleversante avec une grue blanche qu'elle nomme Akka en souvenir de sa lecture du roman de Selma Lagerlöf. Rien ni personne ne pourra arrêter cette jeune femme admirable, courageuse et déterminée et la vie fera qu'à plusieurs occasions, elle retrouvera avec émotions celle qui a donné un sens à son existence.

 

 Avec finesse, Patrick Lecomte a su allier fiction et faits réels. Si Wilma sort tout droit de son imagination, le combat pour la protection de la grue blanche est bien réel et tout ce que l'on apprend sur le sujet est intéressant. J'ai vraiment aimé suivre Wilma et l'avancée de son combat durant toutes ces années. On la voit grandir, faire des choix et des concessions afin de tenir sa promesse. J'ai aimé son rapport charnel à la nature, la manière dont elle observe et ressent chaque vibration de la terre et de l'air. C'est un personnage envoûtant que l'on prend plaisir à suivre et j'ai aimé sa rencontre avec Joe, jeune indien qui entretient, lui aussi, un rapport particulier avec la nature. J'ai également été très touchée par le lien très fort qui unit Wilma et son papa. Il y a beaucoup de pudeur entre eux. Ils ne parlent pas beaucoup et ne passent pas beaucoup de temps ensemble et pourtant on sent vraiment la force de leur amour et aussi le respect et l'admiration qu'ils ont l'un pour l'autre.

 

 L'écriture de Monsieur Lecomte est vraiment très agréable. Son récit est bien documenté et il nous explique les choses de manière simple. A cela s'ajoutent des passages beaux, purs et très poétiques sur la nature. Une lecture très différente des romans que l'on croise actuellement et ça fait du bien ! C'est un roman qui ramène à l'essentiel, qui nous invite à écouter et à préserver notre terre. C'est un livre plein de passion, d'amour et de beauté. Un bel hommage rendu aux oiseaux, à la nature et à tous ceux qui se battent jusqu'à l'épuisement pour ce que d'autres considèrent comme des causes perdues. Wilma nous prouve qu'il faut se battre pour ce que l'on croit juste et ne jamais baisser les bras. C'est un personnage admirable que je n'oublierai pas.

 

En quelques mots :

Une belle lecture, pleine de pureté, de poésie et d'optimisme.

 

 

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2017-03-13T06:00:00+01:00

La Solitude des femmes qui courent

Publié par MyaRosa

Julie Printzac

411 pages, éditions JC Lattès, mars 2017

L'histoire :

 Depuis son divorce, Justine court après la vie dans un Paris qu'elle ne reconnaît plus. Tout se chevauche et se bouscule : son travail en perdition, ses amours inexistantes, ses inquiétudes de mère. Mais le jour où elle découvre une rose rouge sur la tombe familiale, Justine va devoir questionner son passé, et peut-être ainsi démêler toute la pelote de son bonheur.

 

Mon avis :

 

 Justine ne sait pas vraiment ce qu'elle veut, mais elle sait ce qu'elle ne veut plus. Elle ne veut plus de cette vie insipide qu'elle accepte sans rechigner depuis plusieurs années. Elle n'en peut plus d'être traitée comme une moins que rien au travail et de faire un boulot qui l'ennuie. Elle n'en peut plus du bruit, de la violence, du stress et de la pollution que lui offre la vie parisienne. Elle en a marre de regarder l'homme qu'elle aimait, le père de sa fille, lui cracher son écoeurant bonheur avec sa nouvelle compagne parfaite à la figure. Elle en a marre des rendez-vous forcés avec de sombres crétins qui ne lui apportent rien. Justine a besoin d'air.

 

 Sa bulle d'oxygène ? Ses visites chez Delphine, son amie d'enfance, à Nanteuil. Là-bas, elle se sent détendue et épanouie et sa fille Adèle semble aussi y trouver son compte. C'est une ville si importante pour Justine. C'est la ville de son enfance, là où elle passait toutes ses vacances en famille et là où elle a ses plus beaux souvenirs. Intriguée par une mystérieuse rose déposée sur la tombe de son père, Justine va se mettre à enquêter sur son passé et l'évidence va bientôt lui sauter aux yeux : sa place est là-bas, à Nanteuil. Et elle va tout faire pour changer de vie et réaliser son rêve tout en essayant de connaître la vérité sur son histoire familiale.

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Il y a d'abord tout ce mystère autour de l'enfance de Justine. Elle a besoin de connaître la vérité pour aller de l'avant. Elle ne veut plus vivre avec les ombres, les non-dits, les mensonges et tout le poids de la souffrance qui pèse sur ses relations avec sa mère et sa soeur sans qu'elle comprenne pourquoi. Justine veut crever l'abcès une bonne fois pour toutes. Je l'ai trouvé crédible et très attachante. J'ai aimé sa prise de conscience, sa force et son courage. C'est une femme moderne qui a le cran de changer tout ce qui ne va pas dans sa vie pour être heureuse. Elle n'attend pas que le bonheur arrive à elle, elle décide d'aller le chercher elle-même et tout de suite ! Et pourtant, on sent en elle une certaine fragilité. Elle n'a pas entièrement confiance en elle et doute beaucoup de ses choix, mais c'est ce qui la rend tellement crédible et attachante.

 

 J'ai trouvé ce premier roman très bien écrit et aussi très agréable à lire. J'ai beaucoup parlé de Justine, mais elle a aussi toute une bande d'amies vraiment géniales qui sont là les unes pour les autres malgré les difficultés qu'elles rencontrent aussi dans leur vie. Divorce, deuil, enfance difficile, maternité, difficultés professionnelles, mal-être et solitude, elles ont toutes des épreuves à surmonter mais elles s'entraident, font preuve d'optimisme et sont bien décidées à profiter de la vie. C'est une lecture parfaite pour se détendre ou bien remonter le moral d'une amie. Un livre d'une grande sensibilité qui nous donne aussi envie de faire comme Justine et d'envoyer valser tout ce qui cloche dans notre vie. C'est un livre qui fait du bien. Un roman qu'on a envie de conseiller et d'offrir autour de soi.

 

En quelques mots :

Un roman feel-good rafraîchissant et très agréable à lire.

J'ai beaucoup aimé.

 

 

 

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2017-03-04T14:08:14+01:00

Nous, les passeurs

Publié par MyaRosa

Marie Barraud

190 pages, éditions Robert Laffont, janvier 2017

Quatrième de couverture :

  "J'ai voulu raconter l'histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J'ai voulu dire ce qui ne l'avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J'ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c'est moi qu'ils ont libérée. "


 Qui est ce grand-père dont personne ne parle ? Marie, devenue une jeune femme, décide de mener l'enquête, de réconcilier son père avec cet homme disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Albert Barraud, médecin, fut un résistant, arrêté par les Allemands. Marie découvrira son rôle protecteur auprès des autres prisonniers. Destin héroïque d'un homme qui consacra sa vie aux autres jusqu'à sa disparition en mai 1945, sur le paquebot Cap Arcona bombardé par l'aviation britannique... Au terme d'un voyage vers la mer Baltique avec son frère, Marie va défaire les noeuds qui entravaient les liens familiaux.

 

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 "Nous, les passeurs" est le témoignage bouleversant d'une femme qui aime profondément son père et cherche à percer les secrets de sa famille. Si la petite fille idolâtre son père, elle sent qu'il y a en lui une colère, une rage, une profonde souffrance qu'elle n'arrive pas à s'expliquer. Devenue adulte, Marie cherche à déterrer le passé et à découvrir la vérité pour le bien-être de tous. Ses recherches vont l'entraîner sur les traces de son grand-père, le héros de la famille que tout le monde respecte mais dont personne ne parle. Un homme juste et bienveillant qui a joué un rôle important et sauvé des vies durant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 J'ai beaucoup aimé ce livre parce qu'il rend hommage aux disparus et met en lumière des faits dont j'ignorais totalement l'existence, mais aussi et surtout parce que Marie Barraud m'a beaucoup touchée par ses mots, son respect et la manière dont elle aborde ce sujet difficile et très intime. L'admiration sans bornes de la petite Marie pour son papa, son amour pour sa famille, sa soif de vérité et son envie de connaître ce passé qui est le sien m'ont vraiment émue. J'ai aimé suivre son enquête, son chemin de croix difficile mais nécessaire. J'ai aimé la manière dont elle nous parle de la transmission et du poids du passé. Il y a tant de choses que l'on cache par pudeur ou en croyant protéger les plus jeunes mais qui, d'une manière ou d'une autre, punissent les générations suivantes et les empêchent d'être libres. Et puis, on ne parle pas que des disparus, mais aussi de ceux qui restent. De ceux qui doivent vivre avec le vide, la douleur, le manque de réponses et l'impression d'avoir été abandonné.

 

 J'ai aimé découvrir cette famille et les liens qui les unissent. Il y a beaucoup de justesse dans la manière dont l'auteur décrit les relations entre ces différentes personnages et ce qui a pu les éloigner ou les faire changer. Si le thème n'est pas du tout joyeux, Marie Barraud arrive pourtant à rendre ce récit lumineux car il est porté par l'amour, l'humanité et un besoin irrépressible de vivre. Quel bel hommage rendu à sa famille et aux victimes de guerre !

 

En quelques mots :

Un témoignage bouleversant. Une lecture enrichissante et très émouvante.

 

 

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2017-01-10T10:12:38+01:00

Agatha, es-tu là ?

Publié par MyaRosa

Nicolas Perge & François Rivière

281 pages, éditions Du Masque, janvier 2017

L'histoire :

Le 3 décembre 1926, Agatha Christie disparaît mystérieusement.
« Ni vivante… ni morte… » Ces quelques mots d'un ami médium résonnent fortement dans l'esprit d'un Conan Doyle fatigué. Le vieil auteur de Sherlock Holmes s'est juré de tout mettre en œuvre pour retrouver sa jeune consœur, volatilisée alors que la gloire commençait à poindre avec son dernier roman, Le Meurtre de Roger Ackroyd. Enlèvement ? Assassinat ? Fugue ? Conan Doyle veut comprendre, savoir pourquoi … Mais y a-t-il un pourquoi ?
Réfugiée dans l’hôtel d'une ville thermale du Yorkshire sous une fausse identité, Agatha Christie cherche un peu de paix. Elle ignore que les chiens se sont déjà lancés sur ses pas…
 Inspiré de faits réels, Agatha, es-tu là ? convoque avec insolence et violence deux immenses monuments du roman criminel et fait d'eux les victimes d'une comédie macabre où les masques s'arracheront un à un, à coups de lame.
 
 
Mon avis :
 
 Depuis quelque temps, mes lectures tournent beaucoup autour de Conan Doyle et d'Agatha Christie. Je ne pouvais donc pas passer à côté de cette lecture qui s'inspire d'un fait réel : la disparition étrange et mystérieuse de la reine du crime au cours de l'année 1926. Un fait divers qui a intrigué toute l'Angleterre et même Conan Doyle en personne. Aujourd'hui encore, certaines parties de l'histoire restent floues et de nombreuses hypothèses continuent de circuler, ce qui a le don d'inspirer les auteurs, les journalistes et les amateurs de romans policiers.
 

 

 J'ai beaucoup aimé ce roman. Les chapitres sont courts et bien construits. On suit plusieurs personnages à la fois. On alterne souvent entre Agatha Christie et Conan Doyle. La lecture est fluide et bien rythmée. On suit avec plaisir les recherches de Conan Doyle, son avancée dans l'enquête toute particulière puisqu'en plus des indices et de la logique, spiritisme et mediums sont au rendez-vous ! J'ai particulièrement aimé les passages dans lesquels il est question de sa famille. Beaucoup de pudeur, mais surtout beaucoup d'amour et d'affection.
 
 J'ai aimé suivre Agatha et j'ai trouvé que son personnage était bien travaillé. On a du mal à la cerner. On la sent perdue, déboussolée. Il est difficile de démêler le vrai du faux. Et puis, il y a toute cette histoire construite autour qui vient pimenter encore un peu le récit et inquiéter le lecteur. Les rebondissements sont nombreux et on ne s'ennuie pas une seconde. J'ai passé un très bon moment et j'ai maintenant encore plus envie de découvrir Agatha Christie et Arthur Conan Doyle.
 

 

En quelques mots :
Un roman difficile à lâcher. Une lecture agréable et mystérieuse.
 
 
 
A lire aussi :
 

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2016-12-28T23:37:55+01:00

Retour à la nuit

Publié par MyaRosa

Eric Maneval

141 pages, éditions 10/18, novembre 2016

L'histoire :

Antoine a 8 ans. C’est la fin du mois d’août dans la Creuse. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans un fourgon en compagnie d’un inconnu qui lui apprend qu’il vient de lui sauver la vie. L’homme le dépose à l’hôpital de Limoges et disparaît. Vingt ans plus tard, Antoine est veilleur de nuit dans un centre pour ados. À la télévision, on reparle de l’affaire du « découpeur » suite à la découverte de nouveaux témoignages. Lors de la reconstitution de l’enquête, Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie dans la rivière.

 

Mon avis :

 

 Dès les premières lignes de "Retour à la nuit", j'ai été happée par l'écriture quasi hypnotique d'Eric Maneval et je me suis plongée dans cette histoire à corps perdu. Il y a d'abord cette scène qui, on le sait déjà, finira mal : des enfants insouciants qui jouent dangereusement dans l'eau sans même avoir conscience des risques qu'ils prennent. Jusqu'à l'accident qui prend une tournure inattendue et se termine finalement mieux que prévu mais étrangement tout de même. L'histoire reprend ensuite vingt ans plus tard. Antoine, que l'on connaît déjà, mène une existence tout à fait normale. Il travaille de nuit dans un foyer qui accueille des enfants et des adolescents malmenés par la vie et un peu paumés et il prend son rôle très à coeur. Chaque jour la même routine, le même rythme, les mêmes personnes croisées. Jusqu'à ce jour où une émission de télévision fait tout basculer et force Antoine à se replonger dans son passé et à remettre en cause ce qu'il croyait savoir. Pour le meilleur, et pour le pire...

 

 Eric Maneval joue avec le lecteur, le balade, le manipule, le pousse à s'interroger et à tirer ses propres conclusions. C'est quelque chose qui peut dérouter, mais qui m'a beaucoup plu. Si le récit commence de manière classique, très vite, des petites choses étranges semées ça et là viennent semer le doute dans notre esprit. Et puis, il y a ce questionnement perpétuel sur le bien et le mal. Est-on vraiment mauvais si on fait de bonnes choses ? Peut-on être un héros et un monstre en même temps ? Les choses sont-elles forcément noires ou blanches ? J'ai aimé cette ambivalence permanente et cette atmosphère étrange et pesante qui s'installe au fil des pages. Cette façon d'aborder le passé, la souffrance, les secrets enfouis, les blessures de l'enfance qui ne guérissent jamais. C'est un récit vraiment troublant et déstabilisant qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. La fin est frustrante, c'est vrai, mais ce roman ne me laisse pas une impression négative, loin de là. Il m'a vraiment remué et me laisse un sentiment étrange. Vertige, folie, cauchemar, terreurs enfantines, passé trouble, réminiscence, angoisse, mal-être, douleur... On navigue en eaux troubles entre réalité et cauchemar, entre bon et mauvais, entre bien et mal et on ne sait jamais de quel côté on est vraiment. Bluffant !

 

En quelques mots :

Un récit aussi déstabilisant que fascinant qui laisse une impression étrange. Une écriture hypnotique et percutante. J'ai beaucoup aimé.

 

 

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2016-11-01T20:21:04+01:00

Chanson douce

Publié par MyaRosa

Leïla Slimani

227 pages, éditions Gallimard, août 2016

L'histoire :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

 

Merci à Priceminister pour cette lecture.

#MRL16 #PriceMinister

 

Mon avis :

 

 Tout va pour le mieux chez les Massé. Myriam en rêvait et elle l'a fait ! Après des mois passés à s'occuper de son foyer, elle retrouve la vie professionnelle qui lui manquait tant et s'épanouit à nouveau pleinement dans son rôle de femme, d'avocate et de maman. Le couple vit à Paris, dans un bel appartement du dixième arrondissement. Ils ont deux jeunes enfants, Adam et Mila, et ont trouvé la perle rare, la nounou idéale en la personne de Louise, une femme soigneuse et douce qui gère à la perfection la maison et les enfants. Chaque matin, ils quittent leur progéniture et leur foyer en toute sérénité et sont soulagés de pouvoir souffler un peu. Pourtant, on nous prévient dès le début, tout cela va mal se finir. Un terrible drame est sur le point de se produire... Comment ? Pourquoi ? C'est justement ce que l'on va découvrir au fil des pages...

 

 L'écriture de Leïla Slimani est envoûtante et très belle. On se laisser hypnotiser dès les premières pages. L'auteur arrive, avec une aisance déroutante, a glisser des idées sombres et des phrases dérangeantes au milieu de scènes plutôt ordinaires qui nous laissent avec une sensation et une impression étranges. On n'est pas toujours sûr d'avoir bien compris, on doute, mais on sent que le malaise est là, qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. C'est assez perturbant. On a vraiment l'impression de faire partie de l'histoire et la présence de Louise, si familière et agréable au début, devient de plus en plus gênante.

 

 Ce qui fait tant parler de ce roman, je crois, c'est la façon dont Leïla Slimani arrive à expliquer le pire. Ce qui nous semble totalement injustifiable au début, tellement improbable, devient inéluctable et presque logique lorsque l'on lit le roman. C'est difficile à avouer et à encaisser, pour le lecteur. L'auteur décortique notre société, ses injustices et ses malaises, avec tellement de justesse que ça nous met mal à l'aise. On s'embourbe doucement mais sûrement dans les ténèbres. On est pris au piège dans la toile de l'araignée et on ne peut plus faire machine arrière. On avance vers le pire, l'horreur, tout ce qu'on redoute et qui est maintenant inévitable. C'est un roman terriblement sombre qui remue, bouscule et nous laisse sans voix. Une sorte de conte moderne cruel. Un livre qu'on n'oublie pas.

 

 

En quelques mots :

Noir, c'est noir ! Un roman hypnotique et ténébreux qui vous laissera sans voix.

 

 

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2016-10-27T13:06:49+02:00

Le Syndrome du papillon

Publié par MyaRosa

Maxence Fermine

252 pages, éditions Michel Lafon, octobre 2016

L'histoire :

Hugo Mars, 17 ans, n'est pas un adolescent comme les autres. Atteint d'un mal étrange, le syndrome du papillon – il est incapable de faire des choix –, il est interné en hôpital psychiatrique après avoir voulu sauter d'une fenêtre du lycée.
Mais la vie est parfois surprenante. Car c'est justement dans cet établissement pourtant réputé difficile qu'il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts perçants, gothique et lunaire, qui ne s'intéresse qu'aux génies.
Hugo tombe aussitôt sous son charme et, grâce à sa compagnie, reprend peu à peu goût à la vie.
Mais un jour la jeune fille quitte l'hôpital sans laisser d'adresse, et Hugo décide de la retrouver coûte que coûte. S'ensuit alors une folle odyssée dans Paris, à la recherche de cette fleur sauvage qui a su apprivoiser son cœur.

 

Mon avis :

 

 Maxence Fermine est un auteur que j'apprécie beaucoup. On m'a offert "Neige", il y a quelques années, et j'avais tant aimé l'écriture de l'auteur que je m'étais empressée de lire presque tous ses autres livres. J'ai particulièrement aimé "L'Apiculteur", "Le Palais des ombres", "Opium" et "Le Violon noir". L'auteur a également écrit pour la jeunesse, il y a quelques années, et nous a offert une jolie trilogie  - "La Petite marchande de rêves", "La Poupée de porcelaine" et "La Fée des glaces" - dans laquelle on retrouve la même poésie que dans ses romans pour adultes avec un soupçon de magie et de fantastique. Cette fois, avec "Le Syndrome du papillon", il s'adresse aux adolescents en abordant la complexité de cet âge, le mal-être, les difficultés à trouver sa voie et sa place dans le monde. Malheureusement, ça ne m'a pas vraiment convaincue...

 

 Si le début était plutôt plaisant, j'ai vite été lassée par le langage faussement familier d'Hugo, et surtout, j'attendais qu'il se passe enfin quelque chose. Le personnage de Morgane était intéressant, mais j'ai trouvé Hugo assez pénible et je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages. Ca manquait cruellement d'émotions. Pas de papillons dans le ventre, pas de frayeurs, pas d'attentes, pas de suspense. C'était plat. Je suis restée en dehors. Il y avait quelque chose qui sonnait faux et ça m'a vraiment dérangé. Le langage des deux adolescents n'était pas très crédible. C'était parfois trop familier et à d'autres moments trop soutenu. Un ado qui jure toutes les dix secondes n'emploie pas des expressions comme souper ou faire sa toilette. Leurs réactions étaient souvent trop faciles et surjouées. Il y avait des scènes qui n'apportaient vraiment rien à l'histoire et qui étaient juste là pour meubler un peu. Ca manquait vraiment de surprise et de spontanéité !

 

 Et puis, il y a toutes ces informations sur tout et n'importe quoi qui m'ont semblé intéressantes mais qui arrivaient comme un cheveu sur la soupe. D'accord, ça peut s'expliquer par la situation de Morgane, mais ça manquait vraiment de subtilité. Je suis vraiment déçue. Sauf dans quelques descriptions, je n'ai pas retrouvé la poésie que j'aime tant dans les écrits de Maxence Fermine... C'était une lecture fade et sans surprise qui manquait, à mon sens, de crédibilité, de fraîcheur et de spontanéité car c'est ce que l'on recherche dans ce genre de lectures. J'ai tenu jusqu'au bout, mais je me suis vraiment dit "Tout ça pour ça ?" Si vous voulez découvrir Maxence Fermine, je vous conseille vraiment de choisir un autre roman. N'importe lequel, mais pas celui-là !

 

En quelques mots :

Un roman décevant. Une lecture fade qui manque cruellement de spontanéité, de fraîcheur et d'originalité.

 

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2016-08-18T13:03:39+02:00

Un merci de trop

Publié par MyaRosa

Carène Ponte

279 pages, éditions Michel Lafon, juin 2016

L'histoire :

S’il fallait décrire Juliette en un mot, « transparente » serait sans doute le bon. Depuis toujours, elle a fait ce que l’on attendait d’elle, mettant de côté ses rêves et celle qu’elle est vraiment. Résultat, à trente ans, elle mène une vie où choisir entre lasagnes et sushis est un événement. Pourtant, au fond d’elle-même, elle sait qu’elle n’est pas cette fille sans personnalité.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour devenir soi. C’est ce que va découvrir Juliette au détour d’un merci, un merci de trop. Et elle est loin d’imaginer où cela va la mener.

Parfois, le bonheur est à portée de main.

 

Mon avis :

 

 Si vous cherchez un livre pour vous détendre, rire, terminer les vacances tranquillement ou passer un bon moment, j'ai ce qu'il vous faut ! Le roman de Carène Ponte m'a tenu compagnie durant quelques heures et cette lecture pleine de fraîcheur et d'optimisme m'a fait le plus grand bien.

 

 Il faut dire que Juliette est un personnage très sympathique. Cette jeune femme est pétillante, drôle, pleine de vie, mais elle manque de confiance en elle. Elle a toujours fait ce qu'on attendait d'elle plutôt que ce qu'elle voulait vraiment par peur de décevoir. C'est la fille discrète - presque invisible - qui s'efface derrière les autres, ne se fait jamais remarquer et dont on oublie le prénom. Pourtant, s'il on cherche à en savoir plus sur son compte, Juliette est intéressante et attachante. Elle a de la répartie, de bonnes idées et des rêves plein la tête. Le passage à la trentaine va lui donner envie de tout envoyer valser pour n'écouter que son coeur et ses envies. Il est temps que Juliette pense enfin un peu à elle et qu'elle s'épanouisse. Elle n'en peut plus de cette vie fade et sans surprise, elle veut vibrer !

 

 J'ai vraiment beaucoup aimé le personnage de Juliette ainsi que l'écriture de Carène Ponte. Voilà un roman qui fait du bien, qui décomplexe et qui donne envie de s'écouter et d'envoyer balader tout ce qui nous prend la tête. Les échanges entre les personnages sont savoureux, il y a des scènes vraiment cocasses et des références actuelles qui parleront, j'en suis sûre, à toutes les femmes d'aujourd'hui. J'ai eu l'impression de regarder un film, une jolie comédie romantique avec de l'humour, de l'émotion, des rebondissements et de la bonne humeur. Je me suis régalée de la première à la dernière page !

 

En quelques mots :

Une comédie romantique classique mais très agréable à lire. Un roman qui détend, des personnages attachants et pétillants que l'on suit avec plaisir et une histoire qui fait du bien et décomplexe. Je ne peux que vous recommander cette lecture feel-good !

 

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2016-08-16T08:15:59+02:00

Gaspard ne répond plus

Publié par MyaRosa

Anne-Marie Revol

500 pages, éditions JC Lattès, mai 2016

L'histoire :

Dans le cadre d’un jeu de téléréalité, Gaspard de Ronsard doit traverser l’Asie en stop. Son périple tourne court lorsqu’il chute d’un pick-up et échoue au fond d’un fossé…
La suite se déroule entre Paris et un village égaré dans les rizières du Nord Vietnam. On y rencontrera une brocanteuse cartomancienne, un détective fleur bleue, un diariste fantasque, des producteurs de télé affolés, et une vieille chef de tribu acariâtre, My Hiên. Celle-ci n’a qu’une idée en tête : obliger Gaspard à sauver son peuple d’un danger imminent.
Parviendra-t-il à rentrer chez lui ?
Dans ce roman drôle et déluré, chacun cherche quelque chose à l’autre bout du monde, pour le meilleur comme pour le pire. Mais il faut peut-être accepter de tout perdre si l’on veut se retrouver…

 

Mon avis :

 

 Ca y est, j'ai terminé mon pavé de l'été ! Ce livre de 500 pages m'aura tenu compagnie durant plusieurs semaines. Oui, semaines. Fatiguée par les travaux et les préparatifs du déménagement, j'ai très peu lu et j'avais un peu de mal à me concentrer. Néanmoins, je suis contente que Gaspard m'ait tenu compagnie durant tout ce temps. Son histoire rocambolesque et originale m'a fait passer de bons moments.

 

 Tout commence lorsque Gaspard, candidat d'une émission de télé-réalité, s'égare au beau milieu de nulle part. Alors qu'il traversait l'Asie avec sa coéquipière, le jeune homme est tombé du véhicule qui les emmenait sans que personne ne s'en rende compte... On ne sait pas vraiment si c'est un accident, si quelqu'un l'a poussé ou s'il a délibérément sauté, mais Gaspard est blessé. Il est recueilli - ou retenu prisonnier, on ne sait pas vraiment - au Vietnam, dans un village isolé où une femme peu commode dicte sa loi et tente de maintenir la population à l'écart du monde moderne. Pendant ce temps là, à Paris, c'est la panique ! Personne ne sait où est Gaspard ni s'il est vivant et encore moins comment le retrouver. Tandis que la chaîne tente de garder le secret, Eulalie, la femme qui a élevé Gaspard est prête à tout retourner et à soulever des montagnes pour sauver son petit protégé.

 

 Ce qui m'a plu, dans ce roman, c'est d'abord ce contraste très fort entre l'univers mesquin et sans scrupule de la télé-réalité et la vie des habitants de ce petit village isolé qui est d'ailleurs renforcé par la construction du roman puisque les chapitres sont alternés. Dans ce petit village oublié, les gens sont ensemble. Ils ne s'enferment pas devant leur télé - ils n'en ont pas ! - mais passent leurs soirées tous ensemble, se racontent des histoires, partagent leurs connaissances. Ils vivent au rythme de la nature sans se soucier du lendemain et de ce qui se passe à l'autre bout du monde. Si j'ai un peu boudé les passages de ce roman qui se déroulent dans les coulisses de l'émission, j'ai vraiment adoré tous les moments passés au Vietnam.

 

 Il y a beaucoup de rebondissements et de digressions, dans ce roman. Des coïncidences qui sont un peu trop grosses et nombreuses pour être crédibles, mais qu'importe, on se laisse emporter. Les personnages sont hauts en couleur, certains un peu trop caricaturaux à mon goût, mais d'autres m'ont vraiment beaucoup plu : Gaspard, Hubert, My Hiên et Khoa... Et puis, il y a les carnets d'Hubert que découvre Gaspard et qui vont lui apprendre beaucoup de choses sur son passé. J'ai adoré les découvrir avec lui ! Hubert nous raconte sa vie, mais il nous parle aussi de tout et de rien, nous confie ses découvertes, nous livre la recette du teurgoule normand, nous explique certains mots, nous parle d'itinéraires parisiens ou de ses conquêtes. Au fil de ses écrits, on le découvre peu à peu, il se dévoile l'air de rien. C'est un personnage qui m'a beaucoup touchée et j'attendais, comme les habitants du village, la suite de la lecture de ses carnets avec impatience.

 

 En quelques mots :

Malgré quelques bémols et des passages un peu longs, j'ai passé un bon moment en compagnie des personnages de ce roman et j'ai apprécié ce voyage à l'autre bout du monde, loin de tout. Avec "Gaspard ne répond plus", Anne-Marie Revol nous offre un roman original, dense, dépaysant et surprenant qui ne manque ni d'humour ni d'émotions.

 

 

"Il faut parfois savoir faire preuve d'humilité : on ne rend pas les gens heureux malgré eux.
Ce serait trop simple."
(Page 333)

 

" Ce qui me plaît plus que tout ici, c'est la façon qu'ont les habitants d'appréhender l'instant. Chacun vit au rythme de la course du soleil, de la lune et des saisons. Personne ne tient compte de l'heure puisque personne ne possède de montre, de réveil ou d'horloge.
 C'est en débarquant à Paris que j'ai découvert combien le temps pouvait être obsédant. Avant, dans ma province, il s'écoulait lentement. Si lentement que tout était bon pour le tromper, le perdre, le tuer. Idem au lycée. A la ferme. A l'armée. Je m'emmerdais sec. Tout durait une éternité. Les minutes, les heures, les journées ne finissaient jamais.
 La capitale m'a électrisé : il y avait tant à voir et à faire que soudain le temps vint à me manquer. J'aurais alors donné n'importe quoi pour en gagner, pour le suspendre, le défier."
(Page 400)

 

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2016-06-28T19:51:01+02:00

L'Orangeraie

Publié par MyaRosa

Larry Tremblay

153 pages, éditions Folio, mars 2016

L'histoire :

«Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi.»
Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l'ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s'empare de leur enfance et sépare leurs destins. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices.

 

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour cette lecture.

 

Mon avis :

 

 Il est bien difficile de parler de ce livre et d'expliquer toutes les émotions que sa lecture engendre. Difficile aussi de parler de toutes les questions qui se bousculent dans nos têtes et de tout ce que ce livre remue... C'est un roman que l'on peut qualifier d'actuel et en même temps d'intemporel. Une sorte de fable moderne. On ne sait pas vraiment où se passe l'histoire ni quand, ce qui rend le roman encore plus percutant.

 

 C'est l'histoire de deux frères inséparables qui vivent avec leurs parents dans une orangeraie. Ils n'ont que neuf ans, mais c'est pourtant la fin de leur enfance et de leur insouciance, même s'ils ne le savent pas encore... Un obus a décimé leurs grands-parents et un homme est venu parler à leur père. Depuis, il n'est plus le même et a quelque chose en tête...

 

 

 On ne choisit pas son pays, l'époque à laquelle on vit, sa famille, les obstacles que l'on rencontre. On est là et c'est comme ça. Il faut faire avec. Vivre sans savoir si notre vie aurait été différente ailleurs, se demander si on a fait les bons choix, s'il y avait d'autres solutions. Qu'aurions nous fait si nous étions nés ailleurs, si nous avions été élevés avec d'autres idées, d'autres valeurs ? On vit tous avec notre lot d'injustices et de souffrances, les conséquences de nos choix, nos regrets, une bonne dose de culpabilité pour ce qu'on a fait, ce qu'on n'a pas fait et ce qu'on aurait dû faire. Mais jusqu'où peuvent mener la souffrance et la haine ?

 

 J'ai aimé la manière dont l'auteur s'y est pris pour aborder son sujet. Ce n'est vraiment pas évident de parler de la guerre, du fanatisme, de sacrifice et d'embrigadement. Ce qui m'a plu, c'est qu'il ne se place pas en donneur de leçons. Il nous montre au contraire que tout n'est jamais tout noir ou tout blanc. Il n'y a pas le mal d'un côté et le bien de l'autre. C'est bien plus complexe que cela et il arrive même à nous faire comprendre comment se font manipuler certaines personnes. Larry Tremblay nous invite, au contraire, à réfléchir et à tirer nos propres conclusions. Le livre est court, mais le texte est brutal et marquant. Il y a des passages qui nous brisent le coeur. J'ai été très émue par ces deux frères, mais aussi par leur mère que l'on voit peu mais qui m'a vraiment touchée en plein coeur. C'est un récit très bien écrit qui prend aux tripes et que l'on ne peut/doit pas oublier.

 

 

 Sur le moment, la dernière partie du livre m'a un peu déçue, mais avec du recul, je comprends le choix de l'auteur. Quelle lecture ! La dernière page est tournée mais notre réflexion ne fait que commencer. On a l'impression d'entendre les voix de toutes les nombreuses victimes de guerre, on entend leurs cris, la souffrance de ceux qui restent et qui perdent ceux qu'ils aiment. On a envie de crier, de pleurer. C'est un texte qui remue vraiment mais qu'il faut lire absolument. On ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde.

 

En quelques mots :

Un livre qui frappe fort et nous touche en plein coeur.

A lire absolument !

 

Quelques extraits :

 

"Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail ? La peinture n’a pas le temps de s’écailler, les rideaux n’ont pas le temps de jaunir, les assiettes n’ont pas le temps de s’ébrécher. Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n’y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. Ecoute-moi, j’ai deux fils. L’un est la main, l’autre le poing. L’un prend, l’autre donne. Un jour c’est l’un, un jour c’est l’autre. Je t’en supplie, ne me prends pas les deux."

 

"En contemplant le ciel, Tamara se demandait si la lune avait connu le désir de la mort, celui de disparaître à jamais de la face de la nuit et de laisser les hommes orphelins de sa lumière. Sa pauvre lumière empruntée à celle du soleil."

 

"Elle s'asseyait sur le banc placé devant les roses et respirait les odeurs riches qui montaient de la terre humide. Elle se laissait bercer par la musique des insectes, levait la tête en cherchant la lune des yeux. Elle la regardait comme si c'était une vieille amie qu'elle venait rencontrer. Certaines nuits, la lune lui faisait penser à une empreinte d'ongle dans la chair du ciel."

 

"Je te parle avec de la paix dans mes mots, dans mes phrases. Je te parle avec une voix qui a sept ans, neuf ans, vingt ans, mille ans. L'entends-tu ?"
 

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